Intégrales et beaux livres pour commencer l’année : Dargaud, la stratégie évolutive

4 janvier 2019 2 commentaires
  • L'éditeur historique français a compris depuis longtemps l'importance des beaux livres construits autour de ses séries-phares. Sur ce terrain, Dargaud continue de diversifier sa thématique d'offres tout en augmentant le nombre d'ouvrages proposés. Un sérieux concurrent à Dupuis ?

Légèrement à part de la stratégie éditoriale des albums, les « beaux livres » constituent un marché spécifique qui continue à augmenter d’année en année. Plus question donc pour les éditeurs de le laisser en jachère ! Tant en termes de valorisation de leurs séries majeures que d’apport financier, il faut travailler son programme pour viser juste. Mais comment s’y prendre pour tenir la longueur face aux cadors du genre ?!

Intégrales et beaux livres pour commencer l'année : Dargaud, la stratégie évolutiveDupuis truste effectivement le podium des intégrales patrimoniales, n’hésitant à allouer près de 70 pages à des dossiers prenant l’allure de monographies, ou à puiser dans les archives du Journal de Spirou pour dévoiler des pépites inconnues ou oubliées du grand public.

Le marché du beau livre ne se limite pourtant pas à ce premier créneau. En caricaturant, on pourrait comptabiliser au minimum trois secteurs complémentaires : les monographies à proprement parler (y compris les art-books) ; les intégrales simples qui compilent uniquement les albums d’une série ; et les ouvrages augmentés, proposant un nouvel angle de lecture pour un récit, que cela soit au niveau de la forme, de la présentation, voire de la couleur.

C’est justement dans ce dernier secteur que Dargaud se distingue depuis plusieurs années, comme le confirment les sorties de ces dernières semaines. Dans la foulée d’O’Boys et autres Long John Silver, Dargaud publie ainsi le quatrième tome de son western phénomène Undertaker dans un très grand format (37 sur 30 cm). Un ouvrage à l’envergure du « méchant » mis en scène par Xavier Dorison, Ralph Meyer et Caroline Delabie, et qui propose une fois de plus les huit premières planches du prochain tome, dans un noir et blanc qui restitue au mieux le trait et la nuance des aplats du dessinateur : un must !

Dans le tirage grand format d’Undertaker, le début du tome 5 en noir et blanc permet de profiter du trait de Ralph Meyer

Dans un format presque aussi ambitieux, la compilation du dernier cycle de Djinn est tout aussi immanquable ! Quarante-cinq euros pour la compilation des quatre albums du cycle indien à la dimension proche d’un tirage de tête, voilà un excellent rapport qualité-prix pour profiter des dernières pages dessinées par Ana Mirallès, au sommet de son art. L’éditeur démontre d’ailleurs la place qu’il laisse à la dessinatrice en omettant toute forme de titraille sur la couverture : le regard de la djinn suffit à identifier la série et à… ensorceler le lecteur !

Cette intégrale en grand format comprend également un cahier graphique de seize pages regroupant dessins et esquisses

Dargaud consacre également deux dessinateurs mythiques : Enrico Marini pour son remarquable Batman via une version du second tome augmenté d’un très beau cahier graphique ; ainsi que Grzegorz Rosinski qui vient de tirer sa révérence avec son dernier Thorgal.

Pour rendre hommage au dessinateur polonais, l’éditeur publie une nouvelle version du récit imaginé à son attention par Yves Sente : La Vengeance du Comte Skarbek. On savait que le scénariste avait répondu à ses attentes picturales en développant de grandes cases et un récit liés aux peintres, afin que Rosinski laisse exploser sa couleur directe. Par contre, on ignorait que le dessinateur voulait s’essayer à quelques dessins plus charnels… avant de se raviser au moment dessiner ces séquences coquines.

Une page de croquis érotiques

Ces desiderata et renoncements sont détaillés avec intérêt dans l’introduction d’Yves Sente, adressée aux « lecteurs avides d’anecdotes de coulisses ». Le scénariste partage également l’ambition de l’éditeur de voir un jour Rosinski finaliser les fameuses planches ! Et en attendant, Dargaud publie cette nouvelle version, enrichie des quinze pages érotiques intercalées dans le récit, et laissés à l’état d’ébauche par le dessinateur. Même si elles ne sont pas finalisées, ces pages complémentaires rajoutent une dimension complémentaire à cette histoire de vengeance, permettant de profiter du trait de Rosinski, même s’il n’est qu’esquissé. Et que dire de cette couverture ou des magnifiques double-pages ! A conseiller aux amateurs (avertis) du dessinateur… et à tous ceux qui n’auraient pas encore découvert cette très belle histoire, lauréate du Prix Saint-Michel du meilleur scénario 2006.

