Guy Dessicy (Publiart, fondateur du CBBD) : « La BD, c’est mon lait, ma nourriture, mes racines ! »

17 juin 2011 3 commentaires
  • Figure discrète du monde de la bande dessinée belge, {{Guy Dessicy}} en a pourtant été l’un des acteurs importants. Cet ancien assistant et coloriste d’Hergé a dirigé pendant plusieurs décennies l’agence de publicité [Publiart->11959], présidée par {{Raymond Leblanc}}. Ensemble, ils vont développer une synergie inédite pour promouvoir le catalogue de l'éditeur, précurseur de ce qu'on appelle aujourd'hui le cross média. Une exposition consacrée à cette agence est visible au Centre Belge de la BD de Bruxelles jusque début octobre. Rencontre avec l'octogénaire actif, optimiste et pétillant qui fut aussi le fondateur de cette institution incontournable de la BD belge.

Dans quelles circonstances l’agence Publiart a-t-elle été créée ?

Par hasard ! Comme pour la plupart des actions que j’ai réalisées tout au long de ma vie. En 1947, après avoir effectué mon service militaire, j’ai été engagé par Hergé pour l’assister dans son travail alors qu’il habitait Avenue Delleur, dans la commune bruxelloise de Boitsfort.

Edgar-Pierre Jacobs venait de le quitter pour se consacrer entièrement à Blake et Mortimer. Hergé lui cherchait un remplaçant. Mais pour être le bras droit d’Hergé, il aurait fallu que je sois tout aussi talentueux que Jacobs ! Hergé m’a appris quelques ficelles du métier de dessinateur, dont le sens de la perspective. Il n’avait guère de temps à me consacrer. Il devait travailler sur des choses plus importantes, et a donc demandé à Jacques Van Melkebeke [1] de me former. Je me souviens encore du premier cours que m’a donné Jacques. Il a sorti de sa poche son mouchoir en tissu et l’a manipulé dans tous les sens pour faire un nœud. Il l’a posé sur la table et m’a demandé de le dessiner. Je me suis exécuté, et je me suis rendu compte qu’il n’y a rien de plus difficile que de dessiner un nœud au crayon (Rires). Pourtant, j’ai toujours été passionné par le dessin. J’avais 22 ans et je sortais de l’Académie. À l’époque, je rêvais de vivre de ce métier. Hergé le savait. Je suis finalement devenu son coloriste, et l’ai aidé un temps en dessinant des décors peu sophistiqués.

Rapidement, j’ai réalisé des couleurs pour d’autres auteurs. Après avoir passé ma journée dans le studio d’Hergé, je rentrais chez moi et je me remettais au travail. Entre 1948 et 1953, j’ai travaillé sur Barelli pour Bob De Moor, sur Blake & Mortimer pour Edgar P. Jacobs (Le Mystère de la Grande Pyramide), pour Bob et Bobette de Willy Vandersteen (Le Fantôme Espagnol, la Clef de Bronze), sur Corentin pour Paul Cuvelier, etc.

J’allais porter mes couleurs à la rédaction de Tintin. Raymond Leblanc, le créateur des éditions du Lombard, me donnait souvent d’autres travaux. J’ai réalisé, par exemple, les étalages pour une exposition au Palais des Beaux-arts de Bruxelles lors de la journée de l’enfance et de la jeunesse en 1952. J’ai aussi créé les étalages du magasin Tintin.

Guy Dessicy (Publiart, fondateur du CBBD) : « La BD, c'est mon lait, ma nourriture, mes racines ! »
Raymond Leblanc et Guy Dessicy, le 26 septembre 2006
... Jour des 60 ans du Lombard - (c) Nicolas Anspach

Pourquoi avez-vous cessé votre collaboration avec Hergé ?

J’avais besoin de faire autre chose. J’ai été heureux de travailler à ses côtés. Mais le travail était un peu répétitif. Je réalisais à l’écoline le pull bleu de Tintin, puis le ciel des décors dans un autre bleu… Nous devions fournir des couleurs différentes pour le journal et pour l’édition en album destiné aux éditions Casterman. Je devais donc faire deux fois le travail. Hergé sentait que j’étais fait pour autre chose et il était loin de s’opposer à mon départ. C’est là qu’intervient la création de Publiart.

Justement, comment nait cette agence en 1954 ?

