Fluide Glacial, la stratégie du renouveau…

12 novembre 2003 0 commentaire
  • L'équipe éditoriale de {Fluide Glacial} a convié dernièrement des journalistes à assister à la réalisation des « marges » du numéro de décembre. La création de ces petits dessins humoristiques autour des textes rédactionnels, est rapidement devenu un rituel. C'est également l'occasion pour les auteurs de se retrouver, de converser autour d'un bon repas, d'échanger des idées et de participer à une aventure éditoriale hors du commun !

Chaque numéro de ce magazine « d’Umour et de Bandessinées » s’écoule à plus de 70.000 exemplaires. Même si les ventes ont eu tendance à s’essouffler, celles-ci restent enviables par la concurrence. Les abonnements représentent 15.000 exemplaires…

Fluide Glacial, la stratégie du renouveau…
Les Marges
Bouihac (Melody Bondage) et Julien CDM (Cosmic Roger) en pleine scéance de brainstorming.

Le journal a traversé une période d’instabilité l’année dernière. Le précédent rédacteur en chef n’est pas parvenu à gagner la confiance des auteurs. « Un comité de rédaction fut créé, souligne Maëster. Léandi, Gaudellette, Julien CDM et moi-même participions aux décisions afin de conserver la ligne éditoriale du journal ».

Insatisfait par ce malaise, Louis Delas, (directeur général de Casterman et de Fluide Glacial) s’est séparé de l’ancien rédacteur en chef. Au mois d’avril, il confie le poste de rédacteur en chef à Albert Algoud. Les deux hommes souhaitent porter les ventes du magazine au-delà des cent mille exemplaires.

Albert Algoud

Essentiellement homme de média, cet ex-agitateur de l’émission « Nulle Part Ailleurs » (programme culte des années ’90, sur Canal+) était déjà familiarisé avec le petit monde de la bande dessinée. On lui doit plusieurs livres d’études sur l’univers de Tintin (Tintinolâtrie, le Haddock illustré, etc).

Le conseil de rédaction fut maintenu en place pour l’épauler. « Albert n’avait aucune des connaissances techniques relatives à la gestion d’un journal de bande dessinée, confie Maëster. Nous avons souhaité continuer à participer aux décisions. Sans pour autant rester éternellement dans le comité de rédaction, car notre vrai métier c’est de réaliser des BD ! Aujourd’hui, seul Gaudelette continue à être l’œil des auteurs sur le canard. Mais il s’aperçoit que cela lui prend énormément de temps ! »

Maester, victime d'une crise de "bucolisme"

Algoud a défini trois priorités pour renouveler le magazine : La première fut d’y introduire de la couleur. Aujourd’hui près de la moitié des pages le sont.

Le nouveau rédacteur en chef a souhaité rajeunir la maquette du journal. Guillaume Prieur s’en est vu confier la direction artistique. Ce trentenaire a également rajeuni le design d’une grande partie des collections de Casterman (maison sœur de Fluide).

Et enfin, le troisième axe consiste à dénicher de jeunes talents, mais aussi de convaincre les « anciens » de revenir. Ainsi, des albums de Blutch et de Didier Tronchet sont annoncés pour 2004 ! Ce dernier confie à ce sujet : « Avant d’entamer un nouveau projet pour le cinéma, j’avais envie de dessiner un nouvel album de Jean-Claude Tergal. J’ai toujours eu l’impression que mon dessin passait mal en noir et blanc. Maintenant que Fluide Glacial publie des récits en couleur, cela me semble une bonne opportunité pour y refaire vivre Jean-Claude. La prépublication du huitième album commencera en février ».

Tronchet, le « revenant »

Fluide Glacial reste le seul journal à être un laboratoire d’expérimentation en prépubliant les planches de récits d’humour. « Fluide permet aux auteurs d’ébaucher une série, dit Julien CDM. Il n’y a pas un meilleur test pour un auteur d’être publié et de percevoir ainsi si son travail a une certaine cohérence. Ma série, Cosmic Roger, a été pensée en épisodes isolés les uns des autres, et le journal m’a permis de m’améliorer. »

Le nouveau rédacteur en chef semble avoir la confiance des auteurs. « Albert est un homme très humble, souligne Maëster. Il ne nous a jamais caché ses carences dans le domaine de l’édition. Il fut très content d’être épaulé par le comité de rédaction. Il comprend les auteurs, puisqu’il en est lui-même un ! Et puis, il aime l’humour et la bande dessinée. Il va redonner une nouvelle impulsion au journal. Qui, il faut se l’avouer, en avait bien besoin ! ».

La notoriété d’Algoud fut bénéfique pour le journal : Certains médias peu loquace en matière de bande dessinée on couvert l’événement. Patrick Poivre d’Arvor en a même parlé au journal télévisé, c’est dire !

La Couverture du numéro 330 (décembre 2003) - à paraître.

(par Nicolas Anspach)

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