Hollywood, T1 : Flash-back - Par Jack Manini & Marc Malès - Glénat

3 novembre 2010 0 commentaire
  • Entre une genèse mouvementée, et un essor empli de démons, Manini nous sert une envoutante histoire du cinéma. Malgré des personnages parfois très typés, on prend beaucoup de plaisir à découvrir l'autre facette d'Edison et d'Hollywood.

En 1891, Max Lexter invente les premières images animées. Il se tourne naturellement vers Edison pour l’aider à exploiter son invention, mais l’éminent génie pragmatique lui vole son procédé et l’expédie en prison pour toute récompense.

Ainsi commence la déchéance de Max et l’incroyable saga du cinéma américain, car cet inventeur malheureux sera sauvé par sa muse Janet et son meilleur ami bien que rival de cœur, Tom Mix le cow-boy. Surfant sur ces personnages devenus légendes, on pénètre ainsi dans la plus grande des machines à rêves : Hollywood !

Hollywood, T1 : Flash-back - Par Jack Manini & Marc Malès - Glénat
Max, l’inventeur génial, vient présenter son ‘cinématographe’ à Edison…

Dessinateur pour Necromancy, scénariste pour la Loi du Kanun et plus récemment Catacombes toujours avec Chevereau, Jack Manini n’en finit plus de nous proposer des univers historiques ou contemporains dans lesquels la folie des hommes semble sans limite.

Hollywood mêle très audacieusement les flashbacks et la période ’contemporaine’. Malgré un flou ’artistique’ entre ces divers périodes, on traverse deux moments passionnants : la fin du western sauvage, et l’essor des studios hollywoodiens. L’intérêt se partage entre l’intrigue et les secrets de studios, et les progrès réalisés grâce à l’invention du cinéma et ses dérivés. Manini distille ses effets, ce qui réserve au lecteur de savoureux moments sans temps morts, grâce entre autres à des personnages hauts en couleurs.

…mais l’homme aux mille brevets montre une part de son authentique roublardise.

Après la réussite du polar Sous son regard et de Katharine Cornwell ayant intégré le classement des 20 incoutournables de l’été 2007 selon l’ACBD, Marc Malès retrouve l’Amérique qu’il avait quitté après Mille Visages. Si son évocation est très juste, la froideur de certains faciès rappelle l’évocation maléfique de cette dernière série. Mais dans ce cas, il s’agit sans doute plus des réelles motivations des personnages, machinations qui nous seront sûrement rapportées dans les prochains tomes.


Nul doute, on ne s’ennuie donc pas dans ce western moderne, malgré des personnages parfois hautains et réservés. Cette révision de l’histoire du cinéma, ainsi que l’homme aux mille brevets qui apparaît sous un jour moins glorieux que ce que le rêve américain laisse évoquer, sont deux des très belles lignes directrices de ce récit. Les démons d’Hollywood, tels la drogue ou la rançon du succès, pointent d’ailleurs déjà leurs têtes. La suite s’annonce tout aussi épique...

(par Charles-Louis Detournay)

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