Giacomo Foscari - Livre 1 : Mercure - Par Mari Yamazaki - Ed. Rue de Sevres

18 septembre 2013 0 commentaire
  • Nouveau venu sur le marché, Rue de sèvres investit tous les genres. Avec le nouveau Yamazaki son incursion dans le roman graphique nippon s’annonce sous les meilleurs auspices !

1993 : Giacomo Foscari ancien professeur d’histoire occidentale à l’université de Tôkyô déambule dans son quartier et se retourne sur son passé. Enfant, il a reçu de son père bourgeois vénitien une statue de Mercure, le dieu du commerce et des voleurs dans la mythologie antique. Derrière cette anecdote qui ne renvoie pas seulement au titre du premier tome se dissimulent des images, des souvenirs et des non dit qui peu à peu remontent à la surface.

Giacomo revient ainsi sur ses années d’enfance dans l’Italie fasciste des années 1930, le souvenir d’Andréa un ami mi-ange, mi-démon, dont on devine qu’il en fut secrètement amoureux devient de plus en plus présent. Puis c’est au tour de ses années de professeur débutant face à la contestation étudiante du japon des années 1960 surgissent au détour d’un regard ou d’une anecdote. Au fil de cette balade tendre et nostalgique dans le Tôkyô des années 1990 un objet, un lieu, une odeur viennent réactiver les pièces du puzzle de la mémoire du vieil homme mélancolique et un peu guindé. On devine des fractures et des secrets dans l’attitude de cet homme écartelé entre deux cultures, deux époques mais aussi des désirs et des interdits. En apparence dispersés son parcours, ses rencontres nous dévoilent les fragments d’une vie avec finesse et élégance.

Mari Yamazaki s’est faite connaître en Europe avec Thermae Romae, roman graphique au succès considérable dans lequel le thème de l’aller-retour entre la Rome antique et le Japon contemporain était central. Avec Giacomo, la mangaka entame une nouvelle série autour de ses thèmes favoris : l’Italie et la culture nippone en insistant davantage sur la dimension nostalgique et la pudeur des sentiments.

En nous entrainant dans les pas du vieux professeur, l’auteur s’attarde à la fois sur les différences culturelles et sociales auxquelles son héros s’est trouvé confronté lors de ses rencontres ou au long de son parcours professionnel.

Récit intimiste, ce nouveau roman graphique joue la carte de la finesse et de la subtilité pour nous faire entrer dans l’univers de cet antihéros humble et réservé.
Mari Yamazaki qui a longtemps vécu en Italie parvient à nous captiver à l’aide d’ une succession d’aller et retour dans le temps et l’espace parfaitement maîtrisés, son trait souple et délicat faisant écho à l’intelligence et à la subtilité du propos.

(par Patrice Gentilhomme)

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