Intégrale Juan Solo - Bess et Jodorowsky - Humanoïdes Associés

14 novembre 2002 0 commentaire
  • Il est né avec une queue et, pour cela, rejeté par ses parents. Les premières heures de son existence, il les a passées sur une décharge publique avant d'être sauvé par un nain travesti, rejeté lui aussi par tous. Est-ce pour cela qu'il est devenu ce tueur violent incapable du moindre sentiment de pitié, qui n'hésitera pas à massacrer dans les conditions les plus effroyables ceux et celles qui seront sur son chemin, avant de sombrer lui-même dans l'horreur? Les Humanoïdes Associés rééditent en intégrale le destin hors-normes de Juan Solo, assassin sanguinaire qui deviendra messie expiatoire lorsqu'il rencontrera plus misérable que lui.

Huatalco City est un concentré des maux sud-américains contemporains : pauvreté, corruption et violence sont présents dans toutes les strates de la société. C’est dans une décharge infâme de la ville que Juan Solo a été abandonné, à peine âgé de quelques semaines. Il ne devra son salut qu’à Demi-Litre, un nain travesti et prostitué qui le prend sous sa protection.

Demi-Litre et Juan ont un point commun, leurs physiques hors norme : la petite taille pour le premier et une longue queue de chien pour le second, étrange héritage génétique de parents inconnus. Mais le jour ou un groupe de malfrats battent à mort Demi-Litre sous les yeux de Juan, sa vie bascule. Son protecteur décédé, il décide de gravir un à un les échelons de cette société qui l’a mis à mal depuis sa naissance.

C’est par la violence que Juan Solo va se faire connaître. Braquages et meurtres vont se succèder, lui ouvrant peu à peu les portes d’un pouvoir politique corrompu, avide d’hommes de main efficaces et sans scrupules. Il pourra alors partir à la recherche de sa véritable identité et entamer une quête initiatique qui le mènera aux limites de la conscience humaine…

 

(par Patrick Albray)

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On retrouve, dans les quatre volumes inégaux de cette saga, les thèmes habituels de Jodorowsky, l’hyper-violence, la sexualité exacerbée, des êtres marqués dès l’enfance par l’horreur et qui en gardent une haine profonde, et les clichés psychanalytiques (ici, Juan Solo couche avec sa mère et tue son propre père, allusion peu subtile à l’oedipe cher à Freud). Il faut avoir le cœur bien accroché pour encaisser les scènes extrêmement violentes (une violence souvent gratuite) de ces livres au scénario hoquetant, passant de l’outrance à quelques belles idées trop rapidement évacuées (comme celle de fantômes de victimes de Solo qui se mettent à l’accompagner, apparue à la seconde moitié de la saga, et sous-utilisée). L’ensemble est sauvé par une belle fin et par un Georges Bess dont le style évoluent tout au long des quatre tomes, et qui nous offre, pour terminer, de très moebiusiennes et superbes scènes.

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