Hellboy : une fin sans fin

13 janvier 2017 0 commentaire
  • Fin du voyage pour le démon rouge qui rencontre son destin… une seconde fois ! Une conclusion qui reste fidèle au personnage : mystérieuse, mélancolique… et laissant le champ libre à encore de nombreuses histoires !

Il s’agit sans doute de ce qu’un chacun peut nommer un moment historique : dans ce second et dernier tome de Hellboy en Enfer Mike Mignola conclut les aventures de son personnage, le conduisant à son destin final.

Nous n’allons pas revenir sur l’histoire d’Hellboy, créé en 1993 : nous l’avons déjà fait à de nombreuses reprises. Rappelons simplement que dans cette -en fin de compte courte- série, Hellboy parcourt les Enfers après être mort en sauvant le monde du Dragon [1].

Dans la postface de l’ouvrage Mike Mignola explique ce qu’il a ressenti de porter son personnage au bout du chemin qu’il avait en tête depuis le début. Il pensait réaliser quatre tomes pour cette dernière partie mais un moment il lui est devenu clair qu’il était l’heure de coucher sur papier la fin, et c’est ce qu’il fit avec comme toujours un talent certain.

Alors que dire de ce dernier tome ? « Anti-climax » comme nous pouvions nous y attendre (nous connaissons le bonhomme depuis le temps), presque décevant quelque part, mais en fin de compte tellement dans l’esprit d’Hellboy avec la force tranquille de l’évidence qui finit par l’emporter.

Hellboy : une fin sans fin
© Dark Horse / Delcourt

L’Enfer est bien « détruit », tous les grands princes démons périssent, mais tout ceci se révèle presque secondaire. Que ce soit la sœur d’Hellboy, l’Arbre Monde, l’identité du serpent qui l’a poussé à tuer Satan ou l’évocation de Pluton, il s’agit presque de « décorum ».

Notre héros traverse ce dernier acte avec son flegme et sa détermination désormais si familiers. Une signature inimitable. Et lorsque le lecteur referme ce tome, il se dira sans aucun doute que c’est bien d’Hellboy que de finir ainsi.

Une série sur le thème de la fin, sans grande bataille ou révélation fracassante : juste l’acception qu’il s’agit du bout du chemin et qu’il faut l’accepter, aussi bien pour les princes démons aux immenses armées qui n’auront servi à rien que pour Hellboy qui doit accepter que c’est la fin.

Les « trois formes » de la dernière page font d’ailleurs référence à une histoire écrite par Mike Mignola et sa fille, alors âgée de 7 ans, Le Magicien et le serpent, disponible dans le recueil L’Homme à la tête de vis et autres histoires, sur le thème de l’acception de la fin.

© Dark Horse / Delcourt

On retiendra également dans cette courte série l’évocation d’un Enfer dont seul Mike Mignola a le secret. Un lieu mêlant morts et démons dans une ville infinie faite de maisons et de rues à l’âge indéterminé, où l’ordinaire côtoie la magie et les malédictions, et les créatures les plus étonnantes surgissant d’un simple songe.

Un univers fascinant, pas forcément différent dans la forme des aventures du vivant d’Hellboy, mais peuplé uniquement de fantômes et de damnés ce qui lui confère un ton tout particulier, et l’envie pour le lecteur de le revoir dans d’autres histoires.

Car nous le savons tous, si la vie et la mort d’Hellboy sont arrivés à leur terme cela ne signifie pas la fin de ses aventures comme nous le prouve le bonus proposé en fin de tome : un petit épisode se déroulant en Enfer avant la partie conclusive. On le voit donc déjà : il sera toujours possible de raconter des histoires prenant place dans le passé d’Hellboy, que ce soit sur Terre ou en Enfer !

Donc c’est fini, nous savons comment se termine les aventures d’Hellboy. Mike Mignola a conduit la destinée de son personnage à travers trois décennies, posant régulièrement des jalons importants qui ont surpris les lecteurs, son départ du B.P.R.D., son retour en Angleterre où il y laissera la vie et son retour aux Enfers, bouclant la boucle de son existant.

Une page se termine et Hellboy nous dit au revoir avec poésie, délicatesse, pudeur et mélancolie.

© Dark Horse / Delcourt

(par Guillaume Boutet)

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Hellboy en enfer T2. Par Mike Mignola. Traduction Anne Capuron. Delcourt, collection "Contrebande". Sortie le 30 novembre 2016. 160 pages. 15,95 euros.

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Le Hellboyverse sur ActuaBD :
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[1narré dans le tome 13 d’Hellboy : L’ultime tempête.

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