Ile Bourbon 1730 - par Appollo & Trondheim - Delcourt

4 mars 2007 0 commentaire
  • En 2006, ses occupations de Grand Prix d'Angoulême ne l'ont pas empêché de dessiner. Lewis Trondheim s'est lancé, en compagnie d'Appollo, dans un roman-fleuve de presque 280 pages !

Le chevalier Despentes, ornithologue de profession, et son jeune confrère Raphaël débarquent sur l’île Bourbon dans l’espoir de capturer le dernier dodo. Nous sommes en 1730 et La Buse, dernier grand pirate de l’histoire de la flibuste de l’océan indien, est retenu prisonnier sur l’île. Les anciens forbans, devenus colons, le sauveront-ils ? Son trésor restera-t-il à jamais perdu ?

L’ïle de la Réunion, découverte en 1545 par le portugais Mascarenhas, fut occupé par les compatriotes du navigateur, puis successivement par les Hollandais, les Français, les Anglais puis de nouveau les Français. C’est en 1946 que l’île acquit son actuel statut de Département d’Outre-Mer au sein de la République française. C’est à l’âge d’or de la flibuste antillaise (seconde moitié du XVIIème siècle) que cette île placée sur la route commerciale des Indes porta le nom de île Bourbon. En 1700, les pirates fuient vers l’Océan indien, car la flibuste n’est plus tolérée par les puissance maritimes telles que la France et l’Espagne. L’île Bourbon, du fait de son éloignement avec l’Europe, devient alors une escale très prisée par les forbans qui rendent les armes peu à peu.

Ile Bourbon 1730 - par Appollo & Trondheim - Delcourt
© Appollo/Trondheim/Delcourt

Réunionnais d’adoption, Appollo maîtrise bien son sujet, et avec son compère Lewis Trondheim, il évoque cette période, non pas sous l’angle historique, mais bien avec une distance fantasque qui tire ce récit vers une fiction romanesque pleine de souffle et de surprises.

L’époque est charnière : « en situant notre histoire au moment de la disparition de la piraterie, on quitte l’âge mythique, celui des origines, pour entrer dans l’âge historique, celui de la marche du monde, avec ses cruautés, son ambition mercantile et ses terribles inégalités. Cet entre-deux est très romanesque, les pirates de l’île Bourbon étant comme les derniers vestiges d’un rêve possible qui s’éteint », confie Appollo [1].

Manifestement, Trondheim n’a rien perdu de son plaisir à dessiner : dans un décor familier (on se souvient de ses séjours réunionnais évoqués dans Les Petits Riens [2] et dans les Carnets de bord [3]), il replace ses fameux personnages à têtes d’animaux pour délivrer, une fois de plus, une vision décapante et humoristique de l’humanité. Son graphisme n’est pas avare de traits, comme en témoignent les scènes de jungle et la pagination.
Instructif et distractif, cet ouvrage est une belle réussite.

(par Laurent Boileau)

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[1Planète Delcourt n°36.

[2Delcourt.

[3L’Association.

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