Golem - Par Lrnz - Glénat Comics

29 février 2016 0
  • Dans un monde futuriste dystopique, les rêves - et cauchemars - d'un jeune garçon deviennent l'enjeu d'une lutte sans merci entre un ordre mondial totalitaire et des résistants misant tout sur la liberté, la nature et la créativité personnelle. Une fable écolo-politique sympathique quoique trop souvent schématique.

L’Italie, dans un futur proche, où les grands fléaux que sont la faim et la maladie ont été éradiqués grâce à de fulgurants progrès technologiques. Mais ces avancées ont eu pour conséquence la mise en place d’une oligarchie sans merci à la tête des pays d’Europe et d’Asie, les chefs d’État n’étant plus que des prête-noms pour un système politique qui ne ressemble plus en rien à la démocratie.

Golem - Par Lrnz - Glénat Comics
La figure du pouvoir ouvre le volume
Golem © Lorenzo Ceccotti

Sauf que certains ne veulent pas de ce bonheur prescrit et aseptisé, et aspirent à la reconquête de la découverte et de la spontanéité. C’est dans ce contexte que Steno, un jeune garçon que l’on pensait sans histoire, se révèle porteur d’un pouvoir qui le dépasse et qui suscite la convoitise non seulement des instances en place mais aussi de ceux qui veulent en renverser le joug.

Manifestement ambitieux, Golem aborde des thématiques engagées, directement en phase avec notre époque : fonctionnement de nos institutions politiques, place du capitalisme dans nos sociétés, prise en compte des enjeux écologiques, préservation des libertés individuelles et puissance des rêves : voilà ce que questionne Lrnz, alias Lorenzo Ceccotti dans sa fable.

Un monde ultra connecté
Golem © Lorenzo Ceccotti

Cela passe par quelques jolies représentations ou idées narratives, comme cette figure du golem, issu des rêves d’un adolescent, violente irruption de l’imaginaire dans un réel ultra technique qui ne peut en tolérer la manifestation. Le cartel des oligopoles, dans sa construction, s’avère aussi assez efficace.

Mais à côté de cela, trop de développements et trop de personnages se révèlent outrageusement schématiques, insuffisamment creusés pour permettre au lecteur de véritablement prendre part à l’histoire, d’y croire et de se laisser emporter. D’autant que l’action, une fois lancée, se déroule de manière trop rapide.

Pour une aventure prenant le politique comme matière, cela nous semble en fin de compte manquer de subtilité et de nuance, comme s’il s’agissait d’une vision enfantine ou naïve, avec une prétention adulte et profonde, du pouvoir et des luttes qu’il engendre.

Présentation d’une pseudo-utopie sur fond d’oligarchie
Golem © Lorenzo Ceccotti

(par Aurélien Pigeat)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Golem. Par Lrnz. Traduction Aurore Schmid. Glénat Comics. Sortie le 13 janvier 2016. 280 pages. 24,95 euros.

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