Ils l’ont dit en 2011 : les interviews d’ActuaBD 1/3

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Ils l'ont dit en 2011 : les interviews d'ActuaBD 1/3
Charlie Adlard
(c) D. Pasamonik

Charlie Adlard (Dessinateur, Walking Death) : « Je suis un grand lecteur d’Astérix, mais aussi de Baru, notamment cet album qui est l’un de mes livres français favoris : “L’Autoroute du soleil”, un livre incroyable, un « Casterman-manga »... J’ai vu ses planches dans une galerie parisienne, son dessin est tout simplement fantastique. C’est à tomber. J’aime aussi des gens comme Gibrat dont j’adore le travail. J’ai même acheté une planche originale de Matteo à Paris. Et puis aussi Nicolas de Crécy, Jacques Tardi… Ses livres sur les tranchées de la Première Guerre mondiale sont particulièrement durs, époustouflants. »

Andreas (Auteur de Rork, Capricorne et Arq) : « Pour le lecteur, l’intérêt d’une série dépend généralement de sa thématique générale, et les miennes sont sans doute moins accessibles que d’autres. Mais c’est ma façon spécifique de travailler : c’est bien entendu long d’attendre vingt ans pour avoir les réponses, et il faut être patient. Quand on construit sa trame sur une telle longueur, il faut accepter cette complexité. »

Ange (Scénaristes de La Geste des Chevaliers dragons et de Marie des dragons) : « Il est difficile de jouer le jeu du mystère tout en tenant le lecteur en haleine. Si on en révèle trop, le lecteur n’est plus intrigué, et laisse tomber. Si on n’en révèle pas assez, le lecteur finit par penser qu’on se fiche de lui et qu’on ne connait pas les réponses : c’est le syndrome "Lost". »

Cuno Affolter (Bibliothèque municipale de Lausanne) : "...Nous envisageons la bande dessinée sous toutes ses formes, y compris les produits dérivés. Nous nous intéressons à son développement historique mais aussi social, sous l’angle de l’histoire culturelle. Nous collectons aussi bien les albums que les périodiques, les articles de presse, les dossiers de presse, les planches originales, les publicités, les gadgets promotionnels, les albums à colorier, etc. Nous avons autour de 130.000 documents. 50.000 albums sont classés mais beaucoup d’autres sont encore en attente d’être archivés. Nous avons plus de 1600 ouvrages consacrés à la bande dessinée."

Antonio Altarriba
(c) D. Pasamonik

Antonio Altarriba (« L’Art de voler ») : "S’il y a un reproche historique à faire à l’Espagne, c’est que nous avons laissé mourir notre dictateur dans son lit. On n’a pas réussi à l’expulser du pouvoir, même si les forces de l’opposition étaient importantes, parce que ces 40 ans ont été pour les conservateurs 40 ans de victoires, avec une très forte répression, une intoxication idéologique systématique dans les écoles et, effectivement, le « bras idéologique » pour ainsi dire de Franco, c’était l’Église qui, dans la perspective la plus conservatrice possible, maintenait la population dans la « peur du péché ». On vivait aussi dans la peur du communisme. On nous disait victime d’un complot « judéo-maçonnique international » et l’Espagne impériale, l’Espagne chrétienne, l’Espagne catholique, allait toujours vaincre tous ces ennemis. C’est cette histoire de la conspiration extérieure qui renforce toujours les dictatures. Peut-être n’avons –nous eu ni la force, ni le courage : nous avons dû souffrir 40 ans de dictature jusqu’à la lie alors que la modernité avait tué Franco depuis bien longtemps…"

Christophe Arleston (Scénariste de Chimère(s)) : « [Réaliser cette série chez Glénat] était l’occasion de balancer un petit coup de pied au cul de Mourad, et ça a très bien marché, car la semaine qui suivait mon annonce, le capitaine était de retour sur le pont et reprenait Soleil en main ! Chimère(s) était à la base un projet pour une série télévisée de Canal +, sur la thématique des maisons close. Mais notre proposition a été refusée car l’héroïne ne devait avoir que 13 ans, une idée farfelue de Melanÿn qui est une grande malade ! L’argument de la boîte de production était qu’on ne pouvait pas montrer une fille de 13 ans dans un bordel. »

