Green Arrow T1 - Par Jeff Lemire & Andrea Sorrentino (Trad. Benjamin Rivière) – Urban Comics

26 juillet 2014 0 commentaire
  • Membre de la Ligue de Justice d’Amérique, Green Arrow a tout du super-héros accompli et sûr de lui. Mais tout ceci vole en éclats le jour où un assassin détruit la vie de son alter ego : Oliver Queen. Après avoir tout perdu, l’archer vert doit entièrement se reconstruire et se repenser…

Green Arrow new 52 débarque enfin en librairie, ce qui réjouira assurément les amateurs de ce héros moins célèbre que d’autres, mais assurément sympathique. Un point important cependant : ce premier tome ne commence pas par les premiers numéros de la série mais démarre directement au dix-sept [1]. Ces épisodes correspondent au début du run de Jeff Lemire (scénario) et Andrea Sorrentino (dessin).

En effet, le relaunch new 52 de Green Arrow n’a pas connu un grand succès et plusieurs équipes artistiques se sont succédées sans grande réussite… jusqu’à la reprise de Lemire et Sorrentino, qui réussirent à apporter un nouveau souffle au titre, enfin, plébiscité par la critique et le public.

Créé en 1941, Oliver Queen est un playboy millionnaire qui échoua sur une île après un accident. Apprenant à survivre dans la jungle et développant une grande habilité au tir à l’arc, il revient changé et se lança dans la lutte contre le crime, sous l’identité de Green Arrow.

Green Arrow T1 - Par Jeff Lemire & Andrea Sorrentino (Trad. Benjamin Rivière) – Urban Comics
Une nouvelle voie s’offre à Green Arrow
© Urban Comics / DC Comics

Nul besoin de connaître l’univers de Green Arrow pour profiter de l’histoire car un nettoyage est effectué par un mystérieux assassin : le quartier général et l’équipement de Green Arrow sont détruits, et certains de ses proches tués. Quant aux éléments conservés, ils sont réinvestis à travers un nouveau départ et une nouvelle mythologie (comme l’île constituant le point de départ des aventures de notre héros). L’ensemble constitue clairement un appel aux nouveaux lecteurs !

Jeff Lemire a concocté un récit haletant qui démarre fort, plongeant Oliver Queen, alias Green Arrow dans un cauchemar, et une suite de mystères et de révélations qui a de quoi lui faire perdre la tête… et interpellent le lecteur dans le bon sens du terme !

Nous suivons un héros qui a tout à réapprendre, en particulier ce qu’il sait sur l’archerie… même si pour le moment cela relève davantage de la note d’intention -Oliver continuant d’utiliser des flèches gadgets plus ou moins étonnantes.

Des duels d’archers parfaitement mis en scène
© Urban Comics / DC Comics

L’intrigue déploie une toute nouvelle mythologie autour de sept clans et de sept armes totem dont -nécessairement- une flèche antique. C’est ainsi qu’Oliver va se retrouver à lutter pour un héritage ancestral, face à un autre archer bien décidé à se l’approprier. La portée de cette mythologie ne semble d’ailleurs pas réservée à Green Arrow seul, vu les autres armes mentionnées et le lien fait avec une classique équipe de super-héros, qui n’a pas encore fait son retour officiel dans le cadre de new 52... Bref tout un programme.

Green Arrow et Shado
© Urban Comics / DC Comics

Notons au passage l’utilisation du chiffre « sept » et de l’idée de « clan » qui rappellent indubitablement les « sept couleurs » de Green Lantern et les « sept royaumes » d’Aquaman. Le motif semble apparemment populaire chez DC Comics en ce moment pour reconstruire les univers de certains personnages !

L’ambiance générale s’oriente quête initiatique, tendance mystique, avec un prologue en plein désert de type « remise en question », classique mais efficace.

Le récit convoque également des figures traditionnelles de l’univers de Green Arrow [2], en les refondant dans cette nouvelle mythologie pour un résultat très convaincant – comme Shado, l’archère assassin nippone, qui revient dans un rôle assez inattendu.

Côté dessin, le style d’Andrea Sorrentino, à base d’aplats noirs, fait merveille et contribue fortement à l’atmosphère mystérieuse et dangereuse du récit. Son découpage n’est pas non plus en reste, en particulier lors des séquences d’action, réussissant à rendre intense les échanges de flèches –ce qui n’est pas forcément évident en bande dessinée ! Et n’oublions pas la colorisation de Marcelo Maiolo, sobre, avec parfois des pointes plus vives qui soulignent parfaitement personnages et créatures lors des moments-clés.

Se mettre en position, viser puis tirer, le tout en un instant
© Urban Comics / DC Comics

Ce nouveau Green Arrow s’avère donc de grande qualité. Le récit alterne action, intrigue et émotion d’une main de maître, avec un lot important de personnages mis en scène et de mystères à lever.

On pourra néanmoins regretter que cette densité entraîne une certaine lenteur de l’histoire qui prend son temps pour s’installer. Un bémol bien mineur vu l’excellence de ces nouvelles aventures de l’archer vert, dont il nous tarde de lire la suite !

(par Guillaume Boutet)

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Green Arrow T1. Par Jeff Lemire & Andrea Sorrentino. Traduction Benjamin Rivière. Urban Comics, collection "DC Renaissance". Sortie le 11 juillet 2014. 208 pages. 19,00 euros.

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[1Les épisodes contenus dans Green Arrow T1 : Machine à tuer sont :
- Green Arrow #17-24, #23.1 (février 2013 à octobre 2013)

[2À noter, à titre de curiosité, la présence de John Diggle, un personnage issu de l’actuelle série TV Arrow, basé sur Green Arrow.

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