Hercule Agent intergalactique T. 1 : Margot, la fille du frigo – Par Vincent Zabus et Antonello Dalena

13 août 2019 0 commentaire
  • En mai dernier paraissait le premier tome d’une nouvelle série cosmique aux éditions du Lombard : "Hercule Agent intergalactique". Ce nouveau projet, porté par Vincent Zabus ("Les Petites gens", "Macaroni!") et Antonello Dalena ("Ernest & Rebecca"), parvient à proposer un récit jeunesse humaniste dans un univers de science-fiction. Une performance intéressante.

Ce premier tome débute sur les chapeaux de roues. On ne vous indique ni le lieu, ni l’époque, ni la situation générale de la galaxie. Vous rencontrez simplement Hercule, jeune héros de l’album, et son acolyte Marlon, extraterrestre maladroit à la tête de girafe. La morphologie du personnage est son ressort comique graphique récurrent, mais les auteurs vont s’amuser à prendre le lecteur à contrepied en révélant une petite partie du potentiel caché du personnage.

Hercule est membre d’une école de jeunes agents intergalactiques chargé d’assurer la sécurité et le bonheur des enfants de la galaxie. Rien que ça, direz-vous ! Afin de subvenir à cette lourde tâche, les jeunes gens suivent un cursus de plusieurs années et c’est à l’occasion d’un exercice pratique d’observation sur Terre qu’Hercule et Marlon vont faire la découverte d’un drôle de spécimen : une jeune fille s’enfermant dans un frigo, mangeant des glaçons et jetant des chats depuis le haut de son immeuble, l’étrange Margot.

Hercule Agent intergalactique T. 1 : Margot, la fille du frigo – Par Vincent Zabus et Antonello Dalena
© Le Lombard

Cette rencontre va être l’occasion d’aborder le propos de fond de l’album : le rapport à la maladie et à la mort, et la peur qui en découle, mais également les notions de solidarité et de vivre-ensemble. Un récit humaniste donc, que les auteurs ne manqueront pas de développer, probablement par le biais du personnage de Margot, qui recroisera le héros de notre histoire qui semble bien s’en être entiché.

Ce dernier, en plus de son devoir d’assistance aux enfants de toute une galaxie, doit faire face à ses propres travers émotionnels. Comment succéder à son grand frère, agent de renom décédé en mission lorsque l’on est le plus nul de l’école ? L’héritage s’avère lourd à porter pour le jeune homme effronté.

Les auteurs profitent également de ce premier tome pour mettre en place quelques intrigues parallèles et fils rouges qu’ils ne devraient pas manquer de dérouler par la suite. Ainsi, le lecteur fera la connaissance du Blackbird, sorte de corbeau partiellement mécanique et ennemi juré de l’école, et découvrira les pouvoirs de la mystérieuse pierre jaune qui pend au cou d’Hercule.

© Le Lombard

En refermant ce premier tome, fluide et très rythmé, de nombreuses (trop ?) questions subsistent. Certaines zones d’ombre nous donnent envie de découvrir la suite et suscitent habilement le désir du lecteur, tandis que d’autres ont tout l’air de raccourcis scénaristiques, on pense notamment au mystérieux Izar.

Enfin, le récit est servi par un dessin de qualité, laissant ressentir l’influence du cinéma d’animation. Il ne semble toutefois pas tomber dans le travers habituel de ce type d’influence : l’inexpressivité des visages. Les couleurs de Cecilia Giumento achève de hisser à un bon niveau de qualité cette première sortie réussie !

(par Thomas FIGUERES)

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