Henri Reculé : « Stephen Desberg et moi, Nous nous laissons beaucoup de liberté de réaction »

25 juin 2007 0 commentaire
  • Après avoir bouclé leur libre adaptation du « {Livre de la Jungle} » de Kipling, {{Stephen Desberg}} et {{Henri Reculé}} nous entraînent au cœur de la Rome antique avec {Cassio}, un {thriller} non conventionnel…

Pourriez-vous nous expliquer la genèse de votre nouvelle série, Cassio ?

Cela fait quelques années que nous travaillons ensemble. Nous parlons donc beaucoup des projets à venir. Les récits historiques m’intéressent beaucoup, et je souhaitais réaliser une série qui avait pour cadre l’Égypte ancienne. Stephen Desberg a été emballé par mon envie de réaliser une série historique, mais il souhaitait plutôt l’axer dans la Rome antique.
Finalement, comme nous avons envie de voyager avec le personnage principal et d’aller de ville en ville. Pour Le Premier Assassin, nous avons opté pour Ephèse, l’ancienne Turquie.

Henri Reculé : « Stephen Desberg et moi, Nous nous laissons beaucoup de liberté de réaction »Le récit a pour cadre deux périodes : l’Antiquité et une autre, contemporaine …

Cela fait partie des bonnes surprises que je peux avoir avec Stephen. Nous ne partions pas sur ce postulat-là lorsque nous avons commencé à réfléchir à Cassio. Mais petit à petit, il a eu cette idée de raconter l’histoire sur deux époques différentes. Ce n’est pas une ficelle scénaristique, mais plutôt un double récit qui, d’une certaine manière, se rejoint.
Nous avons envie de raconter la vie de Cassio de manière très dramatique. En évitant tout ce qui serait autre chose que la vie des personnages. Stephen a volontairement choisi une période de l’Empire Romain où il ne s’est rien passé d’exceptionnel : pas d’Empereur sadique, pas de guerre virulente ou de danger particulier. Cela nous permettait de nous concentrer sur la vie de Cassio, qui va être un personnage important dans l’Empire. Il va susciter la jalousie, la haine, etc. Ce qui provoquera son assassinat … Du moins d’après les textes que retrouve l’archéologue.

Cassio, face à ses assassins !

Vous avez une production assez importante. En moins d’un an, vous publiez les deux derniers tome du « Dernier Livre de la Jungle » et le premier album de Cassio. Êtes-vous un bourreau de travail ?

C’est une illusion. Il s’agit plus là des hasards du calendrier. Le tome 2 du « Dernier Livre de la Jungle », qui a été réalisé avec Johan De Moor, a été retardé d’une année. Pendant ce temps, j’ai travaillé sur les deux derniers tomes de cette série. Et avant de commencer le troisième album de cette adaptation du livre de Kipling, j’avais déjà dessiné vingt pages de Cassio. Mais nous avions mis cette série de côté car l’éditeur souhaitait que l’on termine plus tôt le Dernier livre de la jungle.

Recherches graphiques

Comment décririez-vous Stephen Desberg ?

C’est un ami, avec lequel, j’ai beaucoup de discussions tant professionnelles que d’ordre privée. On se correspond bien. Nous nous donnons beaucoup de liberté de réaction. Il me donne souvent les quarante-six planches entièrement découpées, que je lis avec un regard de lecteur. Je lui fais part de mes remarques, et nous en discutons. Quand je fais les crayonnés, les découpages et les encrages, il a la possibilité de réagir. Si bien que l’album nous appartient à tous les deux…

Le caractère de Cassio n’est pas affirmé dans les premières pages du premier album…

Nous essayons de nous mettre à la place des personnages de cette époque. Le premier tome se situe à Ephèse, dans l’ancienne Turquie. Les Romains y ont une grande importance, et se tiennent entre eux. Phédia, la fiancée de Cassio, a un regard plus naturel que lui par rapport à la vie. Cassio pense partir à Rome pour y accomplir des grandes choses. Il va découvrir qu’il y a des choses plus importantes que cela, notamment en perdant l’être qu’il aime.

Quand paraît le prochain album ?

Je travaille actuellement sur un album du prochain grand projet de Stephen Desberg, Empire USA. Il est encore un peu tôt pour vous en parler. J’enchaînerai ensuite sur le prochain Cassio, qui paraîtra en mai ou juin 2008. Les quatre premiers albums présenteront les quatre assassins, parfois de manière assez inattendue.

Avec Enrico Marini, vous avez participé à la bible graphique qui servira de base aux différents dessinateurs d’Empire USA… Parmi lesquels Griffo & Koller.

C’était l’occasion de dessiner des personnages de manière libre, au service du scénariste et sans la crainte d’avoir du mal à les mettre en scène ensuite. La limite étant la libre appréciation de Stephen…
Au départ, je ne devais pas dessiner d’album pour Empire USA. Mais la première saison de la série est passée de cinq à six tomes. Stephen m’a donc demandé d’en faire un. Je dois donc dessiner les personnages que j’ai créés pour d’autres ! Ceci dit, je ne suis aucunement l’un des directeurs artistiques de cette série. Chaque auteur a la possibilité de s’approprier les personnages, même s’il faut qu’ils soient fidèles à la charte graphique. Les différents dessinateurs d’Empire USA ne doivent pas calquer leurs styles sur celui de Marini ou le mien.
C’est amusant de constater que certains dessinateurs ont dessiné les personnages de manière plus convaincante que mes études graphiques. Je dois donc m’adapter… C’est une expérience intéressante !

(par Nicolas Anspach)

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Photo ©JJ SEROL /Pepite Photo
Images : © Reculé, Desberg & Le Lombard.

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