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Hellblazer T. 3 - Par Jamie Delano & Collectif - Urban Comics

  • Alors que les deux premiers chapitres laissent croire que John Constantine poursuit sa carrière d’enquêteur mystique à l’instar des tomes précédents, la suite de l'ouvrage va au contraire le plonger dans une introspection douloureuse. Privé de ses pouvoirs magiques, Hellblazer va devenir le pantin de ses souvenirs et rêves prémonitoires jusqu'à rencontrer, peut-être, la mort.

À la poursuite du tueur en série surnommé "le Père de famille", John Constantine était loin d’imaginer retrouver le sien, de père… Après des années, sans avoir pu échanger le moindre mot avec lui, le voilà confronté aux funérailles de ce dernier. Une crémation le mettant face à une des rares expériences surnaturelles où John est incapable de voir le défunt, contrairement à sa nièce hantée par son grand-père.

Une perte qui bouleverse le héros plus qu’il n’aurait pu l’imaginer, le menant aux souvenirs de son passé : de sa naissance provoquant à la fois la mort de sa mère et celle de son frère jumeau, à son enfance chaotique. Accusé par son géniteur d’être responsable du double décès, il grandit sous la protection de sa sœur aînée, bien souvent désemparée par les passions de son cadet versant déjà dans l’occulte et les passe-temps psychopathiques.

Un gamin à l’imagination glauque et débordante visant à palier l’existence volée de son frère qui avait pourtant tous les atouts entre ses mains fœtales. John est né trop petit, malingre et pourtant bien en vie tandis que son jumeau avait un poids et une taille idéale. Un "magus" venant régulièrement à la rencontre de John sous la forme d’un double doré qui, dans un monde parallèle, vit une vie paisible de sorcier en quête de paix et d’amour dans un sanctuaire en bord de mer…

Un lieu que John découvrira lors d’une réunion avec tous les protagonistes rencontrés au fil de sa carrière d’enquêteur exorciste. Un site religieux étrangement familier pour l’avoir parcouru en rêve ou sous psychotropes…

Un dernier tome mettant en scène un héros désemparé, dépourvu de ses capacités extrasensorielles et qui, pourtant, agit avec toujours autant de richesse dans l’action dans des mésaventures au frontière du réel. Des rencontres où noirceur humaine et magie se déploient au travers d’autres personnages rencontrés par le passé. C’est le cas de la jeune Mercury tantôt adolescente à la rescousse d’un jeune homme maltraité par son père, tantôt matriarche d’un groupe religieux imposant sa sagesse à un groupe de fanatiques.

Le graphisme reste stable de chapitre en chapitre, en dépit des plumes très différentes de Ron Tiner & Kevin Walker, Sean Phillips, Dean Motter & Mark Pennington, Tim Breadstreet, Steve Pugh, Dave McKean et David Lloyd. Une homogénéité, malgré tout différenciable selon l’artiste à l’œuvre, à l’exception du triplé final "Mauvais sang" où le dessinateur Philip Bond dévie de la trajectoire de ses homologues pour un graphisme plus pop, aux traits épais et moins demandeur d’une atmosphère glauque et étouffante, à l’instar du scénario dévoilant un John Constantine âgé mais toujours libre penseur et drôle. Un contrepoint remarquable dans une suite d’aventures chaotiques, perdant quelquefois le lecteur, mais également son héros, dans les tréfonds abyssaux de l’esprit. Notamment des limbes obscurs de John Constantine, perdu entre son expérience infernale et sa peur de rencontrer, enfin, la mort. Hellblazer dans toute sa splendeur !

Hellblazer T. 3 - Par Jamie Delano & Collectif - Urban Comics
©Sean Phillips / Urban Comics

(par Marc Vandermeer)

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