De grandes cases pour laisser la place aux peintures de Rosinski

Terminons le tour de ces sorties spéciales avec une autre série entamée également par Rosinski : La Complainte des Landes perdues. C’était au tour de Béatrice Tillier de reprendre le flambeau de cette saga, et pour saluer l’arrivée prochaine du deuxième tome de ce troisième cycle, Dargaud en publie une version limitée en noir et blanc. Une publication qui permet bien entendu de profiter du superbe graphisme de l’autrice, et surtout de mieux appréhender une partie de sa technique, car l’épaisseur de son trait se nuance en fonction de ce qu’elle désire faire ressortir : la profondeur de champ, l’attraction du regard du lecteur, et parfois la sensibilité de certains personnages, plus féeriques... ou maléfiques.

Monographies différenciées

Dans « Quoi de neuf en cette fin d’année ? Gotlib ! », nous vous avons déjà fait l’article de la compilation des entretiens que Numa Sadoul a tenus avec Gotlib. Un éclairage que Dargaud complète avec la réédition des intégrales de la Rubrique-à-brac et de Trucs-en-vrac, les pages réalisées par Gotlib pour le magazine Pilote.

Autre ouvrage qui attire l’attention : Vintage and Badass, le cinéma de Tyler Cross. Les auteurs de la série à succès partagent avec beaucoup d’enthousiasme et de réussite quatre-vingts films qu’ils ont sélectionnés pour leur violence, leur amoralité, leur folie et leurs séquences cultes, tout un programme ! Avec brio, les deux auteurs illustrent et chroniquent ceux-ci avec savoir-faire et truculence.

Si l’on n’avait déjà pu apprécier Le Nouvel Hollywood, le septième volume de la Petite Bédéthèque des Savoirs illustré par Brunö, cet ouvrage le transcende nettement. Tout d’abord parce que le dessinateur profite au maximum de son grand format pour proposer de magnifiques illustrations. Puis, Fabien Nury s’y est totalement investi ! On retrouve toute sa passion pour le polar, ainsi qu’il l’avait exprimée dans l’exposition qui lui était consacrée au FIBD d’Angoulême 2015. Il détaille également les éléments puisés au sein de ces différents films dont il s’est très clairement inspiré pour Tyler Cross.

Classés par « thèmes » aussi larges que « Le Puits » ou « Le Territoire », on savoure également chaque article, parfois pour revivre un film que l’on a vu, mais surtout pour profiter du graphisme soigné de Brunö, et du ton mordant de Nury. Citons par exemple la chronique anglaise Fuck Miss Marple ou du jubilatoire épilogue dans lequel les deux auteurs se mettent en scène, tels des personnages de fiction. Un ouvrage à conseiller aux amateurs de cinéma qui ne sont pas des mauviettes, aux fans de Tyler Cross, voire aux deux.

Intégrale, quand tu nous tiens !

Dargaud se distingue également par une publication assez systématique de ses séries en intégrales. Prenons quelques exemples de ces derniers recueils pour l’illustrer, à commencer par le Biotope de Brunö (encore lui !) et Appollo. Le tandem qui s’était déjà distingué avec Commando Colonial livre ici un thriller fantastico-écolo-parano. Un habillage réduit au strict minimum pour un maximum d’efficacité et un prix inférieur à 20 €.

Changement radical d’univers avec le talentueux Leo et ses exo-planètes à l’envoûtante faune-flore. 2018 a vu le début d’un quatrième (et sans doute dernier) cycle au sein des tentaculaires Mondes d’Aldébaran, astucieusement intitulé Retour sur Aldébaran. Dargaud a souhaité souligner l’entame de cette dernière ligne droite, avec l’édition et la réédition des trois précédents cycles sous forme d’intégrales.

Toujours avec le contenu de la seconde édition de 2004, la compilation des cinq récits d’Aldébaran, la première planète de la série, maintient l’introduction signée Moebius, les pages de bestiaires, l’étude de personnages et même d’une page inédite destinée à convaincre l’éditeur de l’époque de l’intérêt du projet. Avec le succès que l’on connait !

