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"Hawkmoon", la nouvelle et enthousiasmante adaptation de Moorcock

Par Charles-Louis Detournay le 1er octobre 2022                      Lien  
Après avoir achevé l'année dernière l'adaptation du premier cycle d'Elric, Glénat se lance dans un autre roman culte de Michael Moorcock : « Hawkmoon », avec un trio de talentueux auteurs décidés à nous en mettre plein la vue !

Si vous ne connaissez pas Mickael Moorcock, sachez que ce romancier britannique a été particulièrement productif entre 1961 et 1986. Son imaginaire fécond passe de l’anticipation à l’Heroic Fantasy, de la science-fiction au Steampunk (dont il fut d’ailleurs l’un des précurseurs). Ces personnages centraux sont souvent des anti-héros aux prises avec un monde en désordre, secoués dans des affrontements titanesques.

Parmi ses sagas les plus célèbres, citons celle d’Elric, dont Glénat a déjà adapté le premier cycle en quatre tomes entre 2013 et 2021. Fort de cette réussite, l’éditeur grenoblois poursuit sur sa lancée, en débutant l’adaptation d’une autre saga à succès : celle de Dorian Hawkmoon, dont le premier tome vient de paraître.

"Hawkmoon", la nouvelle et enthousiasmante adaptation de Moorcock

Notre récit a pour cadre une Europe qui tente de se reconstruire après le Tragique Millénaire. Même si l’histoire se déroule dans notre futur, le continent semble retombé dans une forme de féodalité, où les épées, les flèches et les chevaux restent les principales armes. Malgré tout, des aéronefs volent encore et une forme de technologie subsiste pour les plus puissants.

Au moment où notre récit débute, l’Europe vit des heures sombres. Voilà des décennies que l’Empire des Granbretons ne cesse d’étendre sa domination de ténèbres, envahissant les derniers grands Etats pour définitivement asservir le continent, dernière étape avant la conquête de la planète. Si le Ténébreux Empire continue d’étendre son pouvoir dans ce monde post-apocalyptique, bientôt, nul ne pourra plus guider les nations de l’Europe vers la liberté. Même la puissante cité de Koln, dernier bastion de la résistance, vient de céder sous les coups de l’ennemi par traîtrise.

L’ancien seigneur de Koln, le Duc Dorian Hawkmoon, est apporté captif à Londra, la capitale de l’Empire. Malgré sa farouche résistance aux sévices qui lui sont infligés, Hawkmoon ne peut empêcher les tortionnaires de l’empire de lui greffer une étrange gemme noire dans le front. Grâce à ce joyau, non seulement, ses ennemis pourront voir en permanence tout ce qu’il fait, mais ils seront aussi capables de déclencher à distance une effroyable douleur qui pourrait le rendre fou. Hawkmoon devra-t-il trahir, ou trouvera-t-il une façon de se venger sans perdre l’esprit ?

À la manœuvre de cette adaptation, on retrouve un trio d’enfer ! Au scénario, Jérôme Le Gris, également réalisateur de film et à qui l’on doit déjà Horacio d’Alba, Malicone, Lord Gravestone, Les Âges perdus, Le Serpent-Dieu, etc. C’est sur ce dernier titre qu’il a travaillé avec Benoît Dellac, au remarquable encrage, et que l’on connaît aussi pour Nothingham, Les Princes d’Ambre, Sonora, Missi Dominici, et bien d’autres. Quant à Didier Poli, il travaille déjà avec Jérôme Le Gris sur Les Âges perdus, a collaboré sur Mary Kingsley avec Benoît Dellac, sans oublier Neige Fondation, les deux premiers Elric qui démontrent son expérience sur ce terrain, etc. Bref, du solide !

Mais comment ses deux dessinateurs expérimentés se sont-ils répartis le travail ? « Au début du projet, Didier Poli devait réaliser le character design (ainsi que des vaisseaux et autres), le storyboard de l’album et les crayonnés, nous a expliqué Benoît Dellac. Pour ma part, je devais me concentrer sur l’encrage. Malheureusement, pour cause d’emploi du temps chargé, Didier a dû nous quitter au début de l’aventure. Nous avons donc tout repris et mis à plat afin de repartir sur l’album. Et au final, il reste quelques designs de Didier, ce qui explique qu’il soit légitimement crédité. »

Ces réglages de fabrication ne se sentent pas du tout à la lecture. L’ensemble est très homogène et profite de la force de l’encrage de Benoît Dellac pour que le récit initial croisse encore en force et en noirceur. Pour sa part, Jérôme Le Gris a découpé l’histoire pour laisser beaucoup de place au graphisme, ce qui est très utile car beaucoup d’informations passent par ce biais. Les auteurs n’ont d’ailleurs pas hésité à consacrer des pleines pages à de grandes attaques, qui rappelleraient presque certaines planches de l’adaptation de Salambô dans leur envergure et leur puissance dramatique.

Ce premier tome d’Hawkmoon est certainement l’un des récits incontournables de cette rentrée pour les amateurs de Fantasy. Quant à la suite, elle ne devrait pas tarder, comme nous le confirme Benoît Dellac, qui travaillera alors en solo pour la dessiner : « Le tome 2 est prévu pour le second trimestre de l’année prochaine. »

Si la qualité et la vitesse d’exécution se maintiennent, c’est le signe qu’une incroyable nouvelle saga en bande dessinée est née. Surtout que le premier roman est découpé pour deux albums de 54 pages chacun, et que le cycle d’Hawkmoon compte sept romans en tout ! Ça promet !

Propos recueillis par Charles-Louis Detournay.

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9782344027899

Hawkmoon, T. 1 : Le Joyau noir - Par Didier Poli, Benoît Dellac et Jérôme Le Gris - Glénat

Du même scénariste, lire également notre interview de Jérôme Le Gris : « J’essaye de montrer de manière fun et épique à quel moment notre système a basculé »

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