Front – Par Jonathan Larabie – Les Requins Marteaux

8 octobre 2012 14 commentaires
  • Une saison à la Poste. Les petits chefs qui récriminent, les employés qui luttent avec les petites misères et les conflits du quotidien. Malgré son effacement des consciences, la lutte des classes n'a pas disparu.

Max est un postier comme tant d’autres. Il vit au jour le jour la difficulté d’évoluer dans une société où les petites mains n’ont plus de voix. En perte de repère, lui et ses collègues, trognes fatiguées et déglinguées au jeu de l’aliénation et de la répétition des tâches, n’ont plus que leur morne et invariable soirée dans leur planning hebdomadaire.

Au cœur de cette routine, le débarquement d’un nouveau conseiller financier, petit soldat qui a le tort de croire un minimum à son travail dans ce monde désenchanté, va bouleverser les habitudes et révéler la profondeur des écueils relationnels.

Front – Par Jonathan Larabie – Les Requins Marteaux
Front
Jonathan Larabie – Les Requins Marteaux ©


Dans une bichromie pâle, presque trop terne, suggestive du discours, on redécouvre ce métro, boulot, dodo qui n’a pas disparu, loin de là, avec l’avènement de la société du divertissement.

Malgré sa disparition des unes de nos quotidiens, la confrontation de classe est belle et bien présente. Tout en sobriété, on découvre au détour d’une page, comme un aléa ordinaire, une nouvelle victime du capitalisme. Pas de causticité, ni de cynisme ici, Jonathan Larabie s’appuie sur un réalisme social qui ne tombe pas dans la dénonciation simpliste des abus des grandes entreprises et de leur kapo, mais va au plus près des relations d’hypocrisie concurrentielle.

Le travail, du latin « tripalium » qui signifie torture, s’avère le révélateur de nos comportements les plus vils. En plongeant dans cette entreprise stéréotypée à souhait par les médias et dont les employés sont peut-être les plus porteurs de clichés, on se retrouve presque dans un reportage. Malheureusement, l’album n’arrive pas toujours à se détacher de l’imaginaire commun dans les figures représentées même si elles servent le propos : collègues prêts à vous « balancer » pour sauver leur place, syndicaliste intéressé par son petit confort, patrons qui mettent la pression par tous les moyens...

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Jonathan Larabie – Les Requins Marteaux ©


Attestant des conditions de reproduction de soumission de diverses couches sociales, cet album manque quelque peu de spontanéité et semble trop court pour imprimer définitivement sa logique. L’ensemble finit par manquer d’engagement et de radicalité, restant trop vu de l’extérieur. Néanmoins, le récit marque le passage d’un statut de victime potentielle à un rôle de bourreau en suivant les déconvenues et les différentes histoires personnelles. En mettant à jour un système plus vaste de domination, il suggère que la fin de l’histoire n’est pas pour demain.

(par Vincent GAUTHIER)

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14 Messages :
  • Dans la série des auteurs bd qui ne savent pas dessiner, Jonathan Larabie rejoint les Simon Roussin et autres mimistinguette.

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    • Répondu par Alex de montecristo le 8 octobre 2012 à  18:02 :

      moi je voudrais bien dessiné comme Jonathan Larabie

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      • Répondu par Fred le 8 octobre 2012 à  22:05 :

        Première case la fille attache son soutif dans le dos : les mains sont à la retourne dans une position impossible et elle a la main gauche à la place de la main droite et vice-versa. C’est clairement du foutage de tronche.

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        • Répondu le 8 octobre 2012 à  23:06 :

          les mains sont à la retourne dans une position impossible et elle a la main gauche à la place de la main droite et vice-versa

          Eh non, mal vu. Continuez à creuser, vous touchez bientôt le fond.

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          • Répondu le 9 octobre 2012 à  00:41 :

            Vous ne voyez pas très clair mon gars. Même quand on a les mains dans le dos, la main gauche reste attachée au bras gauche, sinon c’est une erreur de débutant, c’est le cas ici.Vous me direz que c’est tellement mal dessiné qu’on ne s’en aperçoit pas, et pourtant même comme ça on voit les erreurs anatomiques, les disproportions manifestes et les positions qui ne fonctionnent pas.

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            • Répondu par P. le 9 octobre 2012 à  18:15 :

              Bah, peut-être qu’il dessine de la main gauche, après tout... Sinon, apparement, le fil des pinailleurs est plutôt par ici...

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            • Répondu le 10 octobre 2012 à  22:58 :

              Je viens d’apercevoir mon erreur après avoir tordu mes mains dans mon dos pour vérifier vos dires. Vous aviez raison. C’est choquant ! Quelle erreur de débutant, comme vous dites ! Qu’on nous apporte le coupable couvert de plumes et de goudron. Merci encore aux nombreux spécialistes et professionels des arts qui mettent à jour ces scandales. C’est réconfortant de voir qu’on est en bonne compagnie, entre amateurs de bandes dessinées éclairés.

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        • Répondu par l’homme de hier le 9 octobre 2012 à  00:45 :

          ce qui est clairement du foutage de tronche c’est votre commentaire

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      • Répondu le 8 octobre 2012 à  22:38 :

        et moi, je ne voudrais pas confondre l’infinitif et le participe passé, comme toi.

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    • Répondu le 8 octobre 2012 à  18:44 :

      Moi je me demande vraiment ce que ce type de message épidermique apporte à leur rédacteur. Une petite vengeance quotidienne ? C’est pas vraiment joyeux en tout cas cette frustration rampante.

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  • Faut avouer que confondre les mains gauche et droite, c’est une erreur qu’on ne doit plus faire après 12 ou 13 ans. L’éditeur n’a pas fait son boulot de laisser passer de telles choses.

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    • Répondu le 10 octobre 2012 à  08:45 :

      il est vrai qu’une erreur de ce type empêche toute lecture de l’histoire.
      le fil de la narration est rompu et par la même l’enchaînement logique des actions, la trame de fond figurative et la base solide d’un récit ancré dans le réel par un traitement hyper-réaliste des courbes des corps ainsi que des objets inanimés constitutifs du compte rendu historique des faits avérés par témoins oculaires certifiés par le ministère des hautes affaires relatives aux faits divers, tout cela s’avère totalement chamboulé-boulé, tout est sens-dessus-dessous.

      Une main à l’envers, et l’univers tout entier s’effondre sur lui même.

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      • Répondu par Stan le 10 octobre 2012 à  18:18 :

        Deux mains à l’envers et on se dit que l’auteur n’a que peu d’estime pour les lecteurs.

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  • Astérix– Par Jonathan Larabie
    12 octobre 2012 01:01

    Dommage que ce ne soit pas Jonathan Larabie qui reprenne Astérix, ça aurait été amusant des gaulois avec des mains droites à la place des mains gauches.

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