Gérard Depardieu : « Obélix est d’une intelligence et d’une évidence totale »

12 juin 2007 0 commentaire
  • On est frappé d’entrée en le voyant, par sa présence. Une masse, un roc. Et puis, par son regard, désarmant de sincérité. Il y a enfin une pudeur, signe d’une profonde timidité, qui contraste avec son côté un peu rustaud. De qui parle-t-on? D’Obélix ? Non, de Gérard Depardieu.

Il incarne Obélix dans la série des films live d’Astérix. Le prochain, Astérix et les jeux olympiques est dans la boîte, en cours de montage. Il sortira en salle le 31 janvier 2008. Gérard Depardieu avait chaleureusement accueilli Uderzo et ses amis le 7 juin dernier dans son restaurant, La Fontaine-Gaillon, où il accueille depuis deux ans le Prix Uderzo, un prix organisé par la fille de l’artiste Sylvie Uderzo et son gendre, Bernard de Choisy. Nous y étions. Entre la remise du prix et le vin d’honneur, cet acteur-culte du cinéma français virevoltant et toujours pressé a accepté de répondre brièvement à nos questions

ACTUABD : Comment avez-vous découvert la BD ?

Gérard Depardieu : Là où je me trouvais, à Châteauroux, je n’y avais aucun accès. Mais comme je vivais autour d’une base américaine, j’ai recueilli pas mal de comics, notamment Mad Magazine [1], Droopy [2]. Je lisais aussi Tarzan [3], Kit Carson, Davy Crockett [4] Après, ça a été Tartine Mariol, la super-grand-mère [5]. Mais aussi des photos-romans ! Les Tintin, ils m’étaient passés par mes copains, ou alors je les volais à l’époque ! Tintin, je comprenais pas. Ça me faisait vraiment chier. C’était un monde de bourgeois. Et puis j’ai ri véritablement avec Astérix et Obélix. Pourquoi ? Parce qu’ils résistaient, parce qu’il y avait la potion magique et tout un groupe de gens qui m’apparaissent très sympathiques dans leur tempérament et dans leur caractère.

Gérard Depardieu : « Obélix est d'une intelligence et d'une évidence totale »
Bernard de Choisy, Sylvie Uderzo et Gérard Depardieu
Photos : D. Pasamonik

Quand on vous a proposé le rôle d’Obélix, vous n’avez pas eu le réflexe de dire : « Pourquoi moi ? Moi je ne suis qu’enveloppé ! » ?

Ce n’était pas du tout important pour moi. Ce qui était important, c’était la logique d’Obélix. D’ailleurs, quand vous lisez une bande dessinée, vous ne regardez pas les muscles de Davy Crockett par exemple. C’est l’esprit des personnages que l’on aime. Obélix est d’une intelligence et d’une évidence totale, totale ! J’aime beaucoup sa mauvaise foi parfois, c’est toujours la même : « Je ne suis pas gros : juste enveloppé ». On en a rajouté un peu dans la mauvaise foi, de même que dans ses sentiments amoureux.

Albert Uderzo et Gérard Depardieu
Photo : D. Pasamonik

Falbala, dans votre vie, vous l’avez déjà rencontrée ?

Oui, dans un film ! [6] J’adore Obélix ! Je suis Obélix ! C’est un rôle naturel pour moi. D’ailleurs, dans la vie, je suis Obélix, au moins à 95% !

Propos recueillis par Didier Pasamonik, le 7 juin 2007.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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[1Créé en 1952 par l’éditeur William Gaines et le dessinateur et scénariste Harvey Kurtzman. NDLR.

[2Un personnage qui figurait dans les pages de Tom & Jerry une revue publiée chez Dell Publishing de la fin des années 40 au début des années 60. NDLR.

[3Un classique de la BD américaine dessiné notamment par Burne Hogarth et Russ Manning. NDLR.

[4Des comics anglais publiés par Cow Boy Comics.NDLR.

[5Tartine Mariol, alias Tartine est une série italienne créée en 1955 dans la revue Trottolino par Giovan Battista Carpi et Giulio Chierchini, publiée en France à partir de décembre 1956 par la Société Française de Presse Illustrée (SFPI) de Jean Chapelle. NDLR.

[6Dans le film Astérix, c’est Laetitia Casta qui joue le rôle. NDLR.

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