Hedge Fund : la fin d’un monde

14 juillet 2021 1
  • Avec « Pour tout l’or du monde », le 7e tome d’Hedge Fund, la série de Tristan Roulot, Philippe Sabbah et Patrick Hénaff se termine. L’ascension, sous la houlette d’un mentor secret, de Franck Carvale, espoir de la finance, aboutit à une rupture avec son maître à penser, trop pressé de se venger de l’Amérique responsable de la disparition de sa femme et de sa fille. Notre héros dirige désormais un fonds d’investissement ultra-puissant : Bright Capital Hedge Fund, sous l’œil intéressé de la CIA. Au menu de la dernière aventure : la Chine en maître du monde et un zeste de collapsologie…

C’est clair : dans cet épisode (Tomes 6 et 7), les Étasts-Unis veulent coincer la Chine que la montée en puissance, tant économique que militaire inquiète, c’est le moins qu’on puisse dire. Et ils font appel à Frank Carvale pour monter un coup qui permet de discréditer le marché de l’or de Shanghaï qui menace que les déposants de la Comex qui stocke l’or de la plupart des pays occidentaux, ne retirent leurs avoirs pour aller les placer dans l’Empire du Milieu, le nouveau maître économique du monde. Mais le mentor qui roule désormais pour les Chinois entend bien contrarier ses plans.

Hedge Fund : la fin d'un monde

Il y avait l’indépassable Largo Winch dont le 23e tome paraît en novembre, qui vire au techno-thriller de plus en plus sophistiqué ; IR$, désormais devenu sénateur et donc rangé des voitures de la finance. Et puis, Hedge Fund qui s’achève aujourd’hui dans un baroud d’honneur, Tristan Roulot se dirigeant désormais vers l’univers post-apocalyptique du Convoyeur.

Le fin dessin de Patrick Hénaff réussit très bien à caractériser les personnages, tandis que l’intrigue, bien documentée à la fois sur les outils financiers et les rapports de forces géo-économiques entre les grandes puissances, ne manque pas d’idées.

Mais ce final souffre à la fois d’un manque de rythme et d’une dramaturgie incarnée. Par précipitation ? Aussi met-il le paquet dans ce dernier album, dénonçant une puissance de l’argent qui agit à court terme pour aboutir à un désastre financier ouvrant la voie à tous les fascismes (un « Weimar des temps modernes  », dit le scénario), à des guerres quasiment tribales, et au « retour des épidémies dans les grandes villes occidentales » (la pandémie est passée par là)...

Le responsable ? Franck Carvale lui-même ! Un peu comme si Warren Buffet, sur le point de caner, faisait péter le monde ! Espérons qu’on en reste à la figure de style.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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1 Message :
  • Hedge Fund : la fin d’un monde
    19 juillet 08:32, par PATYDOC

    Il était temps en effet que cette BD se termine, parce qu’elle s’était éloignée de son postulat de départ : décortiquer les mécanismes de la finance spéculative à court terme pour en dénoncer les dérives ;. Malheureusement tout cela avait disparu pour finir en un thriller international le plus trivial. En ce sens, critiquer (pour rester poli) comme vous le faites si gratuitement W. Buffet est particulièrement mal venu, lui qui a défendu toute sa vie la finance d’investissement par rapport à la finance spéculative !

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