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Inauguration de la rue Hergé à Angoulême

  • Même le service de sécurité ne s'attendait pas à autant de monde! Mais lorsque les princes de Belgique se déplacent en France, les républicains français sont à la fête! C'était donc la foule des grands jours à Angoulême, ce jeudi 23 janvier 2003, rue Marengo à Angoulême, aux alentours de midi trente. Rue qui allait changer de nom dans quelques instants.

Rien que du beau monde. Arrivé le premier, le président du festival de cette année, François Schuiten, s’apprête à accueillir les personnalités. Rejoint très vite par son comparse de toujours, Benoit Peeters, et par le directeur du festival, Jean-Marc Thévenet, il va passer une demi-heure à serrer des mains. Dans la foule massée pour applaudir le futur Roi des Belges, on reconnaît Tibet, De Groot, Lamquet, Jannin, Cornette et aussi Jaco Van Dormael. Parmi les officiels, le bourgmestre de Bruxelles Freddy Thielemans, le ministre-président belge Hervé Hasquin, le maire d’Angoulême Philippe Mottet et le ministre français de la culture Jean-Jacques Aillagon.

Inauguration de la rue Hergé à Angoulême

Lorsque la voiture princière arrive, des femmes se mettent à pleurer ! L’une d’elle crie "Vive le Roi des Belges" et le prince Philippe répond, amusé, "Pas encore !". Le cortège descend rapidement la rue Marengo pour arriver à la place du même nom. La veuve d’Hergé, Madame Fanny Rodwell, toujours aussi resplendissante, les accueille avec un grand sourire. Les discours lénifiants peuvent commencer. Il est amusant d’écouter celui du ministre belge Hasquin : il affirme sans rougir être pour le prix unique du livre en Belgique alors que son parti se bat pour y enlever la bande dessinée. Serait-ce parce qu’il sait que ses auditeurs sont pour la plupart opposés à ce que l’on retire la BD ?

Vient enfin le moment où le Prince Philippe doit enlever le drap reposant sur la statue d’Hergé qui trônera désormais en bas de la rue. Ses seuls mot seront "Mille milliard de mille sabords, ce n’est pas si simple que cela !". On découvre alors, en phase avec les discours, une statue dans le plus pur style stalinien : c’est celle que l’ami de toujours, Tchang a réalisée. Tant pis, on devra s’en contenter.

Et voilà déjà reparti le groupe vers l’hôtel de ville, où un repas les attend. Mais cette fois, ce n’est plus la rue Marengo qu’il remonteront, mais la rue Hergé. A l’hôtel de ville, cohue et confusion : personne ne sait s’il est invité ou non à partager le repas princier. Philippe Geluck arrive en retard. Assailli par des demandes d’autographe, il se prête de bonne grâce aux devoirs de sa gloire, mais répète chaque fois la même phrase : "Excusez-moi, Mathilde m’attend". J’aperçois Raymond Leblanc qui rejoint le repas. Il est temps pour moi de redescendre en ville.

Le fin mot de l’histoire. Un peu perdu dans cette ville que je connais mal, et cherchant à me rendre à un rendez-vous, je demande à une charmante jeune fille, qui porte un badge "stagiaire CNBDI" mon chemin. Celle-ci, très serviable, me suggère de la suivre. On repasse par la rue Marengo/Hergé, et je lui explique qu’on vient de l’inaugurer. Elle me demande, candide : "Ah, ce Monsieur Hergé, c’est aussi un auteur de BD ?" Je ne sais pas quel stage elle fait au CNBDI, mais j’espère que c’est n’est pas celui d’historienne de la BD !

(par JLM)

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