Imbattable T1 : « Justice et légumes frais » - Par Pascal Jousselin - Dupuis

28 avril 2017 14 commentaires
  • Avec Imbattable, Pascal Jousselin invente le premier super-héros de bande dessinée qui a conscience d'en être un, et en profite pour exploser les codes de la bande dessinée dans des histoires ne manquant pas d'humour.

Imbattable vit dans une petite ville tranquille de province où son quotidien est rythmé par son marché hebdomadaire et ses visites dominicales chez sa mémé. Mais Imbattable a une particularité, il a conscience d’être un héros de bande dessinée, ce qui lui donne des pouvoirs incroyables qu’il utilise pour défendre la veuve et l’orphelin. Il a notamment la faculté de passer de case en case à travers la planche, mais aussi de regarder les cases suivantes pour s’informer et ainsi anticiper la suite de son histoire. Il combat, avec l’aide de son ami le capitaine de gendarmerie Jean-Pierre, des méchants comme le bien caricatural savant fou ou Le Plaisantin, mais rencontre aussi des personnages avec des pouvoirs tout aussi étranges comme Toudi et Pépé Cochonnet.

Imbattable T1 : « Justice et légumes frais » - Par Pascal Jousselin - Dupuis
Imbattable - Par Pascal Jousselin - Éditions Dupuis

Publiée depuis 2013 dans Spirou. La série a rapidement enthousiasmé les lecteurs de l’hebdomadaire, au point que, d’abord prévue pour six ou huit planches, elle se voit désormais gratifiée d’un album. Une fois le concept mis en place dans les premières planches de l’album, Pascal Jousselin n’hésite pas au fil des histoires à jouer de plus en plus avec les phylactères, les profondeurs, les recto-verso, pour inventer des histoires de plus en plus drôles et originales.

Imbattable - Par Pascal Jousselin - Éditions Dupuis

Avec Imbattable, Pascal Jousselin joue avec les codes du neuvième art et avec ce qui est probablement le plus important dans la bande dessinée, la narration. S’il n’est pas le premier à tenter ça, il a la particularité de l’avoir fait dans le cadre d’une série d’aventure classique franco-belge très grand public, mais aussi d’avoir rajouté un côté humoristique autour des agissements du véritable super-héros de bande dessinée. En effet, il est jubilatoire de voir la réaction d’incompréhension des personnages secondaires face aux superpouvoirs d’Imbattable, mais aussi le déni des méchants alors que leur défaite est déjà écrite.

Imbattable - Par Pascal Jousselin - Éditions Dupuis

(par Adrien LAURENT)

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14 Messages :
  • Le travail de Jousselin est très intéressant, et a l’avantage de pouvoir satisfaire aussi bien les enfants que les adultes : lisibilité, construction de la planche, humour...

    Il est dommage pour l’auteur de l’article de ne pas avoir davantage mis en perspective cette création dans le 9ème art : il aurait été judicieux à tout le moins de parler de références comme Fred dans "Philémon", qui était - je crois - "une série d’aventure classique franco-belge très grand public" non ?

    Après, on peut parler aussi d’illustres inconnus tels que Gotlib, Druillet en matière de destructuration de la planche, ou remonter à Winsor Mc Cay et son "Little Nemo" ou Gustave Verbeek avec "Dessus-Dessous" fascinant.
    François Schuiten dans "Nogegon" est également une lecture remarquable.

    La BD est un éternel recommencement...

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    • Répondu par Frenchoïd le 29 avril 2017 à  12:07 :

      Si on tente une généalogie (exhaustive ?) des chambouleurs de la structure du médium, ajoutons-y donc Will Eisner !

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    • Répondu par Mikekafka le 30 avril 2017 à  08:46 :

      La bd semble amusante et originale mais la chronique pêche en ne mentionnant pas tous nombreux dessinateurs ayant eu recours à une telle technique ou similaire. Parmi tous les noms cités, il manque celui de Serge Gennaux et de son homme aux phylactères !

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      • Répondu le 30 avril 2017 à  16:54 :

        Il est cité par Franck Geiz le 28 avril juste en dessous de votre commentaire.

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  • Autant dans Spirou ça peut parfois être drôle (rarement quand même), mais comme le ressort narratif est toujours le même et ne se renouvelle pas, ça devient indigeste en album. Là où Fred l’utilisait avec parcimonie dans le cadre d’une aventure, certes absurde mais ayant sa propre logique, et où Gotlib le faisait avec génie avec la fameuse girafe, Jousselin l’applique mécaniquement, comme un fonctionnaire de l’oubapo, avec un dessin certes efficace mais esthétiquement quelconque, on se retrouve plutôt avec le fils de l’homme aux phylactères de Gennaux qu’avec un Windsor McCay.

