François Boucq en majesté à Mantes-la-Jolie

31 juillet 2019 2 commentaires
  • Mantes-la-Jolie se positionne en véritable chef-lieu du 9e art des Yvelines. Après que la 8e édition de son festival "Bulles de Mantes" s'est déroulée du 14 au 16 juin dernier et a fait un focus sur le Spirou de Yann et d'Olivier Schwartz, c'est au tour du Musée de l’Hôtel-Dieu d'accueillir à la rentrée, un artiste aux registres surprenants et aux modes d’expressions divers et variés : François Boucq.

Intitulée François Boucq, des cases à la toile, cette exposition -la première consacrée à la bande dessinée par l’Hôtel-Dieu, côtoiera du 20 septembre au 30 décembre la collection permanente du musée, dédiée au peintre néo-impressionniste et anarchiste Maximilien Luce.

Le choix d’un artiste aussi subtil que François Boucq pour cette première n’est d’ailleurs pas anodin puisqu’une partie de l’exposition a pour fonction l’explicitation du lien entre les deux artistes, notamment par rapport à leur traitement d’un évènement traumatique : la Première Guerre mondiale.

François Boucq en majesté à Mantes-la-Jolie
Bouncer - La vengeance du Manchot. Encres de couleur sur papier, 39x48 cm
© Huberty Breyne Gallery

Organisée en partenariat avec l’association Bulles de Mantes, et avec le concours des commissaires d’exposition Jérôme Boutelier, vice-président de Bulles de Mantes, Bernard Launois, président de cette même entité, et Jeanne Paquet, cheffe du service Patrimoine et Tourisme de Mantes-la-Jolie, l’exposition entend présenter l’œuvre de Boucq au sens large tout en y apposant une optique didactique afin de s’adresser à un public plus large, pour partie néophyte en bande dessinée.

Ainsi, la première partie du parcours a pour but de familiariser le visiteur aux différentes étapes de la création d’une bande dessinée avec la présentation de crayonnés,de croquis et de planches de l’auteur. Une fois ces premières bases posées, nous voilà armés pour partir à la découverte de l’univers du Grand Prix d’Angoulême 1998.

Bouncer, encres de chine sur papier, 67x107cm
© Huberty Breyne Gallery

Pour la suite de la visite, les commissaires ont su s’accommoder des lieux dans lesquels ils se trouvaient en choisissant de replacer le dessinateur dans un contexte artistique plus large et en mettant en évidence les références faites, dans son dessin, à de grands peintres tels que Magritte, Salvador Dalí ou encore Picasso, en particulier dans la série surréalisante Jérôme Moucherot.

Moucherot, portrait d’un honorable contribuable. Acrylique sur toile, 61x50 cm
© Boucq – Éditions du Lombard
Moucherot - Celui-là non plus. Acrylique sur toile, 35x27 cm
© Boucq – Éditions du Lombard

Vient ensuite la partie de l’exposition consacrée aux liens entre les œuvres de Boucq et Luce. Pour ce faire, les organisateurs ont fait le choix de vous présenter une série d’aquarelles tirées de l’album Le Feu au sein duquel l’auteur de bande dessinée illustre les mots de l’écrivain Henri Barbusse, chantre de la Première Guerre mondiale, faisant ainsi écho aux tableaux de Luce consacré aux gares parisiennes pendant la guerre tels que La Gare de l’Est de 1917.

La Gare de l’Est sous la neige par Maximilien Luce

Enfin, la dernière partie de l’exposition est consacrée à l’activité de dessinateur de presse, une activité que François Boucq n’a jamais quittée. Il y a même débuté sa carrière en tant que dessinateur professionnel dans les pages du Point entre 1974 et 1975. Après avoir collaboré avec des magazines et revues de bande dessinée tels que Pilote ou Fluide Glacial, il publie désormais dans les pages de plusieurs grands journaux tels que Le Monde ou encore, sous pseudonyme, Charlie hebdo. L’auteur de Portrait de la France y caricature l’actualité contemporaine.

Le procès DSK vu par Boucq pour "Le Monde".
© Boucq

L’exposition, à visée didactique donc, sera pour vous l’occasion de découvrir près de 70 œuvres et planches originales, pour certaines inédites, tirées des plus grands succès de l’auteur, mais aussi quelques grands formats réalisés pour la Galerie Huberty Breyne.

De sa première collaboration avec le romancier américain Jérome Charyn, en 1986 (La Femme du magicien), pour laquelle il reçut le prix du meilleur album au Festival d’Angoulême, à la célèbre série de western qu’il anime avec Alejandro Jodorowsky, Bouncer, l’exposition vous invite à décrypter la finesse du trait de Boucq. À cet effet, les grands formats seront particulièrement intéressants, notamment celui mesurant un peu plus d’1 mètre 50 et qui présentera une planche-panorama extraite de la série Bouncer. Vous pourrez ainsi analyser le grand Ouest américain au travers du prisme Boucq, et ce, dans les moindres détails.

Artiste complet, l’auteur d’origine lilloise consacre également une partie de son temps libre à une autre activité graphique, la peinture dont vous pourrez admirez le résultat à partir du 20 septembre prochain. Mais avant cela, une journée évènement aura lieu au Musée de la franc-maçonnerie le 7 septembre prochain dans le cadre de l’exposition Boucq : Léonard de Vinci décodé, dont ActuaBD vous a rendu compte du vernissage. Décidément, François Boucq cette année est sur toutes les cimaises !

(par Thomas FIGUERES)

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