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Havank, tome 1 : Casse-tête - Par Danier - Glénat

  • L'inspecteur Havank enquête pour démasquer les assassins d'un agent "alleumand", dépositaire de papiers compromettant son pays dans l'annexion de l'"Otriche". Tel un trésor caché, cet album revisite avec brio le style franco-belge des grandes années. A découvrir !

L’inspecteur Havank n’est pas un policier comme les autres. Peut-être parce qu’il a dans les yeux cette lueur amusée du flic dupe de rien. Et dans le verbe, cette chaleur qui le rend sympathique à ses amis autant qu’elle fait croire à ses ennemis qu’il n’y a pas lieu de se méfier de lui. Ce qui est une grossière erreur ! Car Havank est bien plus redoutable qu’il n’y paraît...

Envoyé dans la riante cité de Cognes-sur-Mer, où, dit-on, se trouverait un document politique ultra-secret attisant la convoitise de tout ce que l’Europe compte de barbouzes et d’agents doubles ou triples, Havank va mettre les pieds dans une très sale affaire.

Havank, tome 1 : Casse-tête - Par Danier - Glénat

En jetant un oeil sur les premières planches de cet album, vous ne pourrez vous débarrasser d’une agréable sensation de déjà-vu. Dans un style humoristique franco-belge, Havank est un hybride entre les séries policières de Maurice Tillieux, et le trait plus bondissant de Franquin. Ces comparaisons peuvent paraître présomptueuses, et pourtant certains détails ne trompent pas : les carrosseries soignées et l’importante place des voitures au sein de l’album, un suspense policier mené de bout en bout tout en présentant une satire bien sentie de la Guerre froide, des cascades à la pelle et des poursuites endiablées qui provoquent des situations toutes aussi cocasses que drôles.

Nous n’avons pourtant pas affaire un jeune auteur : Danier est né en 1945 et a déjà signé bon nombres d’albums tout en travaillant également pour Disney. C’est l’équipe éditoriale de Glénat qui s’est mise en tête de nous faire découvrir ce dessinateur renommé aux Pays-Bas, adaptant ici un polar de son pays.

Sans arriver au niveau de Maurice Tillieux, certains gags sont vraiment drôles, une mention spéciale étant accordée aux localités du sud de la France et leurs orthographes détournées. Rendant hommage au polar, l’intrigue est touffue, et on peut se perdre parfois entre les différents personnages, déguisés ou pas, et les espions allemands dont les noms à coucher dehors ne sont pas toujours des plus mémorisables.

N’en doutons pourtant pas, cet album ravira les nostalgiques de l’âge d’or de la BD. Ils tenteront de distinguer le vrai du faux, aux côtés d’un inspecteur Havank dont on attend déjà la prochaine enquête.

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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8 Messages :
  • je crois qu’il s’agit en fait de Daan Jippes, qui a fait les belles heures des titres Disney en Hollande.

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    • Répondu par Charles-Louis Detournay le 20 septembre 2008 à  12:27 :

      C’est exact !!!

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  • Havank, tome 1 : Casse-tête - Par Danier - Glénat
    20 septembre 2008 13:48, par jpa

    pour mieux se convaincre de ce que Danier doit au Franquin des années 60, il suffit de lire les deux planches de Spirou intitulées "André m’a tuer" parues dans Casemate n°4, sur un scénario de Yann.

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  • Bien-sûr, l’exercice de style semble réussi, mais est-ce bien utile de faire du faux, de la copie ?

    Là où un Chaland sublimait, recréait, synthétisait et faisait sien l’héritage des anciens, Danier ne fait qu’un petit pastiche avec application, mais sans personnalité.

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    • Répondu par Andre Oosterman le 26 octobre 2009 à  14:26 :

      I can read French, but I cannot write it, hence my reply in English. I’m Dutch, and just finished reading the first two Havank stories in the original. In my opinion, the author of the message to whom I respond has made an accurate observation : unlike Chaland, Danier does not "go beyond" (sublimait etc.) Franquin or Tillieux, he merely copies them. In his defense, I would like to point that Danier - in an interview in Eppo 2009/10 - fully admits this. Havank was made in honour of the comics Jippes enjoyed when he was a kid (we are talking about the 1950s, the good man is 64 now). Jippes is on record as considering Franquin the greatest comic book maker, together with Carl Barks. He also confesses (although "hastens to point out" is a better phrase) that he has deliberately copied Tillieux’ 4 x 3 "wafer iron" as a means to stick to the original way of story-telling. Just so that you know.

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  • Enfin du Jippes en français
    20 septembre 2008 22:37, par marcelinswicth

    ça fait plaisir de voir Daan Jippes se faire traduire et éditer en France. C’est un auteur qui le mérite.
    Il existait bien un autre album, épuisé depuis longtemps, chez Glénat également, "les aventures de Bernard Prudence", qui rôdait plus graphiquement entre Uderzo et Franquin.
    Avec "Casse-tête", ça fait deux ; en espérant en voir d’autres...

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  • Havank, tome 1 : Casse-tête - Par Danier - Glénat
    21 septembre 2008 11:41, par Bertrand

    C’est assez beau, ça lorgne effectivement du côté de Franquin-Tillieux, un peu du style Disney (une sorte de Claude Marin), avec parfois des erreurs graphiques étonnantes.

    Mais quels lourdeurs au niveau des noms, pour moi impossible d’adhérer à ces jeux de mots digne d’un Lagaf’ (pas Gaston mais celui du Bigdil). Ce qui ce veut un hommage n’arrive pas à ce dépatouiller d’un scénario tiré par les cheveux.

    Et la traduction n’est pas toujours très claire... Ca me ferait presque penser à certain Roco Vargas parut chez Norma qui sont incompréhensible.

    Quel déception pour un album qui me semblait si prometteur !

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    • Répondu le 21 septembre 2008 à  20:32 :

      des erreurs graphiques étonnantes.

      Oui, d’énormes problèmes de mise en place dans les perspectives, des abberations. Style, la voiture au raz de la case et les personnages qui marchent plus bas. Jamais Franquin ou Tillieux n’auraient fait de telles choses.

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