Fire and Stone / Life and Death : l’immense crossover entre Aliens, Predator et Prometheus

10 février 2021 0
  • Près de 130 ans après l'expédition du Prometheus, lors de laquelle le richissime inventeur Peter Weyland, au crépuscule de sa vie, était parti à la recherche des origines de l'humanité, un nouvel équipage s'apprête à suivre le même chemin et découvrir les horreurs et les merveilles de la planète LV-223. Découvrez "Fire and Stone" et "Life and Death", deux cycles tissant une vaste odyssée qui lie les sagas Aliens, Predator et Prometheus en un tout ambitieux et terrifiant...

En 1979, le monde découvrait avec un mélange d’horreur et d’émerveillement Alien, un long-métrage réalisé par Sir Ridley Scott sur un scénario de Dan O’Bannon, Ronald Shusett et Walter Hill. Sans précédent dans l’histoire, ce film qui combine les codes du slasher et de la science-fiction marque un véritable tournant. Mais au-delà d’un scénario solide et d’une réalisation plus qu’efficace, c’est particulièrement l’esthétique développée par l’artiste Suisse Hans Ruedi Giger qui confère à Alien son écrin si atypique, bizarre et cauchemardesque.

C’est cependant sept ans plus tard que naitra véritablement la franchise, avec Aliens, second opus réalisé et écrit par James Cameron. Le réalisateur canadien choisit cette fois-ci d’hybrider le genre horrifique avec celui de l’actioner et nous livre un véritable chef-d’œuvre qui marquera les années 1980. À partir de ce moment, la licence s’étend à travers six autres films - dont deux crossovers peu mémorables avec la saga Predator - et des tonnes de comics, romans et jeux vidéo...

Fire and Stone / Life and Death : l'immense crossover entre Aliens, Predator et Prometheus
Le cauchemar recommence éternellement...
Dessin : Patric Reynolds

En 2012, Sir Ridley Scott décide de revenir à la science-fiction et offre à ses fans Prometheus que l’on peut considérer autant comme un prequel du film de 1979 que comme le début d’une nouvelle saga. Bien que les évènements de Prometheus semblent entrer en contradiction avec de nombreuses autres œuvres de la saga étendue, cela revêt finalement peu d’importance puisque l’univers Alien a toujours profité d’une dimension anthologique bien pratique qui fait que chacun peut piocher dans ce qui lui plaît. Le cinquième film alien - avorté depuis - devait d’ailleurs ignorer les 3e et 4e opus pour donner une nouvelle suite au long-métrage de James Cameron.

En 2014, l’éditeur de comics Dark Horse, qui possédait les droits de toutes les licences citées plus haut -avant qu’elles ne reviennent aujourd’hui chez Marvel suite au rachat de la Fox par Disney- a décidé de les unir dans un immense crossover composé de deux cycles : Fire and Stone et Life and Death. Éditée en huit tomes chez l’éditeur Vestron, cette tentative d’exploiter l’univers étendu d’Alien est une belle réussite qui mérite le coup d’œil.

Dans Fire and Stone, 130 ans après les évènements tragiques du film Prometheus, l’équipage du Geryon se dirige vers la planète LV-223 pour une prétendue mission de routine qui n’est qu’un prétexte pour le capitaine Angela Foster qui souhaite suivre les traces de Peter Weyland. Bien évidemment, rien ne se passe comme prévu et loin du miracle de la découverte de la Genèse, l’équipage du Geryon va connaitre des horreurs dignes de l’Apocalypse... Quant à Life and Death, le récit commence non pas avec un équipage scientifique, mais avec une escouade des United States Colonial Marine Corps (USCM) qui, lors d’une simple mission pour la Weyland-Yutani Corp, vont eux aussi se retrouver au cœur de terrifiants évènements qui les mènent finalement sur LV-223 où ils retrouvent les survivants de Fire and Stone

Comme dirait l’autre "T’as pas une gueule de porte-bonheur"

Les deux cycles sont constitués de quatre mini-séries chacune se focalisant sur une des franchises : Aliens, Predator, Prometheus et Aliens vs. Predator. En situant l’histoire loin des évènements relatés dans les films, les artistes en charge des séries ont toute la latitude nécessaire pour développer un récit ambitieux et cohérent qui n’empiète pas sur les productions cinématographiques. Les auteurs ont dont tout le loisir d’explorer certains concepts en profondeur, notamment les propriétés de la fameuse "boue noire mystérieuse" vue dans Prometheus.

L’héritage des films est donc bien là, Prometheus et Aliens servant d’ailleurs de socle à cet ensemble de récit où le genre alterne entre le survival horror angoissant, l’actioner musclé et bien sûr la science-fiction et ses concepts philosophiques et technologiques.

Les amateurs ne seront donc pas perdus, entre les jungles luxuriantes de Predator, les temples antiques de Prometheus et les couloirs métalliques d’Aliens... Sans compter la présence de personnages archétypaux bien connus comme les Space Marines à grande gueule et à l’arsenal personnalisé, les scientifiques aveuglés par leurs hubris en quête de réponses, les commerciaux avides de la Weyland-Yutani et bien sûr les androïdes, ces êtres synthétiques créés par les humains pour les assister et que l’on retrouve quasi-systématiquement dans les œuvres Aliens depuis 1979. Parmi tous ces clichés bien connus, on retrouve bien sûr des protagonistes marquants qui s’inscrivent parfaitement dans la lignée des héros des sagas Aliens et Predator.

Il faut se méfier de ce que l’on désire...

Pour donner vie à cette odyssée et ses personnages, on retrouve un grand nombre d’artistes qui se passent le relais, seul Dan Abnett scénarise la totalité du cycle Life and Death. La multitude de scénaristes et de dessinateurs ne pose toutefois aucun problème de cohérence, les récits s’intégrant bien les uns aux autres. Côté dessin, on retrouve quelques artistes au style relativement différent, mais cela résonne bien avec les différents types de créatures et de récits. Sortiront du lot les prestations de Patric Reynolds, Moritat ou encore Juan Ferreyra, mais aussi et surtout les sublimes couvertures de David Palumbo, qui ornent la plupart des tomes de la série.

On saluera Vestron d’avoir emmené chez nous cette saga pour satisfaire des fans en manque d’extra-terrestres belliqueux L’éditeur livre un joli travail éditorial avec bon nombre de bonus et des albums soignés. Les dos des huit albums de la série forment même une fresque du plus bel effet. On conseillera bien évidemment cette lecture aux fans des sagas respectives, même si il faut bien garder en tête qu’il s’agit plus d’une extension lointaine que d’une suite officielle. Les questions laissées en suspens au cinéma n’y trouvent pas nécessairement de réponses, mais quelques précisions et pistes de réflexions. On vous conseillera aussi de na pas trop tarder, certains tomes étant presque en rupture de stock...

Quatre franchises, une grande saga.

Voir en ligne : Le site des Éditions Vestron

(par Vincent SAVI)

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Prometheus : Fire and Stone -

Prometheus : Life and Death -

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