Gotlib lauréat du Grand prix Saint-Michel 2007

14 octobre 2007 1 commentaire
  • L’un des plus anciennes distinctions de la bande dessinée européenne a été réanimée récemment par le Festival BD de la Région de Bruxelles Capitale. Elle a été remise cette année à Marcel Gotlib.

Marcel Gotlib, c’est Gai Luron, Les Dingodossiers, la Rubrique à Brac, Raah Lovely et d’autres pages inoubliables inscrites dans l’histoire de la bande dessinée française. Un humour et un sens de la dérision dans la droite ligne du magazine américain Mad et qui a décoincé la BD française en la faisant passer dans l’âge adulte, s’autorisant, pour en rire, les sujets les plus transgressifs comme la sexualité, la psychanalyse, la religion voire la scatologie.

Gotlib fut aussi le co-créateur du magazine L’Echo des Savanes et le créateur du mensuel Fluide Glacial. Une exposition rétrospective lui avait été consacrée récemment à Bruxelles au Centre Belge de la Bande dessinée et il trouve bien naturellement sa place dans l’Exposition De Superman au Chat du Rabbin qui s’ouvre ces jours-ci à Paris.

Gotlib lauréat du Grand prix Saint-Michel 2007
Gotlib auréolé par ses paires d’oreilles à la Mickey Mouse.
Sur la photo : De g. à dr. Gotlib, Dany, Jannin et Vehlmann – © Nicolas Anspach

Fabien Vehlmann avait fait le déplacement pour recevoir le prix de la meilleur BD d’un auteur francophone pour l’album « Les cinq conteurs de Bagdad » (Dargaud, dessin de Frantz Duchazeau). Il a remercié les membres du jury, sachant à quel point il est douloureux de choisir un album parmi une sélection de titres tout aussi réussis. Le prix de la meilleure BD réalisée par un auteur néerlandophone a été remis à Judith Vanistendael pour De Maagd en de Neger, Papa en Sofie.

Jose-Luis Munuera
(c) Nicolas Anspach

Dany se déclara touché d’être récompensé pour son travail en couleur directe sur l’album « Sur les Traces de Dracula – Transylvania » (Casterman, scénario de Yves H.), remarqué par les membres du jury qui lui ont donné le prix du meilleur dessin. Le créateur d’Olivier Rameau s’essayait pour la première fois à la couleur directe et a pris tellement de plaisir à travailler avec cette technique qu’il va réaliser ses prochains albums de la sorte.

Le prix du meilleur scénario a été attribué à Tarek pour le troisième album de Sir Arthur Benton (EP éditions, avec Stéphane Perger).

Le prix de la presse a été attribué à Jannin pour Arnest Ringard et Augraphie, qui a réclamé « 45 minutes de silence » en mémoire de ses amis Franquin et Delporte aussitôt ponctué d’un gros éclat de rire.

José-Louis Munuera a reçu le prix Jeunesse pour le troisième tome de Nävis (Delcourt, avec Jean David Morvan).

Tandis que les jeunes et talentueux Bastide & Mezil ont reçu le prix de l’avenir pour La Guerre des Sambre (Futuropolis/Glénat, avec Yslaire).

Enfin, deux prix spéciaux ont été attribués. L’un à Michel-Edouard Leclerc pour son engagement en faveur de la bande dessinée. Et l’autre, un prix « prestige » à Willy Vandersteen et au studio qui gère son œuvre depuis son décès.

Bastide & Mezil
(c) Nicolas Anspach

En marge du festival, le prix du magazine Tradition a été remis par André-Paul Duchâteau, particulièrement ému, à Philippe Wurm, le dessinateur des Rochester.

Un palmarès qui fait la part belle à la bande dessinée de grande diffusion, et dont les labels alternatifs et les créations étrangères sont les grands absents.

La coupe qu’a reçue P. Wurm est-elle le Saint-Graal ? Gotlib espère qu’elle lui donnera des pouvoirs spéciaux…
(c) Nicolas Anspach



Fred Jannin et Alain De Kuyssche se sont ils « pacsés » ? Ou font-ils les pitres ?
(c) Nicolas Anspach

(par Nicolas Anspach)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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En médaillon : Marcel Gotlib. Photo : (c) Nicolas Anspach

 
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