Home exchange - Par Perrotin & Maucler - Paquet

  • À mi-chemin entre le drame romantique et le périple fantastique, ce dense one-shot de 140 pages nous entraîne au fond des secrets de l'Australie, mais aussi dans les tréfonds de la relation de couple. Jusqu'où est-on capable d'aller par amour ?

Simon et Georgie ont fait connaissance au premier jour de leur parcours universitaire... et ne se sont plus jamais quittés par la suite ! Ce couple fusionnel ne travaille pourtant pas ensemble : Georgie enseigne les arts plastiques, tandis que Simon enchaîne les piges pour un journal local, en attendant que l’un de ses romans lui apporte enfin la notoriété.

Après neuf ans de vie commune, Simon et Georgie réalisent enfin leur rêve : prendre une année sabbatique sous les tropiques pour écrire et peindre. Mais comme ils ne disposent pas des finances nécessaires, ils ont opté pour un échange de maison avec un couple australien.

En arrivant au Queensland, ils apprennent que le mari australien n’a pas pu partir en France pour d’obscures raisons professionnelles. Seule sa femme a fait le déplacement. En réalité, l’homme est caché chez le voisin et observe les nouveaux arrivants. Particulièrement la femme française. Une femme qu’il dit connaître... et avec qui il désire ardemment renouer !

Home exchange - Par Perrotin & Maucler - Paquet

Malgré une introduction un peu confuse et quelques longueurs, notamment au sein des explications ethnologiques aborigènes, Home exchange s’avère une sympathique réussite. Particulièrement grâce au travail en couleur directe de Christian Maucler. Même si quelques teintes sont très acidulées, son travail transporte le lecteur sur les terres australes. Et si les personnages sont parfois un peu raides, la variation dans les compositions de mises en pages apportent beaucoup de fraîcheur et de rythme à l’ensemble.

Un qualificatif positif qui convient également au scénario de Serge Perrotin. Bien sûr, les premiers éléments du résumé ci-dessus rappelle la trilogie du Meilleur Job du monde scénarisée par Christophe Bec, mais Perrotin dépasse rapidement ce statut plus orienté polar, pour rajouter une couche fantastique bienvenue. Pas question de grands effets lumineux, comme l’explique Rodolphe dans la postface, mais bien de chambouler la ligne temporelle pour voir comment les protagonistes vont gérer ces bouleversements.

Dans ce genre de récit, deux éléments sont primordiaux : la construction des personnages et la conclusion. Sur le premier point, le couple formé par Georgie et Simon est attachant et dispose de la profondeur nécessaire pour créer le lien avec le lecteur. Mais plus que tout, c’est la conclusion du récit qui permet à Home exchange de finir sur une excellente note, de quoi faire un poil gamberger le lecteur, et donc permettre aux personnages de continuer à vivre après avoir fermé le livre. Ce qui est la meilleure démonstration pour indiquer que le livre nous a touché !

(par Charles-Louis Detournay)

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