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From Outer Space - T1 - Marion Mousse - 6 Pieds sous terre

Par François Peneaud le 20 février 2007                      Lien  
Une bonne dose de SF ringarde, un humour décapant, et, mine de rien, une jolie réflexion sur la diversité culturelle. Cet ailleurs et demain n'est pas si loin de notre hic et nunc.

Or donc, Evrett Scool est voyageur de commerce. À bord de son petit vaisseau spatial, et assisté de son fidèle robot Roméo, il détruit par mégarde un vaisseau de la planète Prott, et se retrouve dans les geôles du roi du coin. Mais les rebelles sont partout, et la fille du roi est intriguée par cet aventurier (qu’elle croit !)...

Tous les ingrédients d’une de ces aventures de carton-pâte semblent bien réunis. Pourtant, Marion Mousse, scénariste et dessinateur de ce premier de deux albums racontant les tribulations de son non-héros, n’a manifestement pas voulu s’en tenir là. En effet, la planète Prott est une sorte de réserve culturelle oubliée par ses créateurs, où se côtoient des tribus venues de la Terre, chacune héritière d’une culture précise. Cette belle utopie a volé en éclat le jour où les Tyroliens ont pris le pouvoir et ne l’ont plus lâché.
Notre histoire commence quelques centaines d’années plus tard, alors que le souvenir de la Terre s’est effacé et que le comportement des habitants de la planète s’est figé suivant leurs traditions respectives, ce qui donne à l’auteur l’occasion de créer nombre de situations cocasses et finement vues.

Dommage cependant qu’un nombre important de coquilles viennent un peu gâcher le plaisir de lecture, ce n’est pourtant pas habituel chez cet éditeur. Espérons qu’une relecture plus attentive sera faite pour le deuxième volume.

On pourrait être tenté de comparer ce From Outer Space [1] à l’excellente série Lupus de Frederik Peeters, mais là où Peeters proposait des portraits plutôt mélancoliques, Mousse utilise un humour parfois potache pour faire passer ses idées.

En tout cas, on passe un bon moment en compagnie d’Evrett Scool et de la galerie de personnages assez dérangés qui peuplent cet album. Les amateurs de SF rigolote mais pas bête devraient apprécier.

(par François Peneaud)

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[1Le titre fleure bon lui aussi la vieille SF, litt. "De l’espace profond".

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4 Messages :
  • From Outer Space - T1 - Marion Mousse - 6 Pieds sous terre
    20 février 2007 16:00, par naturalbornfunker

    Oui c’est un bon bouquin divertissant et drôle.Le choix des couleurs donne un côté retro futuriste, qui accentue la note un peu ringarde (dans la forme on est bien d’accord)ce qui le rend encore plus décalé. Sinon...a raprocher de Lupus... j’aurais pas dis ça ! les deux bouquins sont édités par des indé et que les 2 livres sont des livres de SF ! Mise à part ça... autant de point commun qu’entre lapinot et bugs bunny...

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    • Répondu par François Peneaud le 20 février 2007 à  23:41 :

      Ah oui, effectivement.
      L’un est un festival d’humour décapant... et l’autre un album de Lewis Trondheim.

      Non, je rigole.

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  • From Outer Space - T1 - Marion Mousse - 6 Pieds sous terre
    21 février 2007 18:34, par sixpieds

    Ha ben, j’en profite pour préciser le choix du titre "From outer space". Dans la littérature de gare Sf, comme dans la série B (voire la série Z), en particulier pendant les années 40 à 60, il y a des tas (et puis alors des tas) d’oeuvres ayant un titre finissant par ... from outer space (Vampyres from outer space, Monster from outer space, Teenager from outer space, Killers clowns from outer space etc.). Ce récit, qui est avant tout une parabole amusante sur les minorités, rend hommage, dans la forme, à ce type d’oeuvres considérés comme mineures et il a semblé, tout autant à l’auteur qu’à nous, qui adoront la série B, qu’utiliser juste la terminaison "From outer space" synthétisait sympathiquement la forme de l’ouvrage. Dans le même cheminement, les couleurs de la couverture s’inspirent du cinéma de Mario Bava, immense directeur de la photo et réalisateur italien de cinéma de genre. Le choix du orange pour les pages intérieures va tout aussi dans ce sens. Le livre à donc un vrai propos (les conflits entre les minorités) et une forme, comme d’ailleurs souvent dans ce type de cinéma (comme par exemple les films de Larry Cohen). Le clin d’oeil à King kong, à la fin du récit poursiut cette veine.

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    • Répondu par François Peneaud le 21 février 2007 à  19:03 :

      Merci pour ces renseignements.

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