Antoine Aubin (Dessinateur, Blake & Mortimer) : «  Je n’ai pas le sentiment d’être un artiste. C’est un statut – ou une posture – que je ne revendique pas du tout, et que je ne conteste pas d’ailleurs à d’autres dessinateurs. J’ai abordé ce travail autour de Blake & Mortimer comme les travaux que j’ai réalisés pour la communication ou pour Disney. »

Cati Baur (Dessinatrice, scénariste et coloriste de Quatre soeurs) : « Le récit des Quatre sœurs me plaisait profondément, me parlait, mais je n’aurais pas pu l’écrire car cela ne correspondait pas réellement à mon univers personnel. J’ai donc préféré me greffer dessus. Puis Vacance a été intense à écrire ! L’accueil du livre m’a aussi paru étrange : j’avais l’impression d’être mise à nu par les questions des journalistes qui désiraient tout ramener à ma propre expérience alors qu’il s’agissait d’une fiction ! J’ai donc voulu prendre une distance de sécurité, et l’adaptation me semblait une bonne opportunité en me laissant porter par le récit d’une autre. »

Pierre Bailly (dessinateur de Petit Poilu) : « Bien sûr, j’essaie de m’amuser. L’inspiration première vient en observant les enfants, les histoires qu’ils nous racontent, ou nos propres souvenirs d’enfance… Mais l’inspiration est également tout autour de nous : du dessin sur un paquet de chip’s au vieux manga, en passant par les Lego ou les dessins animés et séries que l’on aime. Il n’y a pas de limites. Le cadre de base est tellement précis, avec notre petite mécanique, que tout est permis graphiquement. »

Jimmy Beaulieu
(c) T. Lemaire

Jimmy Beaulieu (dessinateur et scénariste de Comédie sentimentale pornographique) : « Le titre de tout le projet, c’était À la faveur de la nuit. CSP c’est un peu effronté parce que c’est à la fois complètement sincère et un pur mensonge. CSP ça évoque quelque chose de plus léger que ce qu’on trouve dans le bouquin. Et en même temps il y a des scènes pornographiques, il y a des trucs drôles, et puis c’est très sentimental aussi. Et puis la manière dont je fais la pornographie est très sentimentale et très drôle. C’est comme une célébration. Comme un antidote au monde un peu déshumanisé dans lequel on vit. D’ailleurs, travailler sur mes planches, c’était un refuge pendant que je faisais ça. Mon épouse a étudié un an en Suisse pendant ce temps-là. J’étais tout seul et je suis devenu complètement autiste. Et un peu « surlibidineux », si on peut inventer ce mot là (rires). »

Christophe Bec (Auteur de Promothée, dessinateur de Sanctuaire et de Doppelgänger : « C’est suite aux soucis juridiques et aux sanctions disproportionnées que j’ai dû changer radicalement ma méthode de travail. Comme je dessine en grande partie d’après photos, j’ai décidé de générer à la base toutes les images moi-même, et donc dessiner un blockbuster comme ‘Prométhée’ qui se déroule aux quatre coins de la planète devenait très compliqué. [… Pour Doppelgänger,] j’ai donc fait un shooting avec modèles et acteurs au préalable, cela ressemblait un peu à un tournage de film. »

Tonino Benacquista (Écrivain, scénariste) : « Le bonheur des autres, quand il est explicite, est toujours terriblement dérangeant pour celui qui souffre. On aurait alors tendance à dire qu’il est lénifiant. Ce qui n’est pas le cas, bien entendu. »

Beno (Dessinateur de L’Autre Terre) : « Vu les retours assez faibles [du tirage du premier tome], Jean Waquet m’a donc informé d’un second tirage de trois mille exemplaires, qu’on signait bien entendu pour le second tome avec une augmentation. De retour chez moi, je me remets donc au travail avec entrain mais, quatre mois plus tard, je reçois un coup de fil de mon scénariste Serge Perrotin, m’annonçant la fin de la série ! […]Nous nous sommes mis en quête d’une autre maison d’édition et c’est comme cela que Joker nous a accueillis à bras ouverts ! »

