Frédérik Salsédo : "Ratafia est une BD tout public"

8 mars 2007 0
  • Frédérik Salsédo, un jeune dessinateur lyonnais, partage son temps entre le dessin et la musique. Ces deux passions l'ont amené à illustrer quelques albums CD pour les éditions Nocturne et surtout à animer la série Ratafia avec son ami Nicolas Pothier.

Ratafia est une histoire de pirates et de chasse au trésor dans un univers que l’on pourrai rapprocher de Tim Burton et Goscinny, entre humour au premier degré et nonsense délirant.

Quel est votre parcours jusqu’à Ratafia ?

J’ai étudié quatre ans à l’école Emile Cohl de Lyon. Puis j’ai travaillé un peu dans l’animation, notamment sur un pilote pour la télévision ainsi qu’à Folimage (Valence) sur La prophétie des Grenouilles de Jacques-Rémy Girard. J’ai participé au concours organisé par les éditions Nocturne pour leur collection de livres CD de BD jazz. J’ai été lauréat, ce qui m’a permis de publier un premier album consacré à Art Tatum et de signer un contrat pour en réaliser un second sur James Brown dans la foulée.

Comment s’est passée la rencontre avec Nicolas Pothier, votre scénariste pour Ratafia ?

Par un ami commun, Yannick Corboz, qui m’avait confié que Nicolas cherchait un dessinateur pour un projet sur des pirates

Participez-vous à la création des histoires ?

Très peu. Mais il arrive parfois que, spontanément, nous réalisons -souvent dans les trains, en rentrant d’un festival- un brain storming sur la série. Mais tout est ensuite retravaillé et minutieusement peaufiné par ses soins.

A quel public destinez-vous Ratafia, les enfants ou les adultes ?

Il s’agit d’une BD tout public, qui a différents niveaux de lecture et qui peut ainsi plaire à tous les âges. Les plus jeunes y verront une aventure de pirates amusante, et les plus âgés trouveront des références au cinéma, à la littérature et une critique sociale sous-jacente.

Avez-vous des influences en bande dessinée ? Quels auteurs admirez vous plus particulièrement ?

Je lis peu de BD. Bien sûr, j’aime certains auteurs, je suis plus attiré par le graphisme, plus rarement par un scénario. J’apprécie surtout des créateurs comme Carlos Nine, Bézian ou Mezzo, mais aussi Toriyama, Otomo, Mignola, Ashley Wood ou Mc Kean pour ne citer que ceux-là... Mais d’autres m’ont largement influencé. C’est en générall le cinéma qui m’inspire le plus pour mes mises en scène.

Frédérik Salsédo : "Ratafia est une BD tout public"
Extrait de "Ratafia"
(c) Salsédo, Pothier & Treize Etrange.

La musique semble avoir une grande importance pour vous...

La musique est importante pour moi, je ne peux pas bosser sans. Elle rythme mes journée à plancher. J’aime la musique Rock anglo-saxonnne en général, de la pop au métal en passant par l’électro..., ce qui ne m’empêche pas d’écouter un bon disque de jazz, de soul ou de blues de temps en temps. Je joue de la basse dans un groupe de métal alternatif et, pour me détendre, je bricole un peu d’électro sur mon PC.

Pourquoi changer de style pour vos albums sur James Brown ou Art Tatum ?

Mon style n’est là que pour servir un propos, je m’adapte à ce que j’ai à raconter. Il serait absurde d’illustrer un univers sombre avec des « gros nez », non ?

La prépublication dans BoDoï a-t-elle, selon vous, apporté quelque chose à la visibilité de la série ?

C’est vrai qu’elle a été très bénéfique pour nous. Elle nous a amené quelques lecteurs supplémentaires et peut-être notre première traduction.

Frédérik Salsédo et Nicolas Pothier
Photo : (c) David Tapissier

Quelle importance accordez vous à la couleur ?

Elle est vraiment importante pour faire ressentir des ambiances, pour immerger le lecteur dans notre univers. Mais personnellement, je suis très attaché à la ligne, au dessin pur... Voila pourquoi j’ai demandé à quelqu’un de confiance, mon frère, de s’y coller.

Le prochain épisode marquera la fin du premier cycle de Ratafia, de quoi sera fait la suite ? Avez vous d’autres projets ?

La suite de la série consistera en des one shots dont la première histoire commence a se mettre en place dans l’esprit de Nicolas. Quant à mes projets à venir, rien n’est encore abouti et c’est donc encore un secret.

(par Erik Kempinaire)

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Le Blog de la série

En médaillon : Frédérik Salsédo. Photo : DR.

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