Gargouilles - T3 : Les Gardiens - Filippi & Camboni - Les Humanoïdes Associés

6 septembre 2005 0
  • Les aventures de Grégoire, jeune voyageur du temps en plein XVIIe siècle, continuent à prendre un ton moins léger, et le garçon doute de plus en plus de son rôle dans toute cette histoire...

À la fin du tome précédent, Grégoire avait quitté le XVIIe en colère, déçu par ce qu’il avait ressenti comme une manipulation par ses amis gargouilles et autres créatures magiques, confrontés à un ennemi décidé à les détruire. Son retour dans le passé l’amène à un moment critique : Edna, sa jeune cousine dont il a déjà croisé le chemin dans un album précédent et qui est dotée de fortes aptitudes pour la magie, semble être manipulée par sa mère et tante de Grégoire à des fins peu recommandables. Encouragé par Phidias son ami gargouille, Grégoire part dans un passé plus lointain où il doit poursuivre sa formation de mage afin de contrecarrer la puissance naissante de sa cousine.

Le scénario de Denis-Pierre Filipi prend de plus en plus d’accents assez sombres : Grégoire est témoin de plusieurs morts, le rôle d’Edna oscille entre flirt (Grégoire et elle prennent par moment une forme adolescente sous l’effet d’une magie qu’ils ne contrôlent pas) et danger, et les amis magiques de l’enfant le poussent à prendre des risques grandissants. La tension dramatique est donc savamment entretenue et même accrue, le jeu de parallèles entre les personnages modernes et leurs équivalents anciens participant de la confusion ressentie par le personnage principal.

Silvio Camboni est maintenant parfaitement à l’aise dans cet univers qu’il n’a pourtant pas créé. Ses planches sont toutes parfaitement lisibles, son dessin dense et très expressif bénéficiant du choix d’une narration peu dense en cases. Il faut aussi remarquer la qualité de la mise en couleur, aussi sobre que variée.

Gargouilles continue donc à être une série plus qu’agréable. S’il n’existe aucune d’ambiguïté quant à l’identité des personnages les plus détestables, les possibilités rarement réjouissantes qui s’offrent aux deux enfants tiennent le lecteur en haleine au moins autant que les péripéties du combat pour la suprématie sur la magie.

(par François Peneaud)

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