Hawkeye - Petits Coups - Par Matt Fraction & David Aja - Panini Comics

3 décembre 2013 4 commentaires
  • Capable de susciter autant l'enthousiasme de son lectorat que l'ire de celui-ci, le controversé scénariste {{Matt Fraction}} nous offre ici ce qu'il peut y avoir de plus passionnant à lire ces derniers mois chez l'éditeur Marvel ! Panini Comics propose depuis fin novembre le deuxième volume de la série {Hawkeye}, perle signée par le duo Fraction/{{David Aja}} qui peut agrémenter sans remord votre liste d'achats pour les fêtes de fin d'année.

En 2012, Matt Fraction crée une série nouvelle pour un personnage qui est souvent relégué à l’arrière-plan dans les souvenirs des lecteurs : Clint Barton, plus connu sous le costume de l’Avenger Hawkeye.

Clint est un peu à part dans cet univers de super-héros : élevé pour être un voleur, il quittera bien vite ses habitudes de gredin pour devenir l’un des premiers membres des Avengers mais aussi... il est l’un des rares super-héros chez Marvel à ne pas avoir de super-pouvoirs !

Fraction s’intéresse principalement, dans sa série, à raconter ce à quoi peut bien ressembler la vie quotidienne de Clint lorsqu’il n’a pas une mission pour sauver le monde sur le feu avec les Avengers. Autant l’avouer, cette vie de tous les jours n’est pas de tout repos...

Si la plupart de ses collègues Avengers habitent des demeures luxueuses ou de non moins confortables appartements prêtés par le gouvernement américain, Clint est un type de la classe moyenne qui vit à Brooklyn, dans un appartement modeste au voisinage cosmopolite. Souvent amoché par ses aventures ou en convalescence, Clint se retrouve régulièrement à vivre cette vie ordinaire de citadin qui lui sied bien. Malheureusement pour lui, Clint sait surtout attirer deux choses vers lui : les ennuis et la colère des femmes.

Hawkeye - Petits Coups - Par Matt Fraction & David Aja - Panini Comics
Problème(s) en vue ?
© Marvel – Panini Comics

Sous la plume de Fraction, Clint se retrouve à devoir gérer simultanément une mafia russe en survêtements désuets qui n’est pas ravie d’avoir perdu pied dans le quartier à cause de lui, un divorce qui s’éternise eu égard à la capacité des deux parties à mourir et à renaître sans prévenir, des amies et des ex qui s’interrogent sur le devenir de sa vie, un chien borgne et âgé qui réclame la tendresse qui lui est due... Le lieu sert aussi de repère à une jeune Avenger (Kate Bishop) qui a déjà repris l’arc de Hawkeye lorsqu’il n’était plus de ce monde. Si l’on ajoute à cela l’obligation de survivre à une situation périlleuse à cause de l’ouragan Sandy ou bien encore l’envoi par les hautes strates de la mafia new-yorkaise d’un terrible assassin, le programme est chargé pour Clint dans ce volume !

Ce qui fait la force de ce récit, c’est assurément son trait et sa sensibilité. Abordons tout d’abord à cette dernière : Fraction trouve à chaque fois le bon angle pour que son lecteur soit intéressé par les déboires de Clint. Dépassé par les évènements alors qu’il aspire à l’accalmie, Clint est présenté comme un personnage foncièrement humain qui n’a pas à chaque fois la bonne réponse aux problèmes qui se posent à lui, notamment dans les relations avec ses proches.

Le parallèle entre l’image de bon-à-rien qu’a de lui Clint et la haute estime de l’homme qu’ont ses proches est très souvent touchante et donne une dimension sensible appréciable à cet univers extravagant qu’est celui des super-héros.

Comme évoqué précédemment, le travail du dessinateur David Aja fait des merveilles avec cette série : chacun des épisodes où il officie est un véritable régal pour les yeux. Il n’est pas étonnant d’apprendre que le dessinateur espagnol a raflé cette année les prix Eisner du meilleur dessinateur et de la meilleure couverture grâce à cette série.

Évoluant dans un registre graphique proche de ce que pouvaient être les comics dans l’après-guerre, le titre présente un caractère bien singulier et éloigné des canons contemporains du genre. De plus, la gestion des planches confine au génie lorsqu’elle appuie des initiatives originales du scénario, comme par exemple l’épisode centré sur le chien Lucky.

Tout, absolument tout, est centré sur lui : sa perception du monde, des humains, ses centres d’intérêts sont représentés de manière astucieuse sur les planches qui, parfois, sont élaborées d’un seul tenant pour rendre compte de ses mouvements. D’un procédé que l’on pourrait concevoir comme un gadget lors des premières planches, on se retrouve finalement avec un épisode qui n’est pas superficiel et qui même s’avère décisif pour le récit ; un très beau moment de lecture.

Une vie de chien selon Fraction et Aja
© Marvel – Panini Comics

Hawkeye est une série à ne pas manquer, et ce pour n’importe quel amateur de bande-dessinée. Ce second recueil en particulier est incontournable tant il est généreux en moments de riches découvertes.

(par Romuald LEFEBVRE)

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4 Messages :
  • Un traitement atypique pour du Marvel récent. Fraction semble avoir livré un scénario qui privilégie les données personnelles de l’humain. Quant au dessin de l’Espagnol David Aja, il est aux antipodes des masses musculaires hypertrophiées que réclame l’amateur de base des comics mainstram. Coté épuration, cela semble lorgner du coté des grands Maîtres, comme Toth ou Mazzucchelli. Rien d’étonnant dans ces conditions que le premier Hawkeye figure dans la liste d’Angoulême.

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    • Répondu par Antoine Boudet le 4 décembre 2013 à  20:28 :

      Il fallait bien que le traitement d’Hawkeye soit atypique étant donné que le personnage fait autant rêver qu’une bouillie de têtes de poisson.

      Au delà de ça, seul le trait d’Aja fait l’intégralité du boulot tant le scénario de Fraction est interchangeable avec tout autre scénariste de l’industrie.

      Il n’en reste pas moins que cette sortie reste la plus grosse sortie de chez Panini pour cette fin d’année.

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  • Est-ce que les tomes se suivent ou sont indépendants ? j’hésite à le prendre, mais si c’est surtout le dessin qui vaut le détour, je ne suis pas sûr que ca me plaira plus que ca.

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    • Répondu par Romuald Lefebvre le 4 février 2014 à  21:06 :

      Il y a une trame de fond dans cette série, donc les tomes ne sont pas indépendants les uns des autres. La majorité des situations dans lesquelles se retrouvent les personnages dans ce deuxième tome ne nécessitent pas une connaissance pointue de la série (tout au plus un coup d’œil à la biographie fictive de certains personnages pour comprendre leurs relations), néanmoins, les passages les plus importants s’appuient sur un scénario débuté avec le tome précédent.

      Après, la lecture de la série reste très agréable et mérite un coup d’œil.

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