Ils l’ont dit en 2007 : Les interviews d’ActuaBD

30 décembre 2007 0
  • 141 personnalités de la bande dessinée nous ont fait la gentillesse de nous accorder un entretien en 2007. Célèbres ou inconnus, professionnels ou simplement intermittents de ce métier, ils ont tenu parfois des propos surprenants ou simplement amusants. Florilège.

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Ils l'ont dit en 2007 : Les interviews d'ActuaBD
Enki Bilal
Photo : Laurent Boileau

Alexandre Astier (comédien, réalisateur, scénariste) :
«  J’ai une relation très affective à la BD, c’est intimement lié à la famille. Donc j’avais envie d’une bande dessinée avec laquelle j’aie la même relation affective : déclencher une aventure ; même si c’est une comédie, partir dans une épopée… »

Enki Bilal (dessinateur et réalisateur) :
« Pour moi, on ne peut pas adapter une bande dessinée au cinéma. Ca me paraît grotesque !… »

Frank Bondoux (Directeur délégué du Festival d’Angoulême :
«  On vit sans préjugés et on appelle de toutes nos forces des synergies que l’on espère plus grandes que celles que l’on a pu avoir dans le passé en se débarrassant de toute querelle de personnes... »

Mourad Boudjellal (PDG des éditions Soleil) :
« Je suis heureux, grâce à ma participation dans le Rugby Club Toulonnais (RCT), d’avoir pu parler de la bande dessinée. Ces six derniers mois, j’ai été interviewé par la plupart des médias de France à propos de ce club, mais également au sujet de mon parcours social. Grâce à cela, j’ai pu parler de Soleil et de la bande dessinée. La plupart des maisons d’édition de bande dessinée concurrentes n’ont jamais eu une aussi grande couverture médiatique, même si on cumule les années !  »

Didier Convard (scénariste) :
« L’ésotérisme amène à une réflexion sur les autres et sur soi-même, et donc forcément à la fraternité. »

Gérard Depardieu
Photo : D. Pasamonik

Gérard Depardieu (comédien) :
« J’adore Obélix ! Je suis Obélix ! C’est un rôle naturel pour moi. D’ailleurs, dans la vie, je suis Obélix, au moins à 95% ! »

Thierry Joor (éditeur chez Delcourt)
« L’ambition [des éditions Delcourt] sur Toto ou sur Shampooing reste la même… »

Yves Frémion (journaliste critique de bande dessinée) :
«  …Il y a une attitude qui consiste à dire : « La bonne BD, c’est la nôtre ». J’ai beaucoup de respect pour le travail que Menu a fait à L’Association. C’est un copain, je le respecte. Si tu prends ses critiques et que tu appliques sa grille aux choix de L’Association, ça tient parfaitement la route. Il y a des BD nulles qui ont été publiées à L’Association, il faut le dire ! Il y en a de magnifiques. Et il y a des BD parfaitement populaires ! Le meilleur exemple, c’est quand même Persépolis. En toute amitié pour Marjane Satrapi, ce n’est pas la plus grande dessinatrice du monde, mais c’est une remarquable narratrice. Son film est très fidèle à sa BD et il est formidable…. »

Philippe Geluck
Photo : Ch-L. Detournay

Philippe Geluck (dessinateur)  :
« Dans un classement des personnages belges, j’avais d’ailleurs été classé 13ème devant Rubens, et juste derrière Zénobe Gramme, l’inventeur de la dynamo… »

Hermann (dessinateur) :
« Mon métier est un échappatoire, une manière d’oublier la banalité de l’existence. Cette fuite est devenue une drogue. Et il n’y a rien à faire : il faut que je me drogue tout le temps ! Je préfère ce type de drogue à l’alcool ou la cocaïne... »

Atsushi Kaneko (mangaka et réalisateur japonais) :
« Dans mes dessins, je suis totalement libre, car personne ne peut m’embêter. Par contre, le cinéma exige de travailler en équipe, ce qui restreint la liberté. De plus, dans mes mangas, je tente des choses impossibles dans mes films. Par exemple, dans Bambi, j’ai utilisé des cadrages impossibles à réaliser au cinéma... »