Une planche "inédite" du premier tome d’Aldébaran

Point fort de la série, un bestiaire est également ajouté à l’intégrale du second cycle, Betelgeuse, comme c’était le cas des éditions précédentes. La pépite de ce recueil réside toutefois dans le récit inédit de quatre pages que Leo réalisa pour le Pilote spécial Noël de 2004. On y retrouve Kim, son héroïne fétiche, découvrant une fascinante forme vivante, mi-animale mi-végétale, au sein de l’aride planète de Betelgeuse. Fascinant, une fois de plus, et surtout totalement inédit en album.

Enfin, Dargaud publie un troisième recueil (le cycle Antarès), dont il s’agit ici de la première édition. Pas d’inédits pour le coup, même si l’éditeur a maintenu les sept pages de notes du premier tome de la série, mais sans préserver les compléments du dernier volume. Un petit bémol largement compensé par le prix de l’ouvrage, 39,99 €, identique aux deux précédents recueils malgré le fait qu’Antarès regroupe non pas cinq, mais bien six albums de 46 pages. Louable intention !

"Kim et la fleur hivernale", le conte de Noël vu par Leo

Un concurrent à Dupuis

Si Dargaud domine donc la mise en valeur de ses séries contemporaines, le fond patrimonial n’est pas non plus abandonné à la domination de Dupuis. L’éditeur historique français continue de soigner les séries et les auteurs qui ont contribué à l’âge d’or de Pilote. Parmi les récentes sorties, épinglons trois recueils en particulier : les derniers volumes parus de Barbe-Rouge et de Blueberry, ainsi que le fabuleux Le Fond de l’air est Fred.

Ce dernier titre pourrait paraître sibyllin pour les lecteurs qui ne connaîtraient pas bien l’œuvre de Fred. Ce recueil se révèle pourtant comme l’ouvrage rêvé pour mieux profiter de son univers, que l’on soit néophyte ou spécialiste. Après une courte introduction signée Yves Frémion et intitulée « Fred et l’humour noir », l’ouvrage regroupe toutes les réalisations de Fred pour les différents magazines auxquels il a contribué, de Hara-Kiri et Pilote en passant par le plus confidentiel Hum.

Une bonne partie de ces travaux avaient été regroupés dans les albums suivants : Le Fond de l’air est frais (1973), Hum… (1974), Ça va ça vient (1977), Y’a plus d’saison (1978), Le Manu Manu (1979) et Parade (1982). Mais pas seulement ! Car ces albums regroupaient également des productions qui n’avaient pas toujours été prépubliées, mais pas pour autant la totalité du travail réalisé pour les magazines précités ! Cette intégrale vient donc combler ce manque, en compilant non seulement le contenu de six ouvrages, tout en rajoutant cette vingtaine de publication inédites en album, sans oublier les couvertures réalisées pour les mêmes magazines.

Les spécialistes ne cesseront de faire l’aller-retour entre les pages de ce passionnant recueil, et la table des matières qui recense l’origine de chaque dessin ou court-récit. Tandis que la majorité des lecteurs profiteront pleinement de l’univers créé par Fred, où son humour noir sert à condamner les silences complaisants, et où sa poésie permet d’appréhender le monde autrement.

Fred se met en scène et joue sur les codes de la bande dessinée

Sans transition, passons à un autre monstre sacré issu de Pilote, cette fois-ci en tant que personnage ; Barbe-Rouge qui bénéficie du douzième (et avant-dernier) volume de cette nouvelle intégrale. Si certains dossiers de cette édition s’enrichissaient d’un dossier allant jusque 66 pages, celle-ci se contente d’une introduction de trente pages, néanmoins richement illustrée.

Le grand tournant abordé par ce recueil réside dans le nouveau tandem qui officie désormais à la destinée des héros créés par Hubinon & Charlier. Si le dossier de Brieg Haslé-le-Gall n’explique pas comment Dargaud a sélectionné ces deux nouveaux auteurs (un point qui sera peut-être éclairci dans le dernier recueil ?, il bénéficie d’un entretien inédit aussi franc qu’enrichissant avec ceux-ci, à savoir Marc Bourgne et Christian Perrissin. Le dessinateur présente notamment des extraits d’une bande dessinée de pirate réalisée dans sa jeunesse, tandis que Perrissin détaille comment il a rajeuni le personnage de Barbe-Rouge, tout en le dotant d’une compagne.

Ce passionnant entretien qui profite du recul et de l’amitié de ses deux auteurs, est auréolé des illustrations inédites ou n’ayant bénéficié que d’une très faible diffusion. L’éditeur a ainsi modifié ses pages de garde pour utiliser un superbe dessin encré de Marc Bourgne issu de ses archives personnelles. Planches commentées, reproductions d’affiches, de sérigraphies et d’ex-libris viennent compléter ce dossier globalement qualitatif.

