Hotel - Par Boichi - Glénat

4 novembre 2011 0
  • L'auteur coréen s'attaque cette fois à un recueil d'histoires courtes de science-fiction, dramatiques et touchant à des thèmes comme l'écologie, la prise de conscience, l'amour ou la maladie. Particulier et inégal.

En guise d’ouverture, Hotel since A.D. 2079 joue la carte d’une certaine originalité. Le narrateur n’étant autre qu’une intelligence artificielle gérant une tour dont le rôle est de conserver l’ADN et la mémoire de la civilisation, condamnée par sa propre faute. Malheureusement, ce récit loupe un peu le coche. Son propos manque de crédibilité et son déroulement passe à côté d’un sujet qui aurait pu bénéficier d’un intérêt supérieur.

Le chapitre Present change de registre et relève le niveau. Une jeune femme atteinte d’une grave maladie cérébrale est réanimée grâce à une lourde opération. Celle-ci a perdu une partie de sa mémoire et surtout ignore qu’elle reste malheureusement condamnée à très court terme. Jouant sur la corde sensible et réservant une surprise pour la fin, Boichi se fait ici plus convaincant.

Arrive ensuite l’épisode Rien que pour les thons qui nous conte la disparition totale de cette espèce et le défi d’un homme qui durant toute son existence tentera de lui redonner vie. Le sujet est plutôt original, son traitement aussi. Dommage toutefois que la conclusion s’égare dans une voie quelque peu poussive.

Stephanos s’embarque dans un thème d’inspiration biblique, avec une "naissance" annonçant l’Apocalypse. En l’état, ce chapitre n’a pas grand intérêt. Cela aurait pu être différent sur un format long. Le dernier récit, Diadem est du même acabit : une histoire de guerre pour la liberté, avec une légende en toile de fond. C’est très court et ça ne raconte pas grand chose. Son seul véritable attrait est finalement d’être entièrement en couleur.

Ces différentes histoires sont entrecoupées de gags en 2 planches, plus ou moins réussis, qui tranchent avec l’ambiance mature du recueil.

Graphiquement, on reconnait au premier coup d’œil le style virtuose et polymorphe de Boichi. Ses planches sont, d’une manière générale, très réussies, que le trait soit réaliste ou simplifié. Quelques rares passages sont un peu en deçà de ce dont il est capable, mais ça ne suffit pas à entacher les qualités visuelles de ce volume.

Au final, Hotel sonne comme une déception par manque de fond ou une mauvaise exploitation de celui-ci. On attendait clairement mieux de la part de son auteur. Espérons que sa nouvelle série (à paraître en janvier 2012 chez Glénat) nous laissera sur une meilleure impression.

(par Baptiste Gilleron)

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