French kiss 1986 - Par Michel Falardeau - Glénat

3 octobre 2012 0 commentaire
  • « Vous vous z’êtes-tu donnés des bisous ?! » Dans une ville de Québec, un papa raconte à ses enfants comment il a embrassé leur future mère pour la première fois, à 9 ans. Une "Guerre des Boutons" en plus romantique, pleine d'action, de pirates et des références aux années 1980. Coup de cœur du mois !

Lors d’un repas en famille, un enfant de sept ans semble embarrassé mais décide tout de même de demander à son père comment il a rencontré sa maman. D’abord surpris de cette question, les parents vont finalement remonter jusqu’en 1986 pour raconter leur histoire. Une aventure où se mêlent amours de jeunesse et guerre de pirates !

Étienne, leur père, alors âgé de 9 ans, était le capitaine pirate de la rue Beaulieu et avait pour ennemi juré La Grande Rousse, capitaine de la rue Perron, qui comptait dans son équipage la petite Marie aux cheveux noirs qu’il aimait en secret... Nous accompagnons donc ces enfants pour découvrir le monde secret de leur père et la bataille féroce qu’il engagea pour tenter de s’emparer du trésor de ces adversaires... sans se douter de ce que le sort lui réservait !

French kiss 1986 - Par Michel Falardeau - Glénat

Vous vous rappelez peut-être de Michel Falardeau si vous avez plongé dans sa série de Mertownville parue chez Paquet, ou si vous avez apprécié Luck (Dargaud), voire découvert son travail au sein des collectifs Front-Froid. Falardean a débuté dans une société de jeu vidéo, et plus spécifiquement dans l’animation, avant de se lancer en bande dessinée séduit par la possibilité de contrôler toutes les étapes de son travail.

French kiss 1986 constitue sans aucun doute un aboutissement de sa jeune carrière, et donne raison à sa persévérance. Dans ce one-shot, Michel Falardeau est parvenu à maintenir une cohérence rare entre son dessin, sa touche légère de mise en couleurs, et le ton du récit qu’il voulait livrer.

Cette mise-en-abîme est volontairement nostalgique : les lecteurs qui auront grandi dans les années 1980 retrouveront une multitude de petites madeleines de Proust qui leur rappelleront leur enfance. Mais cela ne gênera pas les autres générations, car Falardeau base son récit sur une guerre entre deux bandes d’enfants, que l’on a tous connue.

Le récit est truffé de références aux années 1980
Cette page est un montage entre deux planches. Grâce soit rendu à l’auteur de ne pas nous en tenir compte.

L’auteur joue également des codes de la bande dessinée, pour lui adjoindre des effets mangas ou des cadrages d’actions très “comics”, un mélange d’influences logique pour la jeune génération d’auteurs à laquelle il appartient, et qui permet d’aller directement à l’essentiel dans l’ensemble de ses séquences pour faire passer un maximum de sentiments au lecteur.

Et de sentiments, il est question ! D’amours juvéniles, bien entendu, mais aussi de colère, de rivalité, d’amour, de honte et de coups bas. En réalité, dès qu’on se plonge dans ce one-shot de 140 pages, il est vraiment difficile d’en décrocher, tant que le récit nous transporte dans cet affrontement bien codifié, mais qui va lentement dégénérer, comme souvent dans les jeux d’enfant.

La belle marie, astre adulé par notre jeune héros !

La conclusion du récit est à la hauteur de l’ensemble : toujours fraîche et quelque peu surprenante. À un point tel qu’on se surprend à relire une bonne partie de l’histoire, pour se rendre compte à quel point on s’est pris au jeu, ignorant le piège (de pirates) dans lequel on s’est engouffré tête baissée.

La multitudes des personnages secondaires fait qu’on retrouve presque autant de plaisir à cette seconde lecture, certes pas indispensable, mais c’est la seule option pour tenter de prolonger encore le plaisir que l’on a pu éprouver dans la première lecture.

Et puis, sans être omniprésent, ce petit accent québecois en rajoute d’ailleurs dans la saveur toute particulière de cet album qui confirme l’originalité de la scène québécoise de la bande dessinée.

Un vrai coup de cœur !

Voici La Rousse, véritable garçon manquée, qui devriendra la capitaine ennemi dans cette sanglante bataille de pirates.
Et tous les coups sont permis...

(par Charles-Louis Detournay)

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