Gilles Ciment (Directeur de la Cité de la BD à Angoulême) : « Toutes nos activités ont fait un bond entre 25 et 60%. »

10 mai 2011 0 commentaire
  • Avec 172 800 visiteurs en 2010, la Cité de la bande dessinée à Angoulême affiche un bon résultat pour un premier exercice complet. Dans ce chiffre, 59 485 visiteurs reviennent au musée de la bande dessinée qui prend la tête des fréquentations dans la région.

La Cité vient de publier son bilan annuel. Qu’en tirez-vous comme conclusion ?

Que le travail des équipes pour offrir une programmation variée et surtout nourrie toute l’année, cela paie. En 2010, on a présenté 19 expositions, ce qui ne s’était jamais vu dans le passé, plus des rencontres avec des auteurs au rythme d’une chaque semaine, avec des rendez-vous réguliers, des colloques, etc. Tout cela attise l’intérêt du public.

Gilles Ciment (Directeur de la Cité de la BD à Angoulême) : « Toutes nos activités ont fait un bond entre 25 et 60%. »
La Cité internationale de la BD à Angoulême
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Est-ce que les gens commencent à savoir que la Cité existe en dehors d’un certain Festival qui a lieu début janvier ?

On peut dire que oui, puisque les entrées qui ont eu lieu pendant le Festival – et qui sont importantes pour un festival puisque cela représente 13 500 entrées en 2010 - représentent environ 20% des entrées de l’année. Il n’empêche que les 80% restants sont faits en dehors du Festival, cela veut donc dire que les gens savent qu’on peut voir de la bande dessinée à Angoulême tout le reste de l’année. C’est un pari gagné.

La progression s’est faite surtout là.

Oui, durant l’été et tout le reste de l’année. Si l’on compare au précédent exercice qui est celui de 2007, puisque le musée était fermé en 2008 et n’a été ouvert qu’à la moitié de l’année en 2009, on est passé de 27 900 à 60 000 visiteurs. En même temps, ce qui est intéressant, c’est que cela ne repose pas seulement sur l’effet nouveauté, puisqu’il est passé en 2009 et que nous sommes maintenant en vitesse de croisière. Cette progression, nous l’avons sur toutes les activités de la Cité puisque la bibliothèque est passée de 74 400 à 91 200 volumes prêtés. Le cinéma progresse d’autant. Le chiffre d’affaire de la librairie a progressé de 43%. Toutes les activités ont fait un bond entre 25 et 60%. Je mets cela d’une part, sur le compte d’une programmation lisible, j’espère cohérente et en tout cas fournie ; et d’autre part, sur le compte de la communication : on fait plus et on fait savoir plus également. C’est dû aux nouveaux outils dont on s’est doté : un site Internet aujourd’hui très fréquenté pour un site institutionnel, une lettre d’information hebdomadaire lue par 12 000 personnes, des programmes distribués en ville et un affichage régulier en ville également. Et puis également les prospectus touristiques distribués dans toute la région, en particulier pendant la belle saison.

Gilles Ciment en mai 2011
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Quel est le profil des visiteurs ?

Il faut distinguer plusieurs types. Le cinéma a davantage un impact local, c’est un des cinémas de la ville. La bibliothèque attire le public de tout le département et des départements limitrophes. La part du public étranger revient surtout au musée et représente 15% de la fréquentation en dehors du festival, surtout pendant l’été. Le public charentais est très présent : ce sont les trois autres départements de la région qui sont moins au rendez-vous. C’est fréquent en France : on se déplace dans son département et dans les autres régions, mais moins dans les autres départements de sa région.

Où en sont les négociations entre le Festival et la Cité ?

Elles sont sous l’autorité du préfet et dépendent de son initiative. Il a attendu sagement que les esprits s’apaisent pour relancer le processus de concertation.

Il ne s’est rien passé depuis, on attend le préfet ?

Oui. Je ne peux rien dire de plus.

Sauf qu’on imagine qu’en été, il ne se passera pas grand-chose. Le dossier va ressurgir à la rentrée avec un nouveau scandale à la clé ?

Je ne l’espère pas.

Propos recueillis par Didier Pasamonik

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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