Gung Ho T. 4 - Colère - Par Th. Von Kummant et B. Von Eckartsberg – Editions Paquet

4 avril 2019 2 commentaires
  • Avec ce quatrième tome, nous replongeons dans l’univers post-apocalyptique aux couleurs flamboyantes du duo d’0utre-Rhin. Déjà récompensée en 2015 par le Prix Diagonale-Le Soir et celui de la Meilleure Série à Solliès-Ville en 2017, fruit du travail de deux auteurs repérés grâce à leur adaptation du best-seller de Wolfgang Hohlbein "La Chronique des Immortels", "Gung Ho" frappe autant par son graphisme que son audace narrative.

En dépit de ses allures de camp de vacances, Fort Apache constitue clairement un refuge pour une communauté retranchée derrière des palissades les protégeant de la "plaie blanche", une mystérieuse menace qui aurait complètement décimé l’humanité.

Dans cet univers où la mort peut surgir à chaque instant, les ados se prélassent en maillot de bain alors même que les rippers, des monstres sanguinaires, constituent une menace permanente.

Ce sont les relations conflictuelles entre adultes et jeunes qui, dans ce contexte, se trouvent au centre du récit. Depuis l’arrivée d’Archer et Zack, les tensions se sont aggravées.

Injustement accusé du viol de Céline, Archer a été exclu de la colonie. Cette sanction provoque une vive réaction des autres ados qui vire assez vite à la rébellion, car ils ont décidé d’une expédition dans la zone interdite afin de venir en aide à leur ami. Une expédition qui, bien évidemment, n’est pas sans risque !

Les adultes ont de plus en plus de mal à gérer une situation qui s’envenime, et qui menace le fragile équilibre de la colonie. À coup sûr, cet avant-dernier tome annonce une conclusion de tous les dangers.

Gung Ho T. 4 - Colère - Par Th. Von Kummant et B. Von Eckartsberg – Editions Paquet

On a déjà eu l’occasion sur ActuaBD de souligner tout l’intérêt de cette série aussi surprenante par son graphisme que par son propos. En réussissant à renouveler le genre avec puissance et originalité, elle place le lecteur dans une situation particulière : bien plus qu’une série de science-fiction, Gung Ho interroge notre futur proche par le traitement bien caractérisé de ses personnages et sa mise en scène efficaces.

Ambiances crépusculaires et esprit de bande, le cocktail explosif de Gung Ho.
A l’image des précédents, cet album est publié sous d’autres formats,

Derrière la saga SF aux tonalités rehaussées et lumineuses, c’est bien un conflit de générations dur et implacable qui nous est décrit au fil de cette chronique au style graphique unique grâce à une parfaite maîtrise de l’outil numérique.

d’autres couvertures.

Il faut accorder aux auteurs un vrai talent de narration. La lente progression de la tension mène à une catastrophe annoncée. Le drame se profile sur fond de soleil couchant et de chaleur estivale. Gung Ho (titre qui se réfère au cri poussé par les Marines pendant la Seconde Guerre mondiale pour se donner du courage) demeure avec ses lumières sublimes et ses couleurs éclatantes une des séries BD post-apocalyptiques les plus convaincantes du moment.

Afin de mettre davantage en valeur le travail de Von Kummant et de Von Eckartsberg, l’éditeur multiplie les différentes éditions afin d’offrir au lecteur la possibilité d’apprécier leur travail dans un format augmenté, sous différentes couvertures, avec une réalisation toujours plus soignée.

Bien classée dans les chiffres de vente, cette série originale s’installe durablement dans le paysage éditorial. La suite, à paraitre l’an prochain, viendra conclure ce cycle de cinq albums époustouflants.

(par Patrice Gentilhomme)

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2 Messages :
  • Comme disait Rosinski, la BD fait trop dans le luxe aujourd’hui. Cette série en est un bel exemple : multiplication des couvertures, albums trop grands, livres trop épais, reflets du papier. Un peu plus de sobriété dans l’édition de ces livres aurait permis de compenser la splendeur du dessin. Là on est dans l’excès, vraiment trop dans le tape-à-l’oeil, ça dessert la série et les auteurs.

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    • Répondu par Pol le 4 avril à  15:29 :

      Faire dans la sobriété pour compenser la splendeur du dessin... au moins, j’ai bien ri.

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