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Istanbulles 2012 : Vu du Bosphore

  • Inaugurant coup sur coup sept expositions, la seconde édition du Festival Istanbulles 2012 ferme ses portes aujourd'hui (mais les expositions continuent, pour certaines jusque fin août 2012), sur un bilan plutôt positif.

Le Consul Général de France, M. Hervé Magro, dans son discours inaugural, fit remarquer le succès public grandissant de l’édition 2012 du Festival Istanbulles dont l’exposition de la Galerie de l’Institut Français, Regards croisés : Bandes dessinées franco-belges et turques (jusqu’au 31 août 2012) est l’un des événements marquants. En effet, dans la petite galerie de l’Institut se pressaient ce soir-là près de 300 personnes.

Sur les cimaises, des pages des albums de la collection de la Française Sabine Buchmann, résidente d’Istanbul qui recueille depuis 25 ans toutes les représentations de la Turquie dans la bande dessinée franco-belge.

Istanbulles 2012 : Vu du Bosphore
L’exposition Regards croisés : Bandes dessinées franco-belges et turques à l’Institut Français d’Istanbul
Lors de l’inauguration à l’Institut Français (de g. à dr.) : Sabine Buchmann, commissaire de l’exposition, Didier Pasamonik (organisateur Istanbulles), Bérénice Gulmann, directrice de l’Institut Français, M. Hergé Magro, Consul Général de France et M. Henri Vanthieghem, Consul général de Belgique
Photo DR

Cela va de Bécassine chez les Turcs (1919) à Corto Maltese et ses derviches tourneurs, à Largo Winch, en passant par Timour, Mission à Byzance, les incontournables Djinn de Dufaux & Mirralès et bien d’autres encore. En face de très belles planches d’Abdulçanbaz de Turhan Selçuk, des pages de Galip Tekin ou de Yalin Alpay & Bariş Keşoglu mettant en évidence l’image de la France dans la bande dessinée turque.

Le jour avant, c’est à Sainte-Pulchérie que s’ouvraient trois expositions : Une autour de Sillage (Dessins : Philippe Buchet, Ed. Delcourt) et de Nävis (Dessins : Jose-Luis Munuera, Ed. Delcourt), avec la présence de Jean-David Morvan ; une autre autour du dessinateur flamand Herr Seele, également présent, et la création qu’il partage avec Kamagurka : Cowboy Henk ; une troisième enfin intitulée Çizstanbul, un collectif d’artistes venus de tous horizons pour illustrer leur vision d’Istanbul. Dans cet album des éditions Rodéo pas encore traduit en français, le dessinateur Dany, également présent ce soir-là, a consacré pas moins de 14 pages.

Dès mardi, à la Galerie de la Médiathèque de Notre-Dame de Sion, c’est Sergio Salma qui tenait l’affiche avec une exposition Les Voyages de Nathalie, une série qui fêtait des 20 ans et ses 20 albums à Istanbul.

Sergio Salma dans son exposition à Notre-Dame de Sion
Photo : JD Morvan

Outre l’exposition Lucky Luke à Istanbul (centre culturel YapiKredit, jusqu’au 17 juin 2012) qui remporta un grand succès public, il y avait aussi une rétrospective Galip Tekin à la Galerie Gama et une exposition des artistes issus de l’académie Mimar Sinan.

Dans l’intérieur de l’exposition Lucky Luke à Istanbul
Sur la façade de YapiKredi, en plein Istiklal Cadessi, un Lucky Luke de 17 mètres de haut

L’une des vedettes du Festival Istanbulles 2012 a incontestablement été Herr Seele. Déja, le "dandy-punk" ne passait pas inaperçu dans les rues d’Istanbul avec son costume rouge, son feutre noir et ses chaussettes jaunes. Mais lorsque lors de l’inauguration de son exposition, dans l’auditorium de Sainte-Pulchérie, il s’est mis à dépiauter le vénérable piano présent sur la scène pour faire partager son érudition à propos des pianos (il en possède 250, dont un signé Franz Liszt), entrecoupant ses explications de considérations sur le renouveau du Surréalisme dans des les arts mineurs comme la bande dessinée, l’assemblée était pliée de rire. Cela a été incontestablement un des grands moments du Festival.

L’incroyable Herr Seele dans ses oeuvres
Photo : J-D. Morvan
Une performance de Herr Seele
Photo : Julide Bigat - Sainte-Pulcherie

Les invités d’Istanbulles 2012 ont été aussi les remettants de la 3e édition des Prix de la bande dessinée turque. Depuis trois ans, le Çrop, le blog de référence sur la bande dessinée en Turquie dont ActuaBD est partenaire, remet un prix aux meilleurs bandes dessinées turques. cette année, à l’occasion du Festival Istanbulles, les organisateurs ont demandé aux invités remettre les prix aux lauréats. Nos auteurs ne savaient pas trop pourquoi ils remettaient un prix, ni le nom du lauréat, mais ils se sont pliés à l’exercice de bonne grâce.

Présence algérienne à Istanbul : le dessinateur belge Dany avec Dalila Nadjem, directrice du Festival International de la BD d’Alger
Photo : JD Morvan

Deux auteurs particulièrement satisfaits ont été Gwen de Bonneval & Hugues Micol qui ont pu aller à Istanbul sur les traces du Pacha Bonneval dont le premier album (sur 4 tomes) vient de sortir en mars 2012 (Ed. Dargaud).

C’est dans le cimetière soufi du carré des Derviches de Pera à Istanbul que nous les avons retrouvés se recueillant sur la tombe de Serhümbaraciyan Ahmet Paşa alias Bonneval Pacha.

Pour Gwen, dont c’est la troisième visite à Istanbul, cela a été l’occasion de retrouver la tombe restaurée d’après une gravure qu’il avait transmise à la conservatrice du musée. Pour Hugues Micol, qui venait pour la première fois, celle de s’imprégner de l’ambiance si particulière de la Sublime Porte.

Gwen de Bonneval se recueillant sur la tombe de Bonneval Pacha

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Toutes les infos et les détails sur le SITE d’ISTANBULLES

Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD), sauf mentions contraires

En médaillon : Bonneval Pacha de Micol & Bonneval (C) Dargaud

 
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