Charles Berberian
(c) M. Di Salvia

Charles Berberian (dessinateur et scénariste de Monsieur Jean, Juke Box) : « La vocation du dessin, comme le croquis de voyage, c’est de retenir le temps. Les dessinateurs qui dessinent la musique veulent retenir ou retranscrire la musique mais aussi capturer l’impression, le sentiment que crée la musique. Les journalistes rock le font à travers l’écriture. Il y a réellement une littérature rock qui s’est créée par la musique. Aux Etats-Unis, ce sont des gens comme Lester Bangs ou Hunter S. Thompson. Chez nous, un type comme Philippe Manœuvre a inventé la littérature rock française. Ça n’est pas par hasard que Virginie Despentes se soit retrouvée à écrire dans Rock & Folk. Elle y a écrit de superbes articles sur les Ramones, entre autres. Il y a d’autres exemples : Vincent Ravalec, Philippe Jaenada. Ce sont des écrivains français que j’aime beaucoup, qui ne placent pas la littérature sur un piédestal, mais qui sont influencés par le rock. Nick Hornby fait aussi partie de cette famille. Ce que j’essaie de faire en bande dessinée, ça n’est justement pas l’air guitar… Avec mes dessins, j’essaie de m’approcher de la démarche des journalistes de rock. »

Philippe Bercovici (Dessinateur, Les Femmes en Blanc) : « Avec « Ben Laden Dévoilé », Je suis passé de l’obscurité totale à une certaine exposition. Même Bernard-Henri Lévy a parlé de cette bande dessinée. »

Dominique Bertail (Dessinateur, Ghost Money) : «  Ce serait vraiment la pire des angoisses. Cela signifie que j’aurais fait le tour de mon dessin et donc que plus rien ne m’animerait, que cela ne servirait plus à rien d’avancer… Ce serait une petite mort, vraiment. Chaque jour, chaque case représente un nouveau monde. »

Benoît Berthou (enseignant-chercheur) : « Les études s’appuyant sur la bande dessinée ne sont pas rejetées, bien au contraire : il y a même un certain enthousiasme. Par contre, il manque clairement de compétences : la plupart des chercheurs ne savent pas comment l’aborder, c’est-à-dire qu’ils ne savent pas faire appel à d’autres chercheurs et encore moins évaluer leurs propositions. C’est bien compréhensible : au fond, le seul diplôme universitaire consacré à la bande dessinée est le Master qu’a conçu Thierry Smolderen à l’EESI d’Angoulême… « 

Enki Bilal (Dessinateur, scénariste et coloriste de Julia & Roem) : « J’ai tellement déjà écrit et dessiné sur les dictatures, la politique, les religions, l’obscurantisme et l’économie que je voulais aborder des sujets plus vastes et plus universels en même temps. [...] Pour moi, ces récits sont “planétologiques”, au-dessus de [l’écologie]. Ce n’est pas pour autant que je sois pessimiste, car je trouve que la vie est un parcours superbe, mais en voyant que les catastrophes s’accumulent, je me suis laissé guider par cette idée que la Planète elle-même voulait nous transmettre un message. »

Emile Bravo
(c) M. Di Salvia

Émile Bravo (dessinateur et scénariste des Epatantes aventures de Jules) : « Je pense que quand une BD jeunesse est mûre, c’est de la BD adulte. Et vice versa. Une bonne bande dessinée d’adulte doit être lisible par des enfants. Exactement comme un classique de littérature l’est. Ces classiques n’ont pas été faits pour les enfants, et pourtant on demande de les étudier au collège. Aujourd’hui, le problème est qu’on mélange encore BD pour adultes et BD pour adolescents. Les albums avec sexe et violence c’est un truc masturbatoire. Un adulte, ça lui tombe des mains un truc comme ça, c’est pas possible. Un adulte peut apprécier un classique pour enfant : Hergé, Franquin ou Goscinny, ça comporte plein de niveaux de lecture. Je cite aussi souvent en exemple Maus d’Art Spiegelman. Ça peut être lu par des enfants. Il a zoomorphisé les personnages et grâce à ce graphisme stylisé, il peut raconter et montrer l’horreur. Il a réussi à la rendre visible graphiquement, car c’est ton cerveau qui doit décoder l’horreur. Je pense particulièrement à l’image de la fosse avec les rats qui brûlent. C’est une image terrifiante, mais tu peux la voir. Si c’était dessiné de manière réaliste, ce serait obscène. Si c’était écrit avec des mots, ce serait obscène aussi. C’est ça la force de la BD. Voilà une BD adulte ! »

