« Hellboy », l’œuvre au noir de Mike Mignola

30 juillet 2004 0 commentaire
  • La canicule n'est rien à côté des flammes de l'enfer. C'est pourtant d'elles qu'est issu Hellboy, à la suite d'expériences occultes menées par les nazis. Hellboy est né de la Géhenne, certes, mais aussi de l'imagination de Mike Mignola, un dessinateur aux noirs dessins. Le film live tiré des aventures de son personnage devrait sortir en salle le 11 août prochain.

Il y a dix ans, ce graphiste au trait européen avait déjà pas mal roulé sa bosse dans l’univers du comic-book (Hulk, Batman et Wolverine ont eu droit à sa griffe) quand il rejoint l’équipe de Dark Horse pour créer son propre personnage issu de son enfer cérébral : Hellboy. « Hellboy est un héros de bande dessinée particulier, explique Mignola. C’est un type droit. Né des flammes, il est indestructible, tout en étant pourtant innocent et timide. C’est un être paradoxal. Ses origines et ce qu’il veut faire de sa vie sont en opposition complète, maintenus dans un équilibre instable. Issu du mal, il a choisi d’œuvrer pour le bien. » Mis au point par les nazis qui veulent en faire leur arme absolue, il tombe dans les mains des Américains qui les ont pris de vitesse. Depuis, flanqué d’une curieuse famille : Le Professeur Broom qui l’a élevé comme un fils, au sein du Bureau des Recherches Paranormales de la Défense, le télépathe Abe Sapien et Liz Sherman, une jeune femme torturée qui peut déclencher le feu par la seule force de sa pensée, il aide discrètement la bannière étoilée à triompher des ses ennemis occultes.

C’est le réalisateur de Blade II qui se colle à l’adaptation. « Hellboy est un super-héros qui n’aspire pas à en être un, nous dit le réalisateur. il est né de cette force colossale et de l’immortalité, mais tout ce dont il rêve, c’est de pouvoir s’asseoir avec sa petite amie, comme un type ordinaire... » Tiré de la première aventure, Seed of Destruction (republié ces jours-ci en BD chez Delcourt, tandis que le livre du film est édité chez Semic), le film ne manque pas de second degré, comme la tradition en a été instaurée dans Spider-Man, par exemple. On lui a collé une histoire d’amour impossible et un jeune agent du FBI incarné par John Meyers. Mike Mignola a entièrement fait confiance à Guillermo del Toro : « Certaines choses présentes dans mes bandes dessinées ici et là depuis dix ans ont été condensées, nous dit-il. J’ai dit à Guillermo : « Change ce que tu veux, approprie-toi mon travail ». Il ne s’est pas gêné : « Il a donné plus de personnalité à Abe et l’a modifié visuellement, constate le dessinateur. Le personnage de Sammael est une pure création de Guillermo. » Si le choix des acteurs dont Ron Perlman dans le rôle-titre est plutôt judicieux, les décors en revanche sont somptueux et la séquence dans le métro de New-York est particulièrement réussie. Reconstruite entièrement à Prague, la station a été complètement revisitée par un tagueur tchèque fou qui l’a rendu plus vraie que nature.

Au final, le divertissement est au rendez-vous mais le scénario sonne creux, surtout parce que l’univers de Mignola est peu porteur de mythologie, comme peut l’être celui d’un Stan Lee, d’un Joe Simon ou d’un Jack Kirby. Ce remix des Quatre Fantastiques mâtiné de satanisme n’a pas, ainsi que Spawn, le souffle suffisant pour entretenir la flamme. Ce qui pour un rejeton de l’enfer est quand même le comble.

« Hellboy », l'œuvre au noir de Mike Mignola

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Hellboy, le film live(c) Columbia TrisTar Pictures & Revolutions Studios

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