Je terminais la vitrine du magasin des éditions du Lombard consacrée au « Timbre Tintin ». Ce dimanche-là, je croise Raymond Leblanc. Nous avons bavardé de choses et d’autres et, dans le fil de la conversation, je lui conseille de créer une agence de publicité. Il me répond qu’il en possède déjà une.
Son associé, Georges Dargaud, avait créé une agence à Paris qui s’appelait Publiart. Afin de développer des synergies entre les différents groupes, Raymond Leblanc avait également créé une société de droit belge qu’il a baptisée du même nom. C’était une société « dormante » qui n’avait pas eu beaucoup d’activité jusqu’alors. Leblanc me proposa dès lors de prendre la direction de cette structure. Je me suis rendu à Paris plusieurs fois pour observer l’activité de l’agence parisienne. Raymond Leblanc me donna carte blanche pour diriger la société selon ma propre stratégie, mes propres idées. Il n’y a mis qu’une seul condition : il voulait que la société soit rentable !

Avec Publiart, Lucky Luke porte les jeans Salik
(c) Morris.

C’était novateur à l’époque. Comment convainquiez-vous les sociétés ?

Raymond Leblanc avait déjà mis en place les strips publicitaires et il avait déjà la confiance de quelques sociétés. Je me suis inspiré de son modèle dans un premier temps. Mais, très rapidement, j’ai décidé de faire évoluer la société. Cela n’aurait pas été passionnant de ne vendre que des petits bandeaux. J’ai toujours été guidé par la création et le rêve. Je préférais le rêve à l’argent. J’avais un slogan : « Rêver d’abord, contrôler ensuite ! ». Lorsque Raymond Leblanc l’a appris, il a été quelque peu choqué. Heureusement que je lui rapportai de l’argent ! (Rires)
J’ai toujours privilégié un lien direct avec les décisionnaires, les directeurs généraux des entreprises. À l’époque, le monde des affaires était différent. On pouvait encore débarquer à l’improviste dans une société et demander un rendez-vous avec le patron. Et j’ai créé peu à peu des liens de confiance avec ces annonceurs aidé par ma passion pour l’affiche et le théâtre.

C’est plutôt singulier.

Aujourd’hui, peut-être. Mais pas à l’époque. Savez-vous que bien avant de s’imposer dans la bande dessinée, Hergé voulait faire de la publicité ? En 1933, il avait créé un atelier de publicité à l’Avenue des Péniches (à Bruxelles) où il a réalisé de nombreuses affiches. J’avais la même passion qu’Hergé pour l’affiche. Pourquoi ? Parce que c’est une image qui fait passer un message avec quelques mots. Un philosophe a dit : « L’affiche est un télégramme à l’esprit ». J’ai toujours été profondément attaché à la clarté et à la transmission du message. Cela me rend malade de voir un panneau publicitaire dont je ne comprends pas le sens du message.

Un de mes vieux amis, le scénariste Yves Duval que je connaissais depuis l’époque Capelle-Aux-Champs [2]... Yves Duval venait d’intégrer le département jeunesse de Publiart, après avoir travaillé pour le Théâtre National. Yves me proposa de rencontrer Jo Dekmine, le fondateur du « théâtre 140 ». Dekmine était un passionné, un révolutionnaire pour son époque. Publiart a réalisé les affiches de son théâtre pendant des années, et je m’arrangeais pour que certains clients de l’agence aident financièrement ses activités avant-gardistes. Cette activité ne rapportait pas un franc à Publiart, mais cela me permettait d’inviter à des spectacles des prospects et des clients. Nous avons été partenaires pendant à peu près dix ans ! Peu à peu, grâce à cela, j’ai élargi ma clientèle : Les biscuits Tuc, les cafés Rombouts, le parc d’attraction Walibi, etc. J’ai fait chanter des vedettes pour certaines de ces publicités, comme par exemple Annie Cordy pour la geuze Belle-Vue, ou Gilbert Becaud, à Anvers, pour Rombouts. Le jeune Philippe Geluck a été acteur pour un spot télévisé pour Walibi. Et puis, pour les biscuits d’apéritif de Parein, j’ai inventé le slogan incroyable : « As-tu ton Tuc ? ». Il est toujours dans la mémoire collective.

Avec Publiart, Annie Cordy fait de la publicité pour Belle-vue

Pourquoi cette passion pour le Théâtre ?

L’un de mes amis de jeunesse était Marcel Dehaye qui fut le secrétaire particulier d’Hergé avant l’arrivée de Baudouin Van Den Branden. Il avait signé des billets sous le pseudonyme de Jean De La Lune dans Le Soir durant la guerre. Et après la Libération, il s’est spécialisé comme critique théâtral pour différents journaux. J’ai fait ma culture auprès de lui et des autres membres de Capelle-Aux-Champs. À l’académie, je passais plutôt mon temps à chahuter…

Le sigle de Publiart représentait un gant de boxe, avec une rose !

