Food Wars T1 - Par Yuto Tsukuda et Shun Saeki (Trad. Emi Hatakeyama) - Tonkam

19 septembre 2014 2 commentaires
  • Retour en fanfare de Tonkam avec {Food Wars}: après les lancements de titres relativement anecdotiques cette dernière année, voilà une nouvelle licence forte, issue du {Weekly Shonen Jump} et rencontrant un réel succès au Japon. En avant pour des batailles culinaires endiablées!

Sôma, 15 ans, travaille avec son père dans un petit restaurant de quartier traditionnel et n’aspire qu’à reprendre le commerce familial. Mais lorsque son paternel accepte de retourner œuvrer dans un palace américain, le jeune garçon doit de son côté intégrer la prestigieuse Académie Totsuki, aux méthodes ultra sélectives et qui forme l’élite des cuisiniers du pays.

Si le sujet de ce manga est bien la cuisine, celle-ci est surtout prétexte à déployer la grammaire du shonen nekketsu : dépassement de soi au cours d’épreuves et affrontements titanesques, esprit de compétition, démonstration de force et mise en scène de prouesses techniques à couper le souffle. Food Wars s’apparente finalement presque à un manga sportif.

Food Wars T1 - Par Yuto Tsukuda et Shun Saeki (Trad. Emi Hatakeyama) - Tonkam
Arrivée houleuse à l’Académie Totsuki.
Food Wars T1 - Shokugeki no Soma © 2012 Yuto Tsukuda / Shin Saeki

Cette perspective initiale est complétée par un cadre de comédie scolaire introduisant des élèves et professeurs plus loufoques les uns que les autres. D’autant qu’à la caractérisation de notre héros répond celle de l’héroïne, Erina Nakiri, petite-fille du directeur de l’Académie, élève également, et incarnant les valeurs "nobles" de la cuisine quand Sôma est censé mettre en relief ses plus humbles qualités.

Porté par une intrigue rudimentaire, l’action captive pourtant grâce à son rythme endiablé. D’autant que les moments consacrés aux fourneaux sont l’occasion de mises en scène graphiques particulièrement réussies magnifiant habilement les exploits du héros. Parvenir à retranscrire à ce point la tension d’une préparation culinaire constitue une des vraies réussites de Food Wars.

Des préparations très dynamiques
Food Wars T1 - Shokugeki no Soma © 2012 Yuto Tsukuda / Shin Saeki

Cependant, l’autre moment attendu de ce type de manga, la dégustation des plats, risque lui de diviser le public et nous rappelle en tout cas le lectorat visé par les titres du Weekly Shonen Jump : les jeunes adolescents. En effet, chaque dégustation provoque des effets clairement orgasmiques sur les goûteurs -plus souvent à leur tour des goûteuses d’ailleurs. Leur mise en image tend en outre vers le ecchi, ou fan service, cette exposition coquine de la plastique des personnages.

On est bien loin des rêveries poétiques des Gouttes de Dieu pour retranscrire les impressions suscitées par un vin, mais le public visé n’est pas le même ! Surtout, l’effet comique, recherché, est lui indéniable. C’est d’ailleurs l’un des autres atouts du titre : un humour constant, jouant du schématisme des personnages et des situations, prompt à la caricature et optant sans retenue pour la dérision.

Pas très fin au palais, certes, mais néanmoins savoureux pour qui ne dédaigne pas les plaisirs simples. Nul doute que beaucoup le gouteront volontiers.

Une véritable jouissance provoquée par la dégustation des plats de Sôma !
Food Wars T1 - Shokugeki no Soma © 2012 Yuto Tsukuda / Shin Saeki

(par Aurélien Pigeat)

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Food Wars T1. Par Yuto Tsukuda (scénario) et Shun Saeki (dessin). Traduction Emi Hatakeyama. Tonkam, collection "shonen". Sortie le 10 septembre 2014. 224 pages, 6,99 euros.

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