Gus t.4 - Happy Clem - Par C. Blain - Dargaud

12 avril 2017 0 commentaire
  • Après huit ans d’absence, le nouveau volume de Gus, qui parle de tout, sauf de Gus, et toujours avec un rythme endiablé s'inscrit bien dans la ligne artistique et dans l'univers d'un des auteurs majeurs du catalogue Dargaud.

Il aura donc fallu attendre huit ans, mais voici le tome quatre de Gus, l’une des séries les plus connues de Christophe Blain qui fut bien occupé ces dernières années : sortie du second volume de son diptyque Quai d’Orsay, best-seller vendu à plus de 500.000 exemplaires et adapté par B. Tavernier, bande dessinée musicale avec la chanteuse Barbara Carlotti, ou ouvrage artistico-culinaire avec En cuisine avec Alain Passard.

Gus t.4 - Happy Clem - Par C. Blain - Dargaud

Si la série continue à s’appeler Gus, seules les dix premières planches sont consacrées au héros au long nez. Gus Flynn enchaîne crises d’angoisse et remises en question existentielles en plein milieu d’un braquage de train. Après plusieurs années d’inactivité, il a peur d’avoir perdu la main, et lors du partage du butin, les membres de son nouveau gang ont tort de le railler un peu fort : tous sont envoyés manger les pissenlits par la racine. À ce court récit introductif succède un second récit de près d’une centaine de pages, durant lesquelles Gus ne réapparaît pas, ou alors seulement comme un souvenir énervant ses deux anciens associés, Clem et Gratt, jaloux de sa renommée.

Ce long récit est centré autour de la figure de Clem Denner, rangé et devenu, apparemment, honnête, à la tête d’une quincaillerie de San Francisco, voulant surtout subvenir aux besoins de sa femme et de sa fille. Une femme romancière, mais en manque d’inspiration, une fille adorable, mais qui se révèle être à la tête d’un trafic d’armes à feu, la quincaillerie qui part en flammes, et voilà la vie bien cadrée et ses rêves de nouveau riche qui s’envolent… et Clem retrouve Gratt puis redevient braqueur de banques, tout en développant des techniques bien particulières, déguisés en habits de lumière avec haut-de-forme ou usant de manière artistique de la dynamite, après discussion avec un fou de la dynamite, borgne et romantique.

Ce récit multiplie les épisodes délirants, quasi oniriques, truffés d’allusions artistiques (au rockeur Don Van Vliet, alias Captain Beefheart, à l’acteur Gene Wilder, ou à Robert Duvall). On pourrait y voir une métaphore de la construction des États-Unis au XIXe siècle, avec l’évolution lente de la marginalité à la respectabilité, mais en réalité, comme souvent chez Blain, ce n’est pas tant l’intrigue ou les allusions qui importent, que le rythme, pas tant les aventures, que le souffle. Son dessin n’est que mouvement, tourbillon qui nous emporte. La narration virevoltante nous emporte avec elle, et l’on en sort, comme toujours, abasourdi et heureux de cette course folle.

(par Tristan MARTINE)

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