Glénat au Québec ?

26 mai 2006 0 commentaire
  • De passage à Montréal à la mi-mai, {{Jacques Glénat}} manifestait publiquement son intention de planter une antenne de sa maison d'édition au Québec.

Ses propos ont d’ailleurs fait l’objet de deux articles dans le quotidien montréalais Le Devoir, sous la plume de Fabien Deglise. On y rapporte que Glénat pourrait ouvrir une succursale au Québec « dans les prochains mois ». On ne cachait pas non plus l’intention d’y recruter de nouveaux talents et de « faire des choses localement », notamment au niveau d’un festival de la BD.

La visite de Jacques Glénat coïncidait avec le lancement du deuxième album de la série Simon Nian, dessinée par Yves Rodier [1]. Ce n’est pas la première équipée de l’éditeur français avec un dessinateur québécois puisque Robert Rivard avait fait tandem avec l’elficologue Pierre Dubois pour deux tomes des Pixies au début des années 1990.

Pour le recrutement de nouveaux talents, on doit constater que Glénat est un tantinet en retard puisque André-Philippe Côté est déjà chez Casterman avec son Dr Smog, Delaf et Dubuc chez Dupuis, Thierry Labrosse, Jacques Lamontagne et jusqu’à tout récemment François Lapierre chez Soleil, et François Miville-Deschesnes est aux Humanos. Sans oublier, Michel Falardeau chez Paquet. Michel Rabagliati et Guy Delisle sont publiés à La Pastèque, ce dernier également à l’Association, tout comme Julie Doucet, et chez Dargaud.

Enfin, nombre de dessinateurs du Québec oeuvrent dans le domaine des comics par des contrats avec des éditeurs américains. Cependant, d’autres talents seront sans doute au rendez-vous et on a raison de conclure à un « centre de créativité très intéressant », surtout si on pense, par exemple, aux éditeurs de la Pastèque, à la joyeuse bande de Jimmy Beaulieu chez Mécanique générale, aux ateliers de BD du CEGEP du Vieux-Montréal, sans oublier les étudiants du Baccalauréat en bande dessinée de l’Université du Québec en Outaouais et l’attribution annuelle des prix Bédélys pour les meilleures BD publiées dans l’année.

En se positionnement localement, donc, Glénat se placerait dans une position avantageuse face à ses concurrents. Bien sûr, les talents du Québec pourraient mieux se faire valoir dans l’Europe francophone, mais quel sera l’impact de ce gros joueur sur les petits éditeurs locaux ? Seul l’avenir le dira.

(par Le Bédénaute)

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En médaillon : Jacques Glénat par Pascal Rabaté. Dessin paru dans l’ouvrage "Les Editeurs de Bande dessinée" aux Editions Frédéric Niffle.

[1avec François Cortegianni au scénario

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