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Gratuit sur Gallica, le patrimoine de la bande dessinée francophone

  • C’est un projet initié par la Cité de la Bande Dessinée d’Angoulême et la Bibliothèque nationale de France : plus de 6000 documents, albums et périodiques de bande dessinée sont consultables gratuitement sur le site « Gallica » de la BnF. Cornaqué par Antoine Sausverd, spécialiste de l’histoire de la bande dessinée et créateur du blog Töpfferiana, ce trésor ouvre un champ d’investigations particulièrement nécessaire et utile aux chercheurs et historiens de la bande dessinée.

Nous en exprimions ardemment le désir dans notre série d’articles sur « Les habits neufs de l’Histoire de la bande dessinée francophone » : le travail de contextualisation manque beaucoup à la bande dessinée depuis près de cinquante ans que ce médium est étudié par les historiens.

Pas ou peu d’études sur les éditeurs, un franco-centrisme trop longtemps affirmé alors que la bande dessinée est un phénomène mondial, peu ou pas de travail sur les supports de sa diffusion, et notamment la presse. Sylvain Lesage rappelait ainsi que Tintin est avant tout un phénomène de presse, alors que la plupart des études le concernant se rapportent aux albums, c’est-à-dire à des items immédiatement commercialisables.

Gratuit sur Gallica, le patrimoine de la bande dessinée francophone
Une histoire de "Peau d’âne" publiée par l’Imagerie d’Epinal, un éditeur actif depuis le début du 19e s.

Or, cette presse "à six sous", plus coûteuse à produire et bien plus mortelle que les collections d’albums, a une histoire d’une richesse inouïe. Des centaines de créateurs y ont produit leurs œuvres, pour une grande part ignorés aujourd’hui. Qui connaît le rôle d’éditeurs comme Émile de Girardin, l’inventeur de la presse populaire, des frères Offenstadt, les éditeurs des Pieds Nickelés, ou de Paul Winkler, le créateur d’Opera Mundi et du Journal de Mickey, dans le développement de ce que l’on allait appeler le 9e Art ?

Voici quelques années, alors que la Cité de la BD d’Angoulême était encore sous la houlette de Gilles Ciment, une campagne de numérisation avait été lancée, avec le soutien de fonds européens. Ce travail a été fait dans d’autres pays européens, notamment en Allemagne. Il commence à porter ses fruits.

Dans l’édition européenne du New York Herald, imprimée à Paris, la merveille "Little Nemo" de Winsor McCay, créé en 1904.

Et à l’occasion de l’année BD2020-21, la BnF a joint le mouvement avec son formidable portail Gallica qui numérise depuis des années un grand nombre de documents du passés devenus introuvables. Une source incroyable d’informations.

"Tarzan" par Harold Foster.

Avec son accès chronologique par auteurs (Töpffer, Cham, Gustave Doré, Christophe, Caran d’Ache, Steinlein, Outcault, Rabier, Verbeck, Studdy, Forton, Calvo, Saint-Ogan, Mat), par séries (Little Nemo, Buster Brown, Félix Le Chat, Les Pieds Nickelés, Popeye…) , par thèmes (animaux, détectives, science-fiction…) et par titres de presse (42 titres, de l’American Illustré, une revue française où participent des artistes comme Louis Forton ou Raoul Thomen, parfois sous des pseudonymes « américains » à la revue belge Wrill), vous en avez pour des heures de découvertes qui montrent la créativité des auteurs de bande dessinée depuis le début du 19e siècle.

En 1934, le formidable "Futuropolis" de Pellos.

La BnF et la Cité sont allé chercher Antoine Sausverd, animateur du site Töpfferiana pour organiser ce voyage, une histoire de la bande dessinée (principalement francophone) à travers plus de 6000 documents et certains albums d’auteurs Calvo, Matt, ou Saint-Ogan (Zig & Puce), ici reproduits avec l’accord des ayants droits. Un trésor !

"L’American illustré" ou comment les Français imitent les Américains.

Voir en ligne : DÉCOUVREZ GALLICA SUR LE SITE DE LA BnF

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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