Terminons ce tour d’horizon avec le huitième recueil de l’intégrale Bluberry, une série scénarisée également par Jean-Michel Charlier. Dès ses premières lignes, le dossier introductif rappelle pourtant la disparition du scénariste pléthorique en plein de milieu de la réalisation de l’album ’Arizona love, et la succession entreprise par Jean Giraud dès la planche 23.

Dans "Arizona Love", on retrouve la plus moebusienne des planches de Blueberry. A comparer avec...

La lecture de ce recueil, ou des aventures qui le composent, est fondamentale pour tout amateur de Blueberry. En près de cent pages, une double progression s’installe, graphiquement et scénaristiquement. Graphiquement tout d’abord, lorsque Giraud réduit la taille de ses planches ; l’action est alors conduite par les personnages, et les détails s’estompent progressivement. Arizona Love est effectivement l’album où Moebius, l’alter-ego de Jean Giraud, monte à l’avant-plan graphique du récit, avant de prendre les rênes de l’adaptation de l’intrigue au décès de Charlier. Les planches s’épurent, la romance prend le pas sur le western, l’amour sur la mort. Les postures deviennent théâtrales, voire comiques : le vaudeville s’installe.

... avec une planche de Mister Blueberry.

Cette transition était néanmoins nécessaire pour parvenir au majestueux cycle de Mister Blueberry. Au sein de celui-ci, Jean Giraud a digéré l’apport de son alter-ego, se fondant en lui-même pour mieux réinventer son héros. Certes, le fait de tuer son personnage à la fin de l’album, puis de le clouer au lit pour les tomes suivants, a fait grincer des dents à bien des aficionados de Blueberry. Ce faisant, il est pourtant parvenu à moderniser le ton de la série, la sortant des ornières créées par les ficelles (ô combien efficaces) de Charlier, afin que Blueberry demeure encore aujourd’hui l’incontournable référence du western réaliste.

Dans la dernière planche de Mister Blueberry, Giraud qui préside maintenant seul à la destinée de l’ex-lieutenant, tue son personnage, au grand dam de ses lecteurs !

Tout cela, et bien plus encore, est décrit avec les mots de l’éditeur dans le court mais passionnant dossier du huitième tome de cette intégrale. On regrette que Dargaud et Stardom (la société qui gère l’œuvre de Jean Giraud – Moebius) n’aient pas trouvé un accord pour publier la totalité de Three black birds, un court récit de 28 cases réalisé par l’auteur durant la période de gestation située entre les albums Arizona Love et Mister Blueberry. Les 7 cases proposées dans le dossier (parmi les 28 existantes) aideront pourtant le lecteur à saisir comment (et pourquoi) ce récit confidentiel était nécessaire pour accoucher du cycle suivant.

Adroitement, l’éditeur reprend quelques éléments des tirages de tête des différents albums du recueil, dont de très belles illustrations, et surtout la page d’introduction assez poétique d’Arizona Love signée par Jean Giraud. Alternant la reproduction d’ex-libris et d’affiches très recherchés, avec des publicités, des croquis et de simples esquisses, le dossier privilégie les différents styles de Giraud, même si on regrette que l’origine des illustrations présentées n’est pas toujours explicitée.

Enfin, la dernière double page parachève la réussite du dossier introductif : intitulée « Inédits et repentirs », elle présente des cases abandonnées par l’auteur, qu’il a souvent complètement modifiées ainsi que la citation du dossier l’explicite : « Souvent, quand je bute [sur un dessin], je change de point de vue. Au lieu de placer le personnage à l’avant-plan, je le place à l’arrière-plan, au lieu d’avoir une vue plongeante, je fais une vue de profil, etc. ; et souvent, ça se décoince, parce que le point de vue n’était pas le bon. » [1]

L’ombre de Moebius plane sur Blueberry

Cette sélection de beaux livres parmi ceux parus ces dernières semaines démontre l’étendue des ambitions de Dargaud concernant ce marché passé d’anecdotique à incontournable. Sans mettre totalement de côté l’aspect patrimonial, l’éditeur préfère multiplier les différentes approches pour valoriser ses productions, qu’elles soient récentes ou plus anciennes. La qualité retrouvée dans la grande majorité de ces ouvrages laisse imaginer de futures progressions dans ce domaine... jusqu’à entrer en compétition avec Dupuis ?! L’avenir nous le dira.

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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[1Docteur Moebius et Mister Gir, entretiens avec Numa Sadoul, Casterman, 2015.

 
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