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    • Répondu par Zot ! le 29 avril 2017 à  21:10 :

      Je vous trouve bien dur ! Certes, il ne faut pas lire cet album d’une traite, il y a tant de performances que cela peut lasser le lecteur. Mon conseil : le lire à petites doses.

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      • Répondu par danielsansespace le 5 juillet 2017 à  17:37 :

        Personnellement, je l’ai lu d’une traite, en trouvant que d’une histoire à l’autre le renouvellement était total : on change de format, de longueur, de personnages, de principe narratif, bref, je me suis régalé et j’ai été étonné de voir une déclinaison des possibilités sans y trouver de redite. C’est vraiment brillant et pas lassant à lire d’une traite.

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  • Si l’article ne cite pas certains des auteurs qui ont déjà joué avec les codes BD c’est bien parce que ce n’est pas essentiel. En chroniquant un album on donne envie ou pas à d’éventuels curieux d’aller y jeter un œil . Au mieux ils iront acheter le bouquin. Chaque livre qui sort pourrait être ainsi comparé à des dizaines de prédécesseurs ; quel intérêt ? Quand un album constitué de gags familiaux est en librairie on ne refait pas l’historique du family strip . D’autant que réfléchissez aussi à la portée d’une telle mise en perspective ; il y aurait une attitude de décrédibilisation, une volonté de minorer l’originalité alors qu’il faut plutôt "lire" cet auteur comme justement un continuateur enjoué de ce genre de gymnastique ludique. Le sujet d’Imbattable est 100% original et l’idée d’un super-héros avec ses traits de caractère le place d’emblée aux côtés des anciens / La bande dessinée a dès ses débuts joué avec sa propre narration ; le rire ici est déclenché par les situations, les anecdotes et pas seulement par la volonté de s’amuser de la technique.

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    • Répondu par Norbert le 2 mai 2017 à  00:08 :

      Je ne pense pas que la grande majorité des acheteurs de cet album l’auront acquis sur les conseils de cet article...
      C’est un ouvrage qui se promeut très bien tout seul dans les rayons des librairies et supermarchés. Et les enfants, dont c’est le principal public cible, sont les prescripteurs d’achat et n’en ont à mon avis rien à battre de ce qui est écrit ici...

      L’intérêt d’en parler sur ActuaBD, c’est donc bien de mettre cette œuvre - dont je ne nie aucune des qualités - en perspective dans la production qui l’a précédée ou qui l’environne.

      Cet album - je le redis - est une réussite et a suscité à juste titre toute mon attention.
      Mais s’il s’agit juste de dire que c’est bien, sans approfondir un peu, quel intérêt ?
      Cela ne signifie pas que, parce qu’on soulignerait que le procédé a déjà été utilisé, il n’a plus lieu d’être. Il me semble qu’au contraire, il est intéressant de découvrir comment un nouvel auteur s’en est emparé et est parvenu à proposer une vision différente de la chose.

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    • Répondu le 2 mai 2017 à  06:50 :

      "Chaque livre qui sort pourrait être ainsi comparé à des dizaines de prédécesseurs ; quel intérêt ?"

      On se le demande. Meiux ! Il faudrait écrire des chroniques vides, sans références juste pour dire que l’objet existe et qu’il faut l’acheter. Et pour donner un peu de sens à ces chroniques, on attendrait religieusement que Sergio Salma nous livre son petit commentaire. Ainsi, nous serions quoi et comment penser. Amen !

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      • Répondu par Sergio Salma le 2 mai 2017 à  13:11 :

        j’ajoute pour vous énerver derechef que Jousselin utilise ces jeux sur la technique pour faire rigoler et pastichant en plus les super-héros, double effet-gag ; ça c’est aussi très original.

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      • Répondu par Sergio Salma le 2 mai 2017 à  13:13 :

        J’oubliais. Mais non, il est encore plus jouissif en lecture soutenue plutôt qu’en tranches espacées , on comprend d’autant mieux les subtilités, les digressions. On s’en amuse d’autant plus.

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      • Répondu par Sergio Salma le 2 mai 2017 à  13:18 :

        Et pour faire encore bouillir votre cerveau, le site Actua BD propose différents types d’articles. Il y a les news, les sorties d’albums ou événements, l’info un peu nue. Puis d’autres articles où on creuse un peu plus et enfin de véritables lectures critiques. Ces différences vous auront échappé sans doute. Une interview de l’auteur( et pourquoi pas tiens ?) permettrait alors d’approfondir comme vous le dites.

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  • Un album recommandé par de nombreux libraires BD, un album que mes enfants ont adoré (leurs copains/copines aussi) et un album que j’ai également apprécié.
    Bref, une bonne BD qui s’inspire (peut-être) d’œuvres précédentes et qui en inspirera peut-être à son tour.

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