Guy Delisle et Bastien Vivès, moteurs de la collection Shampooing

Par David TAUGIS 21 mars 2013 
Deux univers différents, deux styles affirmés même dans une extrême sobriété, les dernières livraisons de Shampooing dirigée par Lewis Trondheim font la part belle aux gags pour publics ciblés. Une réussite éditoriale incontestable.

Une jolie surprise. Voilà que l’auteur de Chroniques de Jérusalem, Pyongyang et Shenzen nous livre des tranches de vie familiale à la Carabal (Les Gosses).

Derrière ce titre savoureux se niche une série de sketches où Delisle gère comme il le peut les questions et angoisses de ses enfants. Famille, école, sommeil, cadeaux, repas, les thèmes classiques se succèdent, avec des gags plus vrais que nature. L’ensemble se tient bien, dans un style plus dépouillé, plus direct qu’à l’accoutumée, et un noir et blanc seulement habillé de gris judicieux.

Delisle ne se contente pourtant pas de clins d’œils aux parents. Il évoque le monde de la BD à plusieurs reprises, et atteint un sommet dans une scène où sa fille lui montre un dessin. D’abord serein et encourageant, le papa s’implique au fur et à mesure, puis finit par un jugement de professionnel totalement catégorique. On peut également citer la scène des céréales "du Canada" ou comment abuser de la mauvaise foi régressive...

Pour le lecteur comme pour Guy Delisle, ce charmant petit album représente une récréation maligne -et parfois touchante- sur les réalités de nos quotidiens entre gris et bleu.

Guy Delisle et Bastien Vivès, moteurs de la collection Shampooing
© Delisle/Guy Delcourt Productions 2013

Bastien Vivès, comme Delisle, a lui déjà largement contribué à la collection, avec ses extraits de blog sur le jeu vidéo, l’amour, la famille, la guerre et la blogosphère.

À la fois représentatif d’un état d’esprit urbain et trentenaire, mais aussi d’une attitude geek assumée, on aurait pu attendre pour ce tome qu’il soit saignant à souhait. Mais l’auteur reste plutôt dans des chemins balisés. Certains de mes collègues restent séduits, je reste pour ma part un peu déçu, y voyant surtout une bonne dose de défoulement et la charge sarcastique habituelle.

(par David TAUGIS)

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5 Messages :
  • D’un coté, Delisle qui a cessé de nous proposer ses jolis carnets de voyage ou autobiographies exotiques pour se consacrer au périple de la garde d’enfant et des premisses d’éducation, de l’autre un dessinateur doué au trait rapide et facile (la Boucherie, les livres sur les yeux, la piscine ou la petite danseuse, il publie trop, j’en oublie ses titres ) qui duplique vingt fois le même dessin, avec un scénario trache-destroye qui parait-il amuse les jeunes du moment... C’est ça, le moteur (à deux temps ??) de la collection Shampooing ? Je rappelle que les bons salons de coiffure proposent aussi le Rasage !

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  • Guy Delisle et Bastien Vivès, moteurs de la collection Shampooing
    21 mars 2013 15:42, par la plume occulte

    La collection Shampooing ça semble aller de soi pour Vivès le chevelu,mais qu’enfin un critique le trouve rasoir ça va sonner comme une victoire pour lui....Arf arf !!

    C’est au poil.Ça s’appelle la virilité tardive.

    La maturité devrait suivre.

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  • Vivès n’a que 29 ans. Attendez encore un an avant de qualifier ses bds de "trentaire".

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  • Voilà que l’auteur ... nous livre des tranches de vie familiale à la Carabal (Les Gosses).

    Bof, c’est plus du niveau de Pico Bogue, très très convenu et dispensable donc.Guy Delisle profite d’être la hype de la presse, mais il n’y a pas grand-chose derrière.

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    • Répondu par Oncle Francois le 24 mars 2013 à  17:56 :

      Pico Bogue a beaucoup emprunté à Sempé, il me semble.... Mais il parait que cela se vend bien. Normal que Delisle ait aussi envie de faire un album commercial puisqu’il a toute une petite famille à nourrir ! On ne vit pas que d’amour et d’eau fraîche après tout...

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