Thierry Bouüaert : (Scénariste, dessinateur La Garden Party) : « Peu d’auteurs vivent correctement de leur art. Ce n’est pas parce qu’un auteur de BD passe à la radio, à la télévision et que l’on parle souvent de lui dans la presse, qu’il gagne forcément bien sa vie ! Il y a un grand malentendu par rapport à cela ! Les auteurs touchent des avances sur les droits qui découleront de la vente des albums. Mais aujourd’hui, le marché étant saturé, il est devenu plus difficile de combler les à-valoir, et ainsi pour les auteurs de toucher des droits supplémentaires. Il y une grande différence entre la réalité et le « décorum à paillettes ». »

Antoine Buéno (auteur d’un essai sur les Schtroumpfs) : "je revendique le fait qu’il s’agit d’une véritable étude. Il s’agit d’une analyse fouillée. Je ne pars pas dans des délires, j’essaie d’être prudent, en particulier vis-à-vis des créateurs des Schtroumpfs et plus particulièrement vis à vis de Peyo : aucune accusation, aucun règlement de compte d’une quelconque manière, aucune envie non plus de désenchanter quoi que ce soit puisque moi-même, je reste enchanté. À mon avis, on peut superposer une grille de perception d’adulte à son émerveillement d’enfant. C’est ce qui m’arrive : j’aime toujours les Schtroumpfs et peut-être même davantage tout en les ayant passés au crible de ma formation. Moi, c’est la science politique, mais cela aurait pu être tout autre chose. En même temps, c’est une analyse qui ne se prend pas au sérieux parce qu’elle est effectuée sur un objet ludique, un objet de divertissement populaire. Si je tiens à ce balancement-là, c’est parce que je tiens à l’idée que l’on peut passer au crible n’importe quelle œuvre populaire et parce que ce n’est pas parce qu’elle est amusante, ludique, populaire et même faite pour les enfants qu’elle ne véhicule pas un certain nombre d’idées, une perception du monde, un Panthéon, une idéologie, etc.."

Frédéric Cambourakis (Editeur) : "Le monde du livre est en crise, depuis deux ans je dirais et, aspect nouveau, après une très longue période faste, la BD est elle aussi en crise et ce, depuis une petite année. C’est une crise générale qui n’a aucune raison d’épargner la BD « alternative ou indépendante », donc oui elle est en crise. Mais une crise spécifique à ce domaine ? Il a évolué, c’est sûr, la quantité des éditeurs notamment, et le nombre de titres, d’où un premier problème de surproduction dans un marché dont le public reste limité. De plus, la vieille distinction entre éditeurs indépendants, très intransigeants artistiquement et politiquement, et les gros éditeurs commerciaux a disparu, le paysage est désormais plus complexe, avec des éditeurs qui visent à la fois une réelle qualité et l’ambition commerciale. Donc oui, en gros tout le monde essaie de se débrouiller, c’est une sorte de crise de croissance…"

Raoul Cauvin
(c) N. Anspach

Raoul Cauvin (scénariste, Cédric) : «  Écrire un scénario, c’est un travail de plusieurs semaines. Et entendre un « non » d’un éditeur, cela ne dure que quelques secondes. »

Philippe de Chauveron (Réalisateur, L’élève Docubu : « J’ai tout de suite adhéré à l’Elève Ducobu. Cette série me rappelait un peu mon enfance, car j’ai moi aussi été un cancre. Je suis resté un gosse au plus profond de moi et j’aime ce rapport à l’enfance. Ducobu est un antihéros, qui peut-être perçu comme négatif, car il passe son temps à copier, à tricher et à s’inventer des excuses pour ne pas travailler »

