Fox sans domicile fixe – T1- Par Martin Singer-Poivre et Sel

10 octobre 2011 1 commentaire
  • Fox a un toit, mais son toit, c’est la rue. Un long couloir de bitume bordé de chambres. Problème : il n’a la clé d’aucune d'entre elles. Alors il reste là, assis dans son couloir regarder les gens qui vont et viennent entre ces chambres. Sous son toit sans toit, il n’y a pas grand-chose. Fox doit trouver des moyens, mettre en place des stratagèmes pour manger, boire et parfois dormir au chaud...

Les temps sont difficiles. Il y a tant de piaules autour de son couloir sans abri et aucune clé pour y entrer. Quand arrive le grand froid cependant, Fox a une technique pour entrer, même sans clé. C’est comme dans une recette, il faut intégrer tous les ingrédients au bon moment. Un môme, une petite claque derrière la tête devant les gars en uniforme et Fox passe la nuit au chaud. Eux appellent ça une prison, pour lui, c’est la garantie d’une nuit tranquille.

Fox sans domicile fixe – T1- Par Martin Singer-Poivre et Sel
Fox sans domicile fixe – T1- Par Martin Singer
© Poivre et Sel

Parfois, les ingrédients manquent. Alors ça ne marche pas ou alors, à retardement. Une fois, il est resté un mois dans son "abri de fortune". C’est comme dans la rue, il faut s’y attendre, mais en moins bien. Rien ne s’y passe, alors que sous son toit sans toit, de temps en temps, il pleut. Un peu trop. C’est comme un changement dans son emploi du temps sauf qu’en plus, ça change son odeur...

Fox sans domicile fixe – T1- Par Martin Singer
© Poivre et Sel

Mais la plupart du temps, tout est monotone. Fox reste assis là, à faire la manche pour boire et les poubelles pour manger. Parfois, les gens lui sourient mais Fox s’en moque. Ce qu’il veut c’est de l’argent pour aller voir l’épicier. Il a toujours le sourire l’épicier et puis c’est la seule personne avec qui il peut parler. C’est lui qui l’a surnommé Fox. Ce n’est pas son vrai nom mais l’épicier l’appelle toujours ainsi. Son nom, d’ailleurs, il l’aura bientôt oublié ainsi que son passé. Un puzzle dont il manque pleins de pièces, voilà sa vie.

Avec un langage rugueux et un dessin simple à la limite de l’enfantin, dans une combinaison d’humour, de cynisme et de sensibilité, Martin Singer nous invite à suivre le quotidien d’un sans-abri. C’est un récit touchant qu’il nous propose, dont la lecture est alternance de sourires, de tristesse, de compassion et de malaise.

Un grain de poivre, un grain de sel, un grain au quotidien pour ce premier ouvrage de la Collection Romarin. Il laisse un goût doux-amer en bouche.

(par Arnaud Houel)

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