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Grosses cylindrées et bastons chez Paquet

  • Dans un séduisant revival des années 1960, les éditions Paquet nous proposent une révision de la formule « cigarettes, whisky et petites pépées ».

Quelques nouveautés des collection Calandre et Carénage viennent illustrer ce parti-pris éditorial.

Après Mauro Caldi, Zone Rouge, Raoul Scoptione, c’est au tour de Jacques Gipar de sévir dans la collection Calandre. La cinquième aventure de ce lointain cousin de Gil Jourdan du grand Tillieux nous entraîne cette fois sur la côte d’azur en 1952. Trafic de cigarettes (eh oui, nous ne sommes qu’en 1952 !), guerre des gangs... Notre héros, bon chic bon genre, toujours propre sur lui, se retrouve au cœur de l’action sous le beau ciel de Provence.

En compagnie de son gentil acolyte, Petit Breton, le fringant reporter va de cascades en tout genre, de guet-apens nocturnes en courses poursuites et autres prises d’otage... Les amateurs retrouveront dans cette série l’esprit d’une certaine BD qui fit les beaux jours de certaines publications années 1960.
Le dessin de Jean-Luc Delvaux ne dissimule pas les influences déjà évoquées plus haut. Cet ancien assistant de Jean Graton apparaît bien à l’aise pour dessiner les mésaventures automobiles et policières de ce héros imaginé par Thierry Dubois, autre spécialiste de la route et auteur d’un ouvrage sur la Nationale 7 ! À côté de l’édition régulière, on signalera une édition limitée à 999 exemplaires présentant en noir & blanc les planches crayonnées de l’album.

Grosses cylindrées et bastons chez Paquet
Un parfum délicieusement rétro chez Gipar...

Avec la collection Carenage, on change d’attelage puisqu’il s’agit ici de grosses cylindrées, de bastons, de petites pépées, mais sur deux roues !

Dans Angles morts de Betaucourt et Astier, un mystérieux gang braque des bijouteries avec violence et brutalité. Il est équipé de la Suzuki Hayabusa, une des premières motos commerciales capable de franchir les 300 km/h !
Lors d’un braquage qui tourne mal, Lucas, un motard qui a le malheur de se trouver au mauvais endroit, est assassiné sous les yeux de sa sœur Emma. Celle-ci n’aura alors de cesse que de venger son frère y compris en accusant Will un motard, ancien repris de justice, dont l’équipement ressemble à celui des agresseurs...

Ce dernier va alors mener sa propre enquête, de manière musclée, afin de faire éclater la vérité, avec la complicité involontaire de son accusatrice. La construction de ce one shot s’apparente davantage au western qu’au polar, les motos y remplaçant les chevaux ! Si l’ambiance générale s’apparente aux grands classiques du genre, on croise au fil de ce polar noir et tendu tous les stéréotypes du genre, mais à moto et à deux cents à l’heure ! Le dessinateur, avec ses nombreux cadrages cinématographiques, ses travellings et ses plongées nous invente le "western-cambouis" !

Vitesse et violence pour Angles morts.

Si l’on se fie au titre, on constate que la Hayabusa est bien la véritable héroïne de cette histoire écrite par Xavier Bétaucourt, journaliste familier de nombreux thèmes d’actualité (Noir Metal avec JL Loyer ; Le Chineur avec Didier Pagot) et également motard à ses heures ! La mise en images assurée par Laurent Astier, au graphisme nerveux, documenté et juste.

Sortie au printemps, la série Rider on the Storm reste fidèle à la thématique de la collection. La suite de cette histoire nous permet de retrouver Gaspard Sarini dont les parents ont été assassinés, avant qu’il ne soit lui-même victime d’un mystérieux sniper, ce qui lui vaut trois jours de coma et un bras dans le plâtre. Tout juste arrivé en Angleterre, le jeune homme vient non seulement enquêter sur le meurtre de ses parents mais aussi participer à une course de moto à Mallory Park, comme pilote célèbre, plus connu sous le nom d’Hubert Pirlot.
Pendant ce temps, Jade Antoine, une de ses amies, enquête également sur le meurtre, vraisemblablement lié à une affaire de tableaux volés pendant la dernière guerre. L’intrigue nous entraine aussi bien dans le Londres des nuits interlopes que dans de vieilles querelles d’autrefois.

Enquête et courses-poursuites en cascades dans "Rider"

Le monde de la moto reste encore très présent dans cette histoire dont chaque épisode se déroule dans une capitale européenne différente (Bruxelles dans le premier opus, le "Swinging London" dans celui ci). L’intrigue policière s’étoffe au risque d’introduire parfois un peu de confusion dans ce thriller mené tambour battant sur fond d’ambiance sixties fort bien restituée.
Le dessin semi-réaliste de Baudouin Deville, à la ligne claire et sûre, donne à ce récit une lisibilité qui rend ce récit attractif et crédible.
Au scénario, Géro ne se contente pas de nous plonger dans l’univers des courses officielles et des concerts Rock de cette époque. En distillant son lot de révélations, en prévision du troisième et dernier tome qui aura pour cadre la capitale italienne, l’auteur nous sert un scénario particulièrement dense dont le cadre dépasse largement le cercle des amateurs de grosses bécanes. Une histoire si riche que le lecteur pourrait s’y perdre, mais gageons que le dernier épisode permettra de rétablir la cohérence du récit.
Enfin, les amateurs ne manqueront pas de relever (et de savourer !) dans la bouche de Jo, un des compères de Gaspard dans cette aventure un florilège d’expressions typiquement belges.

À lire et relire sur la route de retour des vacances... passées ou à venir !

(par Patrice Gentilhomme)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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© Illustrations Dubois & Delvaux – Editions Paquet 2014

© Illustrations Bétaucourt & Astier– Editions Paquet 2014

© Illustrations Gero & Baudouin Deville – Editions Paquet 2014

 
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