Olivier Cinna (Dessinateur, Fête des Morts) : « Pour moi, une BD en noir et blanc, c’est une bande dessinée mise en couleur. Les couleurs sont simplement plus suggestives. Si je fais un coucher de soleil en noir et blanc, le lecteur imaginera les autres tonalités. Cela laisse plus d’ouverture au lecteur pour « fantasmer » sur la case, le dessin »

Thierry Coppée (Auteur des Blagues de Toto) : « Je réponds d’abord à un plaisir personnel de donner beaucoup de détails, même si on me reproche parfois mes décors trop chargés. Puis je veux être certain d’avoir donné assez au lecteur, pour qu’il soit rassasié à la fin de l’album.[… J]e me dis que si l’enfant a lu le gag en moins d’une minute, il prendre plaisir à une seconde lecture en profitant de ces petits détails insolites. »

Nicolas de Crécy (Auteur de Salvatore et dessinateur du Lonely Planet consacré à Florence) : « Ss’engager dans un prochain album de bande dessinée de 60 ou 80 pages est un investissement assez lourd, et comme j’ai déjà essayé pas mal de voies différentes, je ressens un souci de renouvellement sur ce média. Je pense qu’il y a des moyens autres que la bande dessinée pour s’exprimer en dessin. J’ai déjà réalisé quelques très grands dessins que je n’ai pas encore montrés pour l’instant. […] Le dessin peut […] être entier sans être lié à l’illustration. […] Mais pour ma part, je suis toujours en recherche. On verra où cela me mènera… »

Luigi Critone (Scénariste, dessinateur et coloriste de Je, François Villon) : « [François Villon] n’a pas vécu longtemps, mais intensément ! Le second tome sur lequel je travaille pour l’instant comporte ses actes les plus atroces. À un point tel que j’ai interrompu ma lecture en me demandant si je pourrais vraiment transposer cela dans la bande dessinée. Cela m’a donc fait douter de travailler sur cela pendant des années. Mais Villon était aussi un merveilleux poète en avance sur son temps. Ses origines particulières ont donné ce résultat caractéristique : un génie de la poésie et un criminel qui a très mal tourné, irrésistiblement attiré par le pouvoir et la liberté d’être au-dessus des lois. C’est ce double aspect qui fait tout l’intérêt du personnage. »

Thierry Culliford
(c) D. Pasamonik

Thierry Culliford (Studio Peyo) : "Ce qui m’a choqué, bien que certaines choses m’étaient connues car il n’a pas tout inventé là-dedans : que les Schtroumfs sont la plus grande communauté homosexuelle de la bande dessinée, qu’ils sont communistes car c’est une société égalitaire, que le Grand Schtroumpf a une barbe blanche comme Karl Marx, que son bonnet est rouge comme la couleur du communisme, que le Schtroumpf à lunettes ressemble à Trotski, cest qu’il affirme que Gargamel est un stéréotype antisémite qui représente la mainmise des juifs sur le capital mondial, cela, j’en avais entendu parler…. C’est tout et n’importe quoi. C’est sa vision de l’œuvre. Elle est rendue publique, je laisse faire. Ce qui me dérange, c’est qu’il laisse entendre, il évite de le dire ouvertement, que mon père puisse avoir eu des opinions nazies ou antisémites qu’il n’a jamais eues. Mon père n’était pas engagé politiquement. Lorsqu’il y avait des élections en Belgique, je me souviens qu’il demandait à ma mère comment il fallait voter. Il s’en foutait royalement. Si Buéno voit tout cela, c’est son affaire, mais je ne le cautionne pas. Parce qu’il n’a pas rencontré l’auteur et parce que, comme il emploie des termes sérieux, il y a des gens pour prendre tout cela au premier degré."

(par Thierry Lemaire)

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Photo en médaillon : © CL Detournay

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Propos recueillis par Nicolas Anspach, Charles-Louis Detournay, Morgan Di Salvia, Thierry Lemaire, Didier Pasamonik, Marianne St-Jacques - Les extraits présentés sont leur propriété respective.