Chris Lamquet (dessinateur) :
«  …Il n’est pas question de japaniser notre mode de travail. En tant qu’auteur européen, ça n’a jamais été mon choix de me péter la santé à dessiner 15 heures par jour… »

Patrice Leconte (Cinéaste) :
« . On sait très bien que les arts : la musique, la peinture, le dessin… peuvent se travailler dans des écoles ; mais on sait très bien dans un même temps qu’il y a certaines fées particulières qui se penchent sur certains berceaux et qui donnent le don de la musique à Mozart, et celui du dessin à Blutch. Ils ont une avance considérable sur les autres car ils ont ce don. Quand je vois comment dessine Blutch, je ne sais pas s’il s’en rend compte, je n’en ai jamais parlé avec lui, mais il a pour moi un supplément d’âme. »

José Munoz
Photo : Arnaud Claes

José Munoz (Dessinateur, Président 2007 de l’Académie des Grands Prix d’Angoulême) :
« On arrive et on part. C’est comme une gare géante, la vie… »

Antonio Parras (Dessinateur)
« J’ai la chance d’avoir 78 ans ! J’ai donc connu l’époque dorée de la bande dessinée. Je vois encore certains grands auteurs comme s’ils nous avaient quittés hier : René Goscinny, toujours tiré à quatre épingles, avec un costume et une cravate raffinés qui le rendait aussi élégant que le Prince de Galles… »

Riss et Richard Malka (à propos de <I>La Face kärchée de Sarkozy)
« Bizarrement, les Chiraquiens ont adoré ce livre ! (rires) On nous a envoyé des lettres de remerciement... »

Hubert-Félix Thiéfaine (chanteur)
« …Mes enfants profitent aujourd’hui de ma collection de bandes dessinées, ils la complètent avec des choses plus actuelles, notamment avec des mangas… Et j’en profite à mon tour, puisque je me suis mis aux mangas !… »

Sergio Toppi (dessinateur italien) :
«  Lorsque je me suis rendu à Angoulême, j’ai réalisé à quel point la bande dessinée était importante ici. Les Italiens, au contraire, ont toujours considéré la bande dessinée comme quelque chose d’inférieur. Le mot même de « fumetto » qui désigne la bande dessinée en italien et qui signifie « petit nuage » pour évoquer le phylactère, est un diminutif. Tout est dit.  »

Tetsuya Tsutsui (dessinateur et scénariste japonais)  :
« Au Japon, le travail d’édition fait par Ki-oon [son éditeur français] sur Duds Hunt a même été méticuleusement copié car il était excellent !... »

Lewis Trondheim (dessinateur, scénariste et éditeur)
« Je gagne, pour moitié quasiment, ma vie en faisant des dessins publicitaires pour des banques ou des assurances…  »

Jean Van Hamme
Photo : Laurent Boileau

Jean Van Hamme (scénariste) :
« La surproduction entraîne des déchets. Il y a aura du dégât à un moment où l’autre : quand les rats sont trop nombreux, ils se bouffent entre eux ! Les ventes de fond se sont catastrophiquement effondrées. Savez-vous que les éditeurs gagnent plus d’argent sur le fond et sur certains droits dérivés que sur les ventes de nouveauté ? Autrement dit, si le fond chute, le bénéfice également. Et il deviendra donc de plus en plus difficile d’obtenir des financements pour de nouveaux albums. Il va forcément y avoir une auto-régularisation du marché. Les plus faibles paieront les pots cassés. À vrai dire, cette future crise ne nous concerne pas : nous ne faisons pas partie des plus faibles… »

William Vance (dessinateur) :
« La série [XIII] n’est pas terminée. Jean Van Hamme est arrivé à la fin d’un cycle, et a souhaité se consacrer à d’autres projets. Tout comme Rosinski, avec Thorgal, Jean me laisse la possibilité de continuer les aventures de XIII avec un autre scénariste… »

Interviews réalisées par : Nicolas Anspach, Thomas Berthelon, Laurent Boileau, Arnaud Claes, Charles-Louis Detournay, Baptiste Gilleron, Xavier Mouton-Duboscq et Didier Pasamonik.

UNE BONNE ET HEUREUSE ANNÉE 2008 !

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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En médaillon, Lewis Trondheim, publicitaire et auteur de bande dessinée, assailli par ses amis journalistes. Photo : D.Pasamonik.

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