Effectivement. Cela symbolisait notre état d’esprit. Notre agence avait du punch, et le disait avec douceur … Blaise Cendrars disait que la publicité était une manifestation de l’optimisme. À vrai dire, je suis viscéralement un optimiste. Et l’un des éléments qui a fait ma différence, mon axe de vie, c’est précisément le goût de vaincre l’indifférence.

Vous montiez également des campagnes de manière plus conventionnelle, sans utiliser la bande dessinée…

Oui, la bande dessinée a toujours été utilisée en permanence par Publiart. Mais elle n’était pas une source suffisante de profit. Les promotions rapportait un peu plus d’argent, c’est vrai. Mon équipe était composée de douze personnes, dont neuf créatifs. J’ai eu aussi la volonté d’ouvrir l’agence, et de créer une structure internationale qui s’appelait l’E.M.A.D. (European Marketing Advertising). Nous avions des bureaux dans plusieurs pays : Norvège, France, Belgique, Angleterre, etc. Je voulais organiser des campagnes communes dans ces différents pays. Mais je me suis trompé : À l’époque, le contexte était différent. Les agences de chaque pays voulaient garder leur propre personnalité.

"As-tu ton Tuc ?", un slogan qui a traversé les générations.

Pourquoi avez-vous démissionné de Publiart ?

Au bout de 30 ans, j’étais saturé. Les règles changeaient. La concurrence devenait plus féroce. Et j’ai accroché à une autre folie, la Maison Cauchie [3]. Raymond Leblanc a engagé un nouveau directeur à la fin des années 1970. C’était plus un théoricien. Il a passé trois années à écrire des rapports, sans réellement apporter de grosses affaires. J’ai continué à collaborer à Publiart en gérant des dossiers de l’extérieur. Mais la foi n’y était plus.

En me promenant avec mon épouse, nous sommes tombés sur une vieille maison Art Nouveau dans un état de délabrement indescriptible. Nous l’avons rachetée en 1980 pour la restaurer. Cette maison est le lien entre mes différentes passions. Sa façade est une affiche et nous avions pensé à créer dans ce bâtiment un musée autour de Tintin. Hergé nous avais même donné son aval. Finalement, la maison Cauchie a trouvé une autre affectation. Heureusement d’ailleurs. Dans quel état serait cette maison aujourd’hui, compte tenu de l’évolution de la notoriété de Tintin [4] ?

En 1984, vous fondez l’ASBL du Centre Belge de la BD dans le bâtiment des Magasins Waucquez dessiné par Victor Horta, racheté par la Régie des Bâtiments.

Oui. Cette envie de musée autour de Tintin ne s’était pas concrétisée, mais j’ai eu l’opportunité de me lancer dans une aventure encore plus intéressante. J’ai reçu un jour un appel téléphonique de Jean Breydel qui, au sein de la Commission Culturelle Française de Bruxelles, organisait une vaste réflexion sur le patrimoine architectural bruxellois. Il m’apprend qu’il venait de visiter les ruines du 20 rue des Sables, à Bruxelles. Il me dit avec humour : « Puisque vous aimez les ruines, j’en connais une énorme… complètement à l’abandon ! On y cuit même des merguez à l’intérieur. Les vitres et vitraux s’écroulent ». J’ai immédiatement sauté dans ma deux-chevaux pour voir ce bâtiment. J’étais sous le charme. Je lui ai dit que j’étais d’accord pour qu’on s’y investisse. On n’avait pas un franc ! (Rires) Les sept héritier-propriétaire ne savaient pas quoi faire de ce bâtiment. Nous avons donc essayé de sensibiliser l’état à cette acquisition. Mais ce n’était pas facile. Nous étions au début des années 1980, et Victor Horta et plus globalement l’Art Nouveau n’avaient pas le retentissement que nous connaissons aujourd’hui ! De plus, le bâtiment des magasins Waucquez étaient en décrépitude. Jean Breydel, Michel Leloup (un ancien de Belvision), Bob De Groot et moi-même, avec quelques autres fous, décidons de fonder une ASBL pour donner un peu d’aura à ce phénix [5]. Grâce à mes contacts, j’ai obtenu de la société Coca-Cola un don d’ un ou deux millions de francs belges qui nous a permis d’éditer un livre sur les auteurs de BD belge (« le Livre d’Or de la BD »), et de faire une rénovation partielle en vue de faire un happening. Cela nous a permis de débloquer la situation avec les pouvoirs publics.

En 1975, Publiart crée la silhouette du plus célèbre Kangourou belge, celui du parc d’attraction Walibi. L’agence opte pour la couleur orange.

Pourquoi cet attachement à la bande dessinée ?

La BD, c’est mon lait, ma nourriture, mes racines ! J’ai vécu mes plus belles années en travaillant pour Hergé, en coloriant ses histoires et en réalisant quelques décors. Je me souviens encore du premier travail efficace que j’ai réalisé chez lui. Je devais retravailler Popol et Virginie pour que cette histoire paraisse en album. Il m’a d’ailleurs dédicacé cet album avec les mots suivants : « À mon cher Guy-mauve Dessicy, coloriste patient et minutieux, qui m’a tellement marché sur les pieds que cet album a fini par sortir. Très amicalement. Hergé. 16/10/1952 ».

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le Centre Belge de la BD ?

Je n’aurais jamais imaginé son évolution en participant à sa création. Lorsque je descends les escaliers du CBBD, et qu’il n’y a pas grand monde dans le musée, je songe avec beaucoup d’émotion à ce parcours extraordinaire. C’est une chose exceptionnelle dans le domaine de la BD, de l’art, à Bruxelles. Incomparable avec tout ce qui s’est fait ailleurs. Nous avons eu le mérite d’avoir eu l’idée d’additionner les deux plus grands points forts de l’art belge : l’Art Nouveau et la Bande Dessinée… Hergé, et Victor Horta ! Et ce Musée est toujours debout presque trente ans après ! C’est incroyable.

J’espère que le CBBD va être enfin officiellement reconnu. Nous ne sommes que très peu subsidiés. Les aides que nous recevons sont ridicules par rapport à l’importance du lieu et de sa notoriété. Nous n’avons que des aumônes. En France, on nous porterait au pinacle !

On a pourtant tenu le coup, malgré le fait que nous ayons eu pendant des années les huissiers à nos portes pour nous réclamer un loyer énorme que nous n’étions pas capables de le payer. À l’époque, nous étions en faillite virtuelle. L’action des huissiers était plutôt symbolique. La Régie des Bâtiments n’avait évidement pas l’envie de nous mettre dehors. Heureusement, le Ministre des finances Didier Reynders a effacé notre ardoise et nous a fait grâce du paiement du loyer. Jean Auquier a été nommé directeur du centre et en a revu la gestion. C’était nécessaire. Le CBBD était devenu poussiéreux, au sens propre comme au sens figuré !

Les expositions ne se renouvelaient pas. Grâce à l’effacement de notre dette, nous avons pu avoir les moyens d’opérer des changements. Aujourd’hui, le CBBD est plus dynamique. On va vers un assainissement, un développement et un rajeunissement sur base de l’expérience du passé !

Mis à part Hergé et Raymond Leblanc, quelles sont les autres personnalités qui vont ont marqué ?

Il y en a beaucoup ! Au point de vue artistique, il y a Hergé, Paul Cuvelier et Franquin. Et puis, il y a Jacques Van Melkebeke qui est mort bien trop tôt. J’espère qu’il sera un jour reconnu pour son travail de peintre. Peut-être dans cinquante ans ? Et puis, Evany. J’ai des dessins à mes murs représentant les membres de Capelle-aux-Champs : Jean Libert, le Père Bonaventure Fieullien, Marcel Dehaye, les épouses de Libert et d’Evany. Tous ces originaux peints par Evany n’ont aucune valeur financière. Ils sont en partie la cause de mes insomnies et de mes interrogations. Comment transmettre ces choses qui n’ont une valeur que parce que je les ai vécues ? Je suis entouré de dessins, de peintures, de livres, de lettres de tous ceux que j’ai connus. J’aimerais que toute cette collection reste entière et que les pouvoirs publics prennent conscience de l’intérêt de cette maison et plus particulièrement de cette collection qui est largement consacrée à Capelle-aux-Champs, à la bande dessinée et à l’Art Nouveau.

Vous avez eu un parcours extraordinaire…

Je crois. Lorsque nous regardons en arrière, mon épouse et moi-même, nous en sommes les premiers étonnés. Un jour, on m’a demandé de dire qui je suis. J’ai pris un porteplume, et un papier et j’ai écrit : « Je suis le bénéficiaire de cadeaux en permanence : les rencontres que j’ai faites dans la vie, les livres que j’ai lus, et qui ont fait ce que je suis : un enthousiaste dont l’action passe toujours par le filtre de la beauté ». Oui, je suis définitivement un obsédé de la beauté !

Quels souvenirs gardez-vous aujourd’hui de Capelle-aux-Champs ?

Unique ! Ma famille était anticléricale. En sortant de l’école, avant-guerre, je criais « à bas la Calotte ! » à tout-va. C’était, à l’époque, une habitude d’avoir ce comportement dans ce milieu.

Et grâce à Marcel Dehaye, je rencontre ce groupe d’amis, composés de chrétiens profonds. Je m’aperçois qu’ils évoquent des sujets dont on n’osait même pas parler dans ma famille, alors que cette dernière était plutôt libre d’expression. Ce groupe allait à la messe. On parlait de philosophie, d’art sous toute ses formes (peinture, gravure, illustration, etc). Quand ils sortaient, ils chantaient du jazz ou des morceaux de Charles Trenet, Mireille, Jean Sablon, etc. Ils avaient tous dix ans de plus que moi. J’étais le petit gamin qui écoutait et admirait tous ces gens. Capelle-Aux-Champs a eu une grande influence dans ma vie. Grâce à eux, tout au long de ma vie, je me suis sans cesse remis en cause

Léo, l’épouse de Guy Dessicy, a participé avec force et conviction aux différentes activités de son mari. On aperçoit derrière eux, sur la photographie, l’un des superbes sgraffites de la Maison Cauchie.
(c) Nicolas Anspach

(par Nicolas Anspach)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.


Lire aussi : L’aventure de Publiart : Quand la publicité découvrait la BD (Juin 2011)

Guy Dessicy sur actuabd.com, c’est aussi :
- "Guy Dessicy, le co-fondateur du CBBD honoré par l’UBEMA Award" (Octobre 2009)
- "Visite royale au Musée Marc Sleen et au Centre Belge de la BD" (Juin 2009)
- "L’immeuble du Centre belge de la BD a 100 ans !" (Décembre 2005)


Exposition Publiart, jusqu’au 2/10/2011 :

Centre Belge
de la Bande Dessinée
Rue des Sables 20
1000 Bruxelles
Tél. : + 32 (0)2 219 19 80
Fax : + 32 (0)2 219 23 76
visit@cbbd.be


Lien vers le site du CBBD et de la Maison Cauchie
La Maison Cauchie peut être visitée par le public le premier week-end de chaque mois.

L’interview vidéo présentée sur Youtube a été réalisée par le Centre Belge de la BD

Photos : (c) Nicolas Anspach

[1Jacques Van Melkebeke a souvent été un initiateur d’idées pour Hergé et Jacobs, voire selon certains leur « co-scénariste » discret. Il fut le premier rédacteur en chef – clandestin - du journal de Tintin, auteur de la maquette des premiers numéros, avant d’être écarté du journal rattrapé par des faits de collaboration qu’on lui reprochait.

[2Un petit groupe d’intellectuels et d’artistes se réunissaient à l’initiative du Père Bonaventure Fieullien, pour philosopher et parler d’art. Parmi les membres de Capelle-Aux-Champs, on comptait Evany (le premier directeur artistique du journal de Tintin), l’écrivain Jean Libert, le journaliste et écrivain Marcel Dehaye (qui deviendra plus tard le rédacteur en chef de Tintin (1959-1966), succédant à André Fernez. Il sera remplacé par Greg), le journaliste et scénariste Yves Duval et bien sûr Hergé. Une photographie du groupe prise durant l’été 1936 témoigne de la présence du jeune Guy Dessicy, alors âgé de 12 ans,

[3La Maison Cauchie est considérée comme une des plus belles œuvres de l’Art Nouveau à Bruxelles. Située au n°5 de la rue des Francs, face au Parc du Cinquantenaire, elle a été édifiée en 1905 par l’architecte, peintre et décorateur Paul Cauchie (1875-1952), pour son usage personnel. La Maison Cauchie comporte nombre d’éléments décoratifs exceptionnels, dont des sgraffites Art Nouveau très fameux. La décoration extérieure et intérieure du bâtiment, avec ses représentations de femmes stylisées d’influence préraphaélite, constitue un ensemble unique en son genre. On peut la visiter le premier week-end de chaque mois.

[4Une petite partie de la Maison Cauchie est consacrée à Capelle-Aux-Champs et à Tintin. On peut y apercevoir un portrait d’Hergé peint par Jean Laudy et des croquis d’étude fait par Bob De Moor sur le projet de Musée Tintin à la Maison Cauchie.

[5Guy Dessicy et Eddy Ryssack furent les premiers directeurs du CBBD. Bob De Moor fut le premier président de l’ASBL. La première équipe était composée de Michel Leloup, Charles Dierick, Jean Auquier, Michel Vandenbergh et Léo Dessicy

 
Participez à la discussion
3 Messages :