Human Stock Exchange T1 - Par X. Dorison & T. Allart - Dargaud

25 novembre 2012 7 commentaires
  • Tout se vend, tout s'achète, vraiment ? Dans un futur imaginé par Xavier Dorison et mis en images par Thomas Allart, on en arrive à coter les humains en bourse sur le Human Stock Exchange. C'est le sujet d'une trilogie qui démarre en mode mineur.

L’accroche de cette histoire de politique-fiction financière est simple et ingénieuse. Frappées par une crise économique sans précédent, nos sociétés sont contraintes à trouver de nouvelles voies afin de poursuivre leur expansion. L’une de celles empruntées dans ce futur ravagé touche au dernier tabou de la finance : faire entrer l’être humain sur les marchés, comme valeur boursière. La carotte pour les candidats à la cotation, c’est une richesse instantanée, quitte à laisser de côté les valeurs humaines... C’est le choix que fait Félix Fox, vendeur de voitures, qui pense pouvoir être plus malin que le système. Mais la machine financière a visiblement de quoi le broyer, corps et âme.

Human Stock Exchange T1 - Par X. Dorison & T. Allart - Dargaud
Un extrait de "Human Stock Exchange" T1
© Dorison - Hallart - Dargaud

Fort d’une petite expérience dans la finance, Xavier Dorison a mis au point un argument intéressant pour cette courte série (trois volets sont prévus) : toucher à la limite éthique de la finance. Au vu de la conjoncture contemporaine, le sujet ne manque pas de sel. Le déroulement de cette dérive ultra-libérale apparaît cependant légèrement too much pour que l’on tremble pour les personnages impliqués dans ce montage financier misanthrope. On peut ajouter que le dessin de Thomas Allart, concentré sur les visages et les expressions des protagonistes, manque d’originalité dans les arrières-plan (le recours récurrent aux plasmas des cours de la bourse est presque kitsch). Dans un genre comme l’anticipation, sans véritable ampleur graphique, il est difficile de faire croire au lecteur que cet autre monde est possible...

Un démarrage en mode mineur, donc, mais la série a pour elle un bon sujet, dont on est tout de même curieux de lire le développement.

(par Morgan Di Salvia)

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7 Messages :
  • Vous lisez tellement de mauvaises bds que vous en faites votre étalon pour juger. Du coup quand une bonne bd comme HSE tombe dans vos mains, vous êtes désemparés.
    Très bonne histoire, sans temps mort ni courses poursuites. Une dystopie où comme le veut le genre, les gens bradent leurs libertés pour du bonheur. Le personnage n’est désormais plus maître de son corps ni de ses relations. Tout ça non pas pour le dieu pognon mais pour le dieu bonheur. Or, ce n’est plus du bonheur du héros dont il est désormais question, mais de faire celui de ses actionnaires !
    Aprennez à parler des bds au lieu de critiquer un dessin qui n’est pas assez bling bling Dubaï !
    Pour une fois qu’on a une excellente histoire qui n’a pas besoin d’un dessin tape à l’oeil cache misère !
    Salutations !

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    • Répondu le 25 novembre 2012 à  16:51 :

      La critique ne dit pas le contraire, et c’est vrai que le dessin est grave moche quand même.

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      • Répondu par Gérald le 25 novembre 2012 à  23:26 :

        La critique dit que le personnage laisse de côtés les valeurs humaines pour s’enrichir. Or c’est tout le contraire, puisque le héros rentre au HSE pour offrir une meilleure qualité de vie à sa petite amie. Ce n’est pas pour lui mais parce qu’il pense que c’est ce qu’elle attend de lui. Avoir le même train de vie que son frère. Or il n’y a pas de limite à l’argent. Et c’est la le danger. C’est quoi être riche ? Tout est question de comparaison.
        En ce sens les relations humaines sont le centre du récit. Ce n’est pas l’histoire d’un mec qui devient riche du jour au lendemain et va s’enfermer dans une tour loin de toute civilisation.

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  • je pense que cette chronique passe à côté du sujet : le thème de HSE c’est la merchandisation de l’être humain, les doués, les plus créatifs, les plus forts sont ceux qui ont de la valeur, les autres n’ont qu’à crever, ils ne valent rien. Un Darwinisme financiarisé en quelques sortes.
    Dommages pour vous Mr Da Silva que cela vous ait échappé. Pour ma part, je considère ce nouvel opus de Xavier Dorison comme une oeuvre audacieuse et visionnaire, qui fait froid dans le dos. Mon bémol est le dessin que je trouve très moyen, peut-être l’éditeur aurait pu dégotter une pointure plus adaptée au récit...

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    • Répondu par déçu le 26 novembre 2012 à  23:52 :

      Thomas Allart est un bon dessinateur. "Pandora" est excellent. "Les orphelins de la tour", c’est pas mal du tout. Son talon d’Achille : l’encrage faiblard, filaire et uniforme quels que soient les plans. Ici, pour HSE, il a fait plus rapide, usant même de collage de photos pour les décors, ... et les couleurs laides aggravent tout. Il faut reconnaître, que sur cette planche, la scène de blabla est peu propice à des plans et une mise en page un tant soit "affriolants". La couverture est assez immonde. Bref ... ça sent le produit marketé, sans âme et sans saveur. Dommage car ces auteurs ne sont pas manchots, loin de là.

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  • Human Stock Exchange T1 - Par X. Dorison & T. Allart - Dargaud
    27 novembre 2012 08:59, par Franck BIANCARELLI.

    Je pense que vous êtes tous fous.
    Je pense que le net vous désinhibe tellement que ça y est vous êtes tous fous.
    Que vous pensiez ce que vous voulez est une chose, que vous le disiez aussi. Mais le but du langage c’est la communication, pas l’expression dégueulée de la moindre de vos pensées aussi peu intéressante soit-elle pour les autres.
    Parler de dessin "grave moche" sans aucune autre forme de procès... Penser que les éditeurs "dégottent" des dessinateurs, dire que "ça sent le produit marketé, sans âme et sans saveur"...
    Faut vraiment que vous soyez tous passés de l’autre côté.
    Je vous interdis à tous d’ouvrir un de mes livres. Je ne veux pas prendre le risque que vous puissiez trouver ça intéressant.
    IN-TER-DIC-TION !

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    • Répondu par PPV le 27 novembre 2012 à  15:25 :

      oui oui le net desinhibe, je n’ai donc pas peur de dire que HSE est sur le plan du scénario un coup de coeur et que je ne suis pas d’accord avec ceux qui ne partagent pas mon avis. Chez Dorison, tout est bon, c’est un de meilleurs scénaristes du moment et tout ce qu’il touche devient de l’or. Il n’a pas besoin de marketing, il vend sur son nom et ne m’a jamais déçu. Je pense simplement qu’après avoir bossé avec des dessinateurs de toute première force, Dorison était plutôt attendu avec quelqu’un d’autre que Thomas Allart. Vu sous un autre angle, Allart pourra davantage développer son talent avec un scénariste de ce niveau. Qui se souvient des débuts de Philippe Francq avant qu’il ne rencontre Van Hamme ? Ou des premiers Mathieu Lauffray ?

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