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Freud – Par Corinne Maier et Anne Simon – Dargaud

  • Elles prolifèrent comme champignons après la pluie ces biographies de grands hommes, qu’elles surgissent en solo, comme le [Nietzsche d’Onfray et Le Roy->art10363] ou sous la forme de compact-compile un peu farce à la [Catherine Meurisse->art7334].

Il y a aussi deux approches : celle, saint-sulpicienne et quelque peu prosternée d’un auteur qui n’a pas su dépasser son sujet et qui lui voue une telle adoration qu’aucun critique n’est possible, c’est le cas du Nietzsche précité, soit un détachement trempé d’humour qui prend la mesure des limites du genre (liquider la vie d’un grand philosophe ou d’un grand peintre dans une quarantaine de pages de bande dessinée est, au départ, une aberration) pour en extraire le sel et donner envie d’y goûter.

Freud est un suffisamment gros morceau pour qu’on lui consacre un volume entier. Si, pour les raisons que l’on vient d’expliquer, le vocable « biographie dessinée » est un mensonge qui mériterait d’être effacé dans les éditions ultérieures, force est de constater que Corinne Maier et Anne Simon ne sont pas laissées impressionner par leur sujet.

La vie de Freud est parcourue avec suffisamment de circonspection et de finesse pour que l’on comprenne correctement d’une part quel est l’apport du fondateur de la psychanalyse (mais on n’en apprend pas beaucoup plus que dans une notice de Wikipedia), tout en situant plutôt bien le contexte historique de son élaboration, mais avec, au bout, cette vertu cardinale : l’envie d’en savoir plus, et sur l’homme, et sur l’œuvre.

Au fond, ce genre d’album remplit la fonction des Oncle Paul d’autrefois : éveiller la curiosité du lecteur. Ce n’est déjà pas si mal.

Freud – Par Corinne Maier et Anne Simon – Dargaud
Freud – Par Corinne Maier et Anne Simon
(C) Dargaud

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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7 Messages :
  • Sympathique comme tout cette idée, mais il faudrait prendre quelques cours de dessins. Les personnages ne sont pas posés sur le sol. L’espace est déformé sans que ce soit affirmé comme un style... J’en passe et des meilleures.
    On se demande si les éditeurs font leur travail. A moins qu’ils n’aient pas la culture suffisante pour faire la différence entre le bon et le mauvais goût. Il s’agit dans ce cas d’un niveau culturel. On a déjà entendu des disques qui chantent faux, après tout.

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    • Répondu le 24 octobre 2011 à  12:00 :

      qu’ils n’aient pas la culture suffisante pour faire la différence entre le bon et le mauvais goût

      Le "bon et le mauvais goût" n’est pas une question de culture, mais de goût, donc subjectif.Là en l’occurence, le dessin est juste, original, sympa, typé, ce n’est que votre mauvais goût qui fait que vous n’appréciez pas.

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      • Répondu le 24 octobre 2011 à  18:37 :

        Le goût s’éduque. La frontière entre le bon et le mauvais goût dépend des modes, de l’éclairage que de grands artistes portent sur certaines formes esthétiques. La culture fait tendre le goût vers la simplicité, l’expression, le signe. Mais le mauvais goût peut parfaitement être à la source de cette simplicité et modernité.
        La couverture de cet album est très réussie. La typographie, la composition, l’idée et sa réalisation... et la page présentée me rappelle Fred. Et Fred, c’est une bonne référence culturelle en matière de BD, non ?

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        • Répondu par Charles le 24 octobre 2011 à  22:58 :

          La culture fait tendre le goût vers la simplicité, l’expression, le signe.

          Non, c’est la vieillesse qui fait tendre le goût vers la simplicité, l’expression, le signe, rien à voir avec la culture.

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      • Répondu le 24 octobre 2011 à  19:04 :

        Non, c’est très malhabile. Et la couleur n’arrange rien.

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    • Répondu le 24 octobre 2011 à  20:16 :

      "Les personnages ne sont pas posés sur le sol. L’espace est déformé sans que ce soit affirmé comme un style..." Et pourquoi pas : "C’est tout tordu mais c’est même pas fait exprès !" pendant qu’on y est !
      Je suis bien d’accord avec vous ; c’est effectivement aussi une affaire de culture... De culture graphique dont vous semblez totalement démuni pour seulement apprécier un dessin. Et ça donne des leçons de goût...

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  • Freud – Par Corinne Maier et Anne Simon – Dargaud
    24 octobre 2011 20:32, par frantz duchazeau

    super beau .
    entre bruno heitz et fred .
    que du bon !

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