Forçats. T.1 Dans l’enfer du bagne - F. Bedouel et P. Perna - Les Arènes

6 février 2017 0 commentaire
  • Albert Londres dans l’enfer du bagne de Cayenne. Où l'on suit un certain Dieudonné (Eugène) envoyé à Cayenne accusé à tort d'être un membre de la Bande à Bonnot... Un récit aussi prenant qu’intéressant.

Accusé, à tort, d’être le quatrième homme de la bande à Bonnot lors de l’attaque de la Société Générale de la rue Ordener en 1912, Eugène Dieudonné est envoyé au bagne à perpétuité en Guyane, d’abord sur les Îles du Salut, puis à Cayenne et enfin à Saint-Laurent du Maroni. C’est là qu’il rencontre en 1923 Albert Londres, venu découvrir sur le terrain le système des bagnes français, qui l’horrifiera et qu’il dénoncera dans son livre Au bagne.
Forçats. T.1 Dans l'enfer du bagne - F. Bedouel et P. Perna - Les Arènes
Ce premier volume est centré sur cette rencontre, même s’il s’appuie sur des flash-backs, notamment un rappel du procès de la bande à Bonnot et l’évocation de l’échec d’une tentative d’évasion de Dieudonné. Il est l’œuvre de Fabien Bedouel et de Patrice Perna, déjà associés pour Kersten, dont nous avions énormément apprécié aussi bien le premier que le second tome, et qui fut un succès tant public que critique (recevant ainsi le Prix Saint-Michel du meilleur scénario 2015 et le Grand Prix des lecteurs France 3 au Festival de l’Alpe d’Huez).

La mécanique est la même : un récit froid et chirurgical permettant de bien saisir l’effroi de ce qui est raconté, le bagne des années 20 n’étant pas sans évoquer les camps de la mort des années 40. Alors que l’on pourrait s’attendre à des couleurs chaudes, à une jungle verdoyante omniprésente, c’est un paysage crépusculaire fait de noir et de blanc, teinté parfois de rouge sang, que l’on nous présente, les couleurs de Florence Fantini permettant des contrastes forts et très réussis. Très stylisé, le dessin anguleux est élégant et sa froideur, son jeu sur les lignes géométriques glacées et sur les ombrages se prête paradoxalement parfaitement au propos brûlant. Le récit est extrêmement bien documenté, ce que Perna nous signale en mettant des astérisques pour nous faire remarquer les phrases d’Albert Londres sorties de ses articles dans Le Petit Parisien (cet « effet de réel » ne ralentit-il pas la lecture ? Cela se discute …), et le dossier historique final nous permet encore mieux d’appréhender cet univers carcéral dont on a du mal à se figurer l’horreur quand on utilise l’expression : « ce n’est pas le bagne ». On attend avec impatience la suite !

(par Tristan MARTINE)

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