Focus sur les expositions du Delémont’BD 2016

18 juin 2016 0 commentaire
  • La ville de Delémont en Suisse (12 000 habitants) a proposé de nombreuses expositions lors des rencontres suisses et internationales de bande dessinée le week-end dernier. Des expositions variées tant sur les thèmes que sur les présentations.

« C’est important de promouvoir et diffuser la BD au-delà d’un principe de dédicaces et de rencontres, explique Philippe Duvanel, directeur du festival de Delémont, l’exposition est un moyen extrêmement intéressant mais qui a ses limites car c’est un élément statique, ça n’intéresse pas forcément tout le monde... C’est pourquoi la sélection doit être variée au niveau des sujets mais aussi dans le principe muséal qu’on peut apporter. C’est-à-dire ne pas avoir que des accrochages, mais des choses plus surprenantes, qui permettent d’apporter un autre regard. »

L’humour Suisse à l’honneur

Ce festival suisse était bien sûr l’occasion de découvrir des créations des auteurs du pays. Et ce notamment grâce à deux expositions tournées vers l’humour et la dérision.

L’exposition sur la série Les Indociles (Les Enfants Rouges) de Pitch Comment et Camille Rebetez est une création originale pour Delémont BD. étro et délicieusement cynique, les auteurs ont repris les personnages-phares de leur série, trois Jurassiens, afin de créer des pastiches de célèbres affiches publicitaires. Un mélange de pubs connues avec les dialogues, ô combien cocasses, des Indociles.

La deuxième exposition rend hommage aux dessinateurs romands du journal satirique Vigousse. Différents panneaux vous donnent une biographie loufoque d’un auteur comme Pigr, Pitch Comment ou encore Nicolas Sjöstedt etc. Ils vous présentent leurs dessins. Mais, là aussi, de façon particulièrement humoristique en analysant de façon décalée pourquoi leurs dessins ne sont pas « politiquement corrects ». Deux expositions qui permettaient de découvrir un humour suisse loufoque et actuel.

Focus sur les expositions du Delémont'BD 2016
Exposition Les Indociles de Pitch Comment et Camille Rebetez
Exposition Vigousse, peut-on encore rire de rien ?

Hommages aux femmes

Ce n’est pas seulement la beauté et la sensualité des femmes dessinées par Manara qui ont mises à l’honneur dans l’exposition Envoûtantes Chimères. Une exposition d’ailleurs visible à la LaBD.ch jusqu’au 3 juillet prochain. En effet, les visiteurs ont pu découvrir deux autres expositions intéressantes rendant hommage aux femmes.

Provenant du Lyon BD festival, les visiteurs ont pu voir l’amusante exposition Héro(ïne)s. Différents auteurs ont transformé des couvertures de BD célèbres en inversant le sexe de leurs personnages. Tintin en Tintine, Corto Maltèse en Coco Maltese, Dragon Ball en Dragonne balle, etc.

Exposition Héro(ïne)s

Une belle exposition sur Mara a également été tout spécialement réalisée pour le festival. Autour du thème des Femmes, nymphes et sirènes, Mara nous dévoile des beautés bleues stylisées et élégantes. Une belle galerie de personnages oniriques et envoutants. Des planches originales de la série Clues étaient également visibles.

Exposition Femmes, nymphes et sirènes de Mara

La part belle à la jeunesse

Trois expositions ont amusé les plus petits comme les plus grands. D’abord l’exposition ludique sur la série jeunesse Paola Crusoé (Glénat) de Mathilde Domecq dans laquelle vous pouviez apprendre à survivre en milieu sauvage grâce à une série de petits jeux à la bibliothèque des jeunes.

Exposition Paola Crusoé de Mathilde Domecq

Ensuite, rétro, rose, jaune et élastique découvrez les plus petites BD du monde cachées dans ce célèbre chewing gum qu’est Malabar®. Alain Lachartre, publicitaire et ancien directeur artistique des plus belles pages de la saga Malabar® nous permettait avec nostalgie de replonger dans les mini-histoires et les décalcomanies liés au neuvième art. Et ce, à l’aide d’une scénographie claire et funny, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Porte aux Loups.

Exposition L’aventure Malabar

Enfin, les visiteurs ont pu faire la Kinky et Cosy Expérience, tirée de la bande dessinée déjantée de Nix. Dans un container rose flashy, les festivaliers ont pu subir un lavage de cerveau dans le but de trouver le bonheur à la façon trash et loufoque des jumelles Kinky et Cosy. Barrée, interactive et surprenante, la Kinky et Cosy Expérience a déjà voyagé, et a été crée à l’occasion du festival international de la BD à Angoulême en 2015 ou à Erlangen en Allemagne en mai dernier. Nix raconte qu’il a eu l’envie de construire quelque chose de mystérieux et rigolo, un scénario que les spectateurs découvriraient au fur et à mesure des quatre étapes. Un véritable succès auprès des enfants qui n’hésitent pas à la refaire plusieurs fois mais aussi auprès des adultes, car les péripéties de Kinky et Cosy sont dignes d’un humour intergénérationnel héritier des Simpsons ou de South Park.

La Kinky et Cosy Expérience de Nix

D’étonnantes découvertes

Pour finir deux expositions assez marquantes. Tout d’abord celle de Hannes Binder, illustrateur et auteur de BD zurichois qui a la particularité de travailler avec la technique de la carte à gratter, donnant un aspect de gravure à ses réalisations. Son exposition est consacrée à l’écrivain suisse Friedrich Glauser (1893-1938). Avec un profond souci du détail et une grande expression, les illustrations de Hannes Binder sont tout simplement surprenantes.

Glauser, l’exposition de Hannes Binder

Enfin, les festivaliers ont pu également admirer la fresque sur la Grande Guerre de Joe Sacco, auteur de BD et journaliste américain. Il détaille les différents moments du jour de la Bataille de la Somme, de l’aube jusqu’au crépuscule. Une fresque réalisée avec l’appui des éditions Futuropolis en format agrandi sur plus de 20 mètres de long. Il est donc possible de littéralement plonger dans cette journée historique pour en vivre les grands événements comme les petits détails de la vie courante. Un travail saisissant et d’une grande minutie.

Le festival de Delémont 2016 a donc permis de faire de belles découvertes, d’autant plus qu’il y avait aussi des expositions off à visiter.

Fresque sur la Grande Guerre de Joe Sacco

(par Morgane Aubert)

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