INRI de Didier Convard et Denis Falque - Glénat

26 avril 2004 0 commentaire
  • « Le Triangle secret » est une des séries phares du catalogue Glénat. Vendue à plus d'un million d'exemplaires, traduite en cinq langues, elle remet en cause les fondements de la religion chrétienne en avançant l'hypothèse que c'est le propre jumeau du Christ, Thomas, qui serait mort sur la croix. Dans I.N.R.I. qui paraît le 28 avril en librairie, Didier Convard retourne aux origines du Triangle et évoque la fondation de l'Ordre des Templiers.

Que ce soit dans le Le Triangle Secret ou Le Troisième Testament, ou même dans une série comme Spawn de McFarlane ou mieux encore, Promethea d’Alan Moore, le spirituel est très présent dans la BD. Il est possible que l’on doive à Umberto Eco et son Nom de la Rose, le goût actuel du public pour les thrillers métaphysiques. On le doit aussi sans doute à la vacuité des discours officiels, qu’ils soient politiques ou religieux, alors même que les peuples s’entredéchirent pour des motifs religieux.

Mais ces albums n’auraient pas le même succès si la qualité n’était pas au rendez-vous. La saga du Triangle Secret est tout simplement passionnante, et sa suite INRI, ne l’est pas moins. Appuyé sur une documentation solide, le récit se permet toutes les hypothèses et ouvre à toutes les curiosités. Nous sommes à Jérusalem en 1104, une poignée de chevaliers champenois viennent retrouver les traces du Christ. Mais leur démarche inquiète le pouvoir clérical, tout le moins ses factions les moins avouables qui s’accommodent très bien des mensonges construits par les pères de l’Eglise.

A peine le petit groupe a-t-il découvert le secret du Christ, à savoir qu’il fut sans doute le premier des alchimistes, qu’il se retrouve impitoyablement traqué. Cette traque dure jusqu’au 21ème siècle et le scénariste fait en permanence basculer le récit du 12ème siècle à nos jours. Car aujourd’hui, l’Eglise est confrontée à un sacré défi : le vrai corps du Christ qu’elle a fini par retrouver est en train de se régénérer. Il ressuscite réellement. Non seulement l’Eglise est confrontée pour la première fois au dogme qui la fonde mais il lui vient cette interrogation : que pensera Jésus de la façon dont elle a mené jusqu’ici la diffusion de sa Parole ? Entre frisson métaphysique et jeux de pouvoir, entre la grande et la petite histoire, le lecteur ne peut qu’avoir le tournis. Une BD d’autant plus passionnante qu’elle donne à réfléchir.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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