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« Intégrale Ric Hochet » (Tome 1) par Tibet et Duchâteau - Le Lombard.

  • Aujourd'hui, la télé donne l'impression d'être une officine de propagande pour Monsieur Sarkozy : {Navarro, Derrick, Une Femme d'Honneur, Les Experts...} Plus possible d'en échapper : « Police ! Vous êtes cernés ! » C'est pourquoi quand on peut lire un bon vieux {Ric Hochet}, on a la nostalgie d'une époque où les journalistes faisaient leur enquête pour aider les policiers.

Inspiré par les whodunit (Qui l’a fait ?), ces romans policiers anglais qui favorisent le light suspense au détriment de l’enquête, dont les modèles sont Conan Doyle, Agatha Christie ou John Dickson Carr, Ric Hochet bénéficie aussi de l’influence des héros de papier de son époque, notamment le Jean Valhardi de Jijé.

Evidemment, maintenant que la mode est à l’enquête de procédure (les scènes se passent davantage dans les morgues et les laboratoires que sur le terrain et le contexte juridique de l’enquête est systématiquement surdimensionné), ces œuvres légères sans prétention peuvent paraître fadasses face aux policiers « hard boiled » qui envahissent l’écran : violence récurrente, scènes de viol, personnages de détraqués à tous les étages. Ce monde de gentlemen cambrioleurs semble s’être construit hors de toute réalité.

C’est oublier que cette dérive s’adresse aux goûts les plus bas du public. Faut-il dire aussi que le système a besoin, pour s’alimenter en crédits, de répéter que le crime est de plus en plus organisé et que, de toute façon, « la vérité est ailleurs ». C’est pourquoi je perçois comme une bouffée d’oxygène les enquêtes naïves du journaliste en tweed dont l’issue consiste tout simplement à faire fonctionner sa jugeote. Ce n’est peut-être pas très novateur mais c’est reposant, et en tout cas honnête.

(par Didier Pasamonik (L'Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

 
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