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Gregdizer : « La dimension humaine et affective est importante pour Matthieu Chédid ».

  • Le jeune dessinateur {{Gregdizer}} publie {Les Mots contre les Maux}, un album conceptuel. On assiste au destin croisé de différents personnages qui vivent intensément les joies ou les aléas de leurs histoires d’amour. Une fable où résonnent les paroles de Mathieu Chédid, alias M, l’artiste qu’ils souhaitent tous voir en concert.

Gregdizer réalise une remarquable plongée dans l’univers du chanteur pour en retirer certaines paroles et mélodies qui rythment ce récit sensible.

Gregdizer : « La dimension humaine et affective est importante pour Matthieu Chédid ».Pourquoi avoir voulu élaborer une intrigue autour de l’univers de Matthieu Chédid, alias « M » ?

Son dernier album, « Qui de Nous Deux ? », m’avait beaucoup touché. L’écoute et la découverte de cet album a correspondu à un changement personnel important. J’ai rencontré ma fiancée à ce moment-là. J’ai été le voir une première fois en concert. J’ai été fort ému par sa prestation. J’ai eu l’idée de réaliser une bande dessinée autour de son travail après cela.
A l’époque, j’étais à l’Académie des Beaux-arts de Tournai. J’ai commencé à travailler sur ce projet dans la cadre de mes cours. Lorsque M est repassé à Lille pour un concert, je suis allé le voir avec mon carton à dessin sous le bras. A vrai dire ce n’était pas une mince affaire de le rencontrer. J’ai du me montrer persuasif envers les gens de la sécurité et de son staff. Mais lorsqu’il ont vu mes pages, ils ont compris que j’étais quelqu’un de sérieux. Je suis donc parvenu à le rencontrer. Ce fut une conversation très humaine. Puis, j’ai discuté avec Nicole Schluss, son agent avec laquelle j’allais traiter. M était partant pour cautionner un tel projet …
Cela m’a fait plaisir car je n’étais pas le premier à le contacter. Pas mal d’éditeurs de BD étaient sur les rangs.

Justement, vous avez créé une histoire d’amour entre différents protagonistes. L’univers de M vient apporter un supplément d’atmosphère et de sensibilité. C’est fort différent de ce qu’un éditeur comme Soleil a l’habitude de réaliser sur un artiste. Ils font plutôt illustrer les paroles de chansons …

Oui. L’histoire les a touchés. Et puis la manière dont je les ai abordés également. Je les ai intrigués.

M semble avoir une grande estime pour les artistes débutants. Je l’ai vu à Forest Natonal [1]présenter et accueillir lui-même le groupe qui devait chauffer la salle…

Exactement ! Il fédère ainsi son public qui se montre plus respectueux envers le chanteur débutant. Je me suis présenté à lui comme un musicien qui lui proposerait de faire sa première partie. Peut-être que Matthieu Chédid n’a pas compris sur le coup l’ampleur de mon projet … Mais il a perçu que je lui présentais un projet concret. La dimension humaine et affective est importante pour lui, comme pour son agent.

Vous avez dessiné les planches d’essai aux Beaux-arts de Tournai ?

Oui. J’ai participé à un atelier sous la direction d’Antonio Cossu. Ce dernier a une relation fort particulière avec ses élèves. Il n’impose rien ! Il souhaite simplement que l’élève se révèle en passant par son atelier. Sans pour autant le formater ou l’influencer. Ce projet était un pari fou ! Certains professeurs auraient refusé que l’un de leurs élèves s’y implique. Pas lui ! Cela lui semblait logique, compte tenu de mon parcours…

Parlons de vos choix graphiques. Votre style réaliste est proche de la photo. N’avez-vous pas été tenté de décalquer certains clichés ?

Je n’utilise jamais de photographie dans cet objectif. J’ai effectivement pris de nombreux clichés de mon entourage. Certains sont devenus des personnages de ma BD. Mais je n’ai jamais décalqué ces photographies. Je les ai toutes redessinées en les modifiant. Je percevais cette technique réaliste, où je mets mes crayonnés en couleur avec de l’aquarelle, comme un exercice de style. Il fallait conserver une certaine homogénéité…
Un journaliste a comparé mon travail à celui d’Alex Ross. C’est un rapprochement douteux, car je n’ai jamais cherché à styliser mes personnages…

Etait-ce facile de dessiner M ?

C’est un homme fort occupé et il était hors de question qu’il s’adonne à une séance de photographie pour l’occasion. Je n’ai pas modifié mon scénario pour me faciliter la vie. Cela a été plutôt un challenge de m’adapter. Evidement, je n’ai trouvé aucune photographie où il était mélancolique. J’ai dû interpréter …

L’album est publié par les éditions du Caméléon … Et vous remerciez de nombreuses personnes de chez Dargaud. Est-ce une filiale de cette dernière maison d’édition ?

Effectivement. L’agent de Matthieu Chédid est une amie de Jean-Christophe Delpierre, le directeur des éditions Dargaud. Ce dernier cherchait à publier un album autour de M, sans réellement avoir de projet. L’agent de M leur a donc présenté mon travail. Dargaud a créé un nouveau label qui éditera des choses un peu différentes…

(par Nicolas Anspach)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Lien vers le blog de Gregdizer

Illustrations : (c) Gregdizer & les éditions du Caméléon.
Photo de l’auteur (c) Nicolas Anspach - Reproduction interdite sans autorisation préalable.

[1Une salle de la région bruxelloise